Courrier des lecteurs - puisé dans les grands journaux du 08 au 15 mai 2020

  

Covid-19 - Lettres de Lecteurs

 

covid-19

 


 

Le monde d’après

  

Avec la crise globale, sanitaire et économique causée par le Covid-19, on entend de plus en plus parler de l’effondrement de ce qu’il faut bien appeler l’ancien monde. Les mêmes personnes excluent à terme un «retour à la normale» du style business as usual, et appellent à forger un nouveau monde où l’humain aura priorité sur le profit qui nous a menés dans le mur. Il est donc vraiment temps de reprendre en compte le concept de «triarticulation sociale» proposé par Rudolf Steiner vers 1920, et qui s’inspire des idéaux de la Révolution française.

  

Ainsi, l’idéal de liberté est associé au premier volet désigné par le terme générique de culture, qui comprend la vie de l’esprit, l’éducation, l’art et la recherche. L’égalité correspond au 2e volet, celui du droit, qui implique l’État et la politique. C’est le domaine des lois, qui régissent les relations entre individus et groupes dans la société. Le 3e volet, l’économie, est lié à l’idéal de fraternité, ce qui de nos jours a une résonance très concrète, avec les millions de personnes privées de revenu par les effets du confinement. Instaurer un revenu de base inconditionnel permettrait ainsi aux plus démunis de retrouver une existence digne, et les délivrerait de la nécessité de demander une aide financière. Pour assurer les ressources pécuniaires de l’État, il y aurait lieu d’instaurer une microtaxe - qui fait l’objet d’une initiative - de l’ordre de 0,1% sur le trafic des paiements sans espèces. Imposer les spéculations faites par des robots traders toutes les microsecondes générerait des dizaines de milliards de francs qui remplaceraient la perception de la TVA et de l’impôt fédéral direct.

  

J-M. A., à A.

  


  

Quelques réflexions

  

Un vieux proverbe dit que chaque crise est aussi une opportunité En particulier la crise actuelle devrait en être une pour l’humanité. Parce que cette crise touche le monde entier, cette crise ébranle notre système économique actuel, soulève des questions et nous confronte à notre propre fragilité et à la remise en cause de nos ambitions antérieures. Notre éternelle addiction pour le plus, nos voyages constants vers de plus en plus de destinations avec des moyens de transport plus grands et plus efficaces et même des colosses d’hôtels flottants nous ont rendus particulièrement fragiles face à ce genre de crise mais aussi peut-être plus tard. Si nous nous en sortons avec un œil au beurre noir - et nous en sommes encore loin -, il est vraiment temps de repenser nos relations entre nous, à l’environnement, à notre comportement de consommateur et à nos loisirs. La politique et les entreprises devraient maintenant fixer le cap afin de canaliser l’argent à investir dans des sources durables et gérées consciemment. Nous avons vu ce que c’est que de se débrouiller avec beaucoup moins, d’être attaché à la maison, de ne pas voyager dans des pays lointains et de s’occuper de soi-même. Cela devrait nous montrer qu’il est possible de faire plus avec moins. Comme l’a si bien dit Mme. Merkel en 2015: «Nous pouvons le faire. Faisons-le!» Il n'est pas trop tard pour un changement de conscience et un monde plus humain et meilleur.

  

G.J. D., à M.

  


  

Trafic - Pas d’extension de la zone30 à Cully

  

La justice donne tort à la Municipalité de Bourg-en-Lavaux, qui voulait limiter la vitesse sur un tronçon de route cantonale.

 

L’Exécutif de Bourg-en-Lavaux a été retoqué fin février par la Cour de droit administratif et public (CDAP) après s’être opposé au Canton en matière de signalisation routière. Les édiles avaient présenté quatorze mois plus tôt un avant-projet pour créer une zone 30km/h dans les villages de Riex et d’Épesses ainsi que pour prolonger la zone existante dans celui de Cully, sur la route de Grandvaux. La Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) a accepté les deux premières en juin 2019, écartant la troisième, comprise entre le giratoire de la gare et le panneau d’entrée de Grandvaux, sur une route cantonale.

La Municipalité voulait ici garantir la sécurité des piétons aux abords de la gare, en chantier, mais aussi de secteurs pavillonnaires près du collège, du stade de football des Ruvines et de l’hôpital de Lavaux. Elle a donc formé un recours, malgré l’expertise poussée sur laquelle s’était fondée la DGMR pour rendre sa décision. Cette dernière est résumée ainsi: «La limitation à 30km/h n’est pas justifiée sur le tronçon concerné. La sécurité des piétons est déjà fortement assurée, tant longitudinalement que transversalement.» Le département estimait aussi que le bâti existant n’était pas suffisamment dense pour justifier l’extension de la zone.

La Municipalité a campé sur ses positions: «La réduction améliorera le confort des riverains qui vont subir durant trois à quatre ans les nuisances des travaux lourds de modernisation des infrastructures du plateau de la gare.» En ce sens, l’Exécutif avait préalablement pris une mesure de sécurité provisoire - avec la DGMR - en créant un obstacle sur la route pour sécuriser le chantier.

Après visite sur place et étude du dossier, la CDAP a tranché en faveur de la décision cantonale. Elle estime principalement que la Municipalité -qui n’a pas commandé d’expertise, pourtant nécessaire- ne fait pas la démonstration du bien-fondé de la réduction de vitesse sur le tronçon. Mal fondé par rapport à une décision cantonale réglementaire et justifiée, le recours a été balayé.

La porte n’a en revanche pas été fermée à toute amélioration sur la route de Grandvaux. En effet, l’arrêt révèle que le Canton «se dit ouvert à l’élaboration d’un projet d’ensemble, comportant des mesures de construction et d’aménagement telles que requises pour les zones30. Les adaptations souhaitées du réseau routier pourront être étudiées dans ce cadre, en intégrant les développements en cours et à venir dans ce secteur.»

 

C.BO.

  


  

Politique - Offrir Mobility aux ados dérange la gauche à Lutry

  

Un postulat PLR proposant que la Ville paie un abonnement annuel à ses jeunes n’a pas plu au camp rose-vert du Conseil.

 

Où positionner l’autopartage entre la mobilité individuelle et les transports en commun? Deux camps ont tenté de s’approprier le curseur, lundi soir au Conseil communal de Lutry, après le dépôt d’un postulat de la conseillère PLR Camille Moser. Elle propose que la Commune offre un abonnement Mobility à tous les jeunes Lutryens au cours de leur 19e année. Cela concernerait une centaine de bénéficiaires par an, d’après les chiffres des dernières années. Sachant que l’abonnement standard est à 129 francs, l’opération «ne grèverait pas les comptes», calcule l’élue.

Les jeunes s’en serviraient pour passer leur permis de conduire puis après son obtention, ce qui leur permettrait d’être indépendants tout en réduisant leur empreinte écologique à long terme, développe Camille Moser. Il s’agirait aussi d’une initiation pour les familles qui «pourraient être incitées à limiter le nombre de leurs voitures sans prétériter l’autonomie de leurs jeunes adultes».

«Fausse bonne idée, à une époque où on essaie de limiter le trafic automobile sur nos routes!» rétorque Claude Weber (Parti socialiste et indépendants de gauche). Pour lui, quitte à investir, il serait plus judicieux d’offrir un abonnement annuel demi- tarif. «Il s’élève à 150 francs, c’est donc le même coût, à peu de chose près, et il bénéficierait aussi aux jeunes qui ne souhaitent pas passer leur permis.» Pour les Verts, Melaine Laesslé abonde, craignant le «très mauvais signal qu’enverrait la Commune alors que d’importants investissements se profilent pour permettre l’arrivée des bus à haut niveau de service». Favorable au postulat, Guy Wolfensberger (Indépendants & Vert’libéraux) voit au contraire dans Mobility «un bon système alternatif qui contribue à la mobilité de demain».

Le dernier mot revient à l’Exécutif, à qui la proposition a été renvoyée. «Nous étudierons toutes les suggestions faites par cette assemblée car nous tenons à réduire le taux de motorisation de nos habitants tout en offrant à nos jeunes la possibilité de se déplacer, souligne le municipal Vert de la mobilité Kilian Duggan. Nous reviendrons peut-être avec un projet plus large que celui qui est proposé.»

  

Romaric Haddou

  


 

Payerne - Ruag crée douze nouveaux emplois

 

En collaboration avec les Forces aériennes, la société Ruag annonce avoir entamé la construction d’une place de stationnement destinée à l’entretien des avions sur la base aérienne de Payerne. Alors que l’entreprise fournit six postes de travail actuellement, elle va en créer 12 pour passer à 18 emplois au total, dès la fin du premier trimestre 2021. L’infrastructure permettra de réaliser cinq contrôles majeurs par an sur les F/A-18, sans compter une assistance pour les secondaires.

S.G.

  


  

Discrimination - Des critères fixés selon l’âge

  

À propos de l’éditorial de M. Arthur Grosjean intitulé «Stop au paternalisme envers les 65ans et plus» («24 heures» du 28avril 2020).

C’est rassurant de lire cet éditorial et les différents articles défendant les seniors. Selon la Constitution fédérale, art. 8.2: «Nul ne doit subir de discrimination du fait de son âge.» Pour le Covid-19, les personnes de 65ans et plus ont été classées par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) comme personnes à risque, alors qu’avant la pandémie on parlait d’augmenter l’âge de la retraite au-delà de 65ans pour alléger le problème du financement des retraites. Malheureusement, la pratique de l’OFSP de fixer des limites d’âge simplifiées n’est pas nouvelle. Si vous regardez les factures des médecins établies selon le système Tarmed, vous constatez que si vous avez 75ans ou plus vous êtes classés avec les enfants de moins de 6ans et vous avez droit à un supplément lors des consultations. Si vous avez 70ans ou plus, vous payerez un supplément en cas d’anesthésie. C’est discriminatoire, mais l’OFSP m’a répondu par écrit que certains groupes de patients pouvaient nécessiter des soins particuliers, ce qui justifie l’application de suppléments par classes d’âge. Le critère n’est donc pas votre état de santé mais votre classe d’âge, ce qui pour moi est inadmissible.

  

P. S., à St-L.

  


  

Presque du racisme

  

Merci, Monsieur Grosjean, pour votre éditorial !

Le ségrégationnisme envers les 65ans et plus viole l’article 8 de la Constitution fédérale. C’est presque du racisme. À 66ans, j’ai plus de risques de mourir d’une chute! Celles-ci ont tué 1715 personnes de plus de 65ans en 2016, derniers chiffres BPA, et en dix ans ces chutes mortelles ont augmenté de 40%. À mon âge, je pourrais également mourir d’un AVC, d’un infarctus ou être atteinte d’Alzheimer. Le manque d’hygiène ou les divers excès, à tout âge, que je constate souvent autour de moi sont bien plus mortifères que l’âge. Le climat anxiogène généré par la discrimination et l’infantilisation est bien plus, psychologiquement et socialement, malsain que de laisser les plus de 65ans responsables de leurs actes. Et responsables ils le sont sûrement avec une longue vie de travail et d’engagements derrière eux. Les personnes vulnérables et leur médecin traitant savent qu’elles le sont. C’est dans ce sens qu’il faut travailler si une autre vague devait survenir: un contact direct avec les médecins de famille et les personnes vulnérables. Laissons les autres tranquilles. Et épargnons aux jeunes une nouvelle crise économique qui les pénalisera à moyen terme. Pour finir: M.Koch, plus de 65ans, se dit en bonne santé et continue ses activités, se croit-il le seul bien portant de cet âge ?

  

B. E., à R.

  


  

Crise - Quel sera l’avenir ?

  

Depuis des années on nous annonce régulièrement que les finances se portent bien, les actions, la Bourse, sont en augmentation. Ses dividendes sont généreusement distribués. Les salaires pour certaines personnes atteignent des sommets indécents. Le commerce est sur une pente ascendante, les objets, le matériel et les gadgets se vendent très facilement, beaucoup veulent le dernier modèle à la mode. Les prix des transports aériens sont devenus dérisoires. On peut aller renouveler sa garde-robe dans les pays voisins pour moins de 100francs, retour compris. Les croisières se démocratisent car il faut remplir ces villes flottantes à tout prix. Cette folie financière, cette fuite en avant va-t-elle s’arrêter? Car tout à une fin. Et voilà un petit virus qui pourrait bien gripper la merveilleuse machine à toujours plus de confort et de satisfaction de nos envies. Certains veulent repartir comme avant, pour d’autres c’est le moment de s’asseoir et de réfléchir à notre mode de vie qui pourrait être plus calme. La réponse à ces questions sera intéressante. Comment va-t-on dominer ce passage pas encore maîtrisé et vers quel avenir nos responsables vont-ils nous conduire ?

  

M-A. M., à V-s-R.

  


  

Covid-19 - Le pire n'est jamais sûr

  

À propos de l’article intitulé «Des chercheurs craignent une seconde vague plus mortelle» («24 heures» du 29avril 2020).

 

«24 heures» a largement étalé les conclusions d’un groupe de chercheurs en épidémiologie, en particulier issus de l’EPFL, sur un possible rebond catastrophique de l’épidémie de Covid- 19 en Suisse. Ces conclusions terrifiantes, et le battage médiatique fait autour, ont produit un effet profondément anxiogène dans la population (tout le monde en parle), au moment même où celle-ci pensait enfin voir le bout d'un confinement pesant. Était-ce bien utile? Nous sommes à un moment où la population, surinformée dans les moindres détails de l’épidémie, ne sait plus à quel saint se vouer. Chaque jour apporte sa nouvelle prophétie, qui contredit radicalement celle de la veille, toutes deux émanant d’éminents spécialistes! Le problème, avec les scientifiques, c’est qu’ils ont tendance à asséner des conclusions apocalyptiques tout en se réfugiant derrière une prudence scientifique parfois hypocrite - «ce ne sont que des modèles mathématiques» - et qui leur permet de justifier des prévisions très pessimistes - «il n’y aura peut-être jamais de vaccin» -, ou au contraire optimistes, en fonction de leurs convictions personnelles et de leur weltanschauung. Je pense que la publication de ces travaux était inappropriée et peu responsable à ce moment-là, tout autant que l’exploitation spectaculaire qu’en ont fait les médias. Le principal résultat en a été un traumatisme profond dans l’opinion publique, qui a tout sauf besoin d’un supplément de déstabilisation psychologique. À cet égard, les dégâts sont déjà visibles. Les modèles mathématiques sont des simulations et, partant, il est imprudent de tirer des conclusions définitives et des éditoriaux anxiogènes: le pire n’est jamais sûr! On ne manquera pas de le rappeler aux chercheurs, à l’heure du bilan.

  

P. B., à C.

  


  

Espace - Réglementation nécessaire

  

M. Elon Musk veut placer dans l’espace des dizaines de milliers de satellites pour créer une immense connexion internet englobant toute la Terre. Vous appuyant sur les propos de Michel Mayor, vous dénoncez à juste titre les conséquences catastrophiques aussi bien pour la recherche spatiale que pour les astronomes amateurs. Je ne nie pas qu’internet soit très utile et je l’utilise fréquemment. Mais il convient de rappeler que ce réseau d’ondes de plus en plus denses et de plus en plus puissantes peut être la cause d’atteintes graves à la santé et que le projet de SpaceX constitue une menace majeure à laquelle il ne sera simplement plus possible de nous soustraire. Voulons-nous tous évoluer dans un «four à micro- ondes»? Il est urgent que la communauté mondiale s’insurge contre ce projet privé et réglemente l’utilisation de l’espace. La Suisse puisse-t-elle ouvrir la voie en saisissant les organisations internationales telles que l’Union internationale des télécommunications et l’Organisation mondiale de la santé avec des demandes précises et des projets bien détaillés. La bataille sera rude, et il faut l’entreprendre sans retard supplémentaire.

  

M. G., à L.M.

  


  

Politique - Railler, combattre puis imiter

  

Le 24février, quelques heures avant que le premier cas de coronavirus ne soit confirmé en Suisse, l’UDC est le seul parti à avoir communiqué des demandes sanitaires strictes: contrôles aux frontières, tests de dépistage des frontaliers et interdiction d’entrée en cas de symptômes, mesures de protection des travailleurs, information immédiate et transparente de l’évolution du virus et des règles sanitaires à observer. Durant plusieurs jours, les critiques ont fusé contre un tel discours, qualifié de récupération politique. Trois semaines plus tard, le Conseil fédéral et tous les partis soutenaient les mêmes mesures. Début avril, afin de préparer la reprise de manière sécurisée, l’UDC a demandé un plan de relance précis, incluant la reprise des examens médicaux non urgents pour éviter une vague de maladies décelées trop tard. Les critiques ont fusé contre ce parti qui ferait passer l’économie avant la santé. Aujourd’hui, l’ensemble des partis et le Conseil fédéral préparent la relance. Quand on a raison avant les autres, on se fait railler, combattre puis imiter.

  

P. D., à L.

  


  

Migros - Un été haut en couleur

  

Suggestion de Migros-Cumulus du mois de mai: un rabais de 20 ou 25% sur les billets pour Paléo et quinze autres festivals de l’été. Masques et désinfectant compris? Le prospectus ne le précise toutefois pas. Continuons dès lors à collecter précieusement les points Cumulus. Merci Migros !

  

C. R., à C-p-C.

  


  

Coronavirus - La barre des 400 décès est franchie

  

Vaud a atteint la barre des 400 décès attribués au Covid-19. Le canton est le plus touché de Suisse en chiffres absolus, devant le Tessin, qui déplore pour sa part 341 décès. Selon les statistiques des autorités sanitaires, aucun décès supplémentaire n’a été enregistré depuis quatre jours dans le canton de Vaud. Cetotal a toutefois été révisé à la hausse jeudi, pour atteindre cette triste barre symbolique des 400 morts. Environ une personne sur quatre morte du Covid-19 en Suisse l’a été dans le canton de Vaud.

ATS

  


  

Lausanne - Les cyclistes veulent une piste cyclable

  

L’ATE VD et Pro Vélo demandent un aménagement temporaire. Selon ces organisations, il aurait pour avantage de décharger les métros à l’heure du déconfinement.

 

Un des gagnants du déconfinement peut et doit être le vélo, estiment l’Association transports et environnement Vaud (ATEVD) et l’association Pro Vélo. «Genève vient de lancer des pistes cyclables temporaires, mais sur Vaud, les autorités cantonales et communales restent en attente», constate David Ravaler, président de l’ATEVD.

Le lobby des cyclistes a présenté jeudi plusieurs propositions de nouveaux tronçons aménageables. Dits «tactiques», ils peuvent être rapidement installés et à bas coût. Ils ne nécessitent que des interventions légères, avec la pose de balises de séparation et un marquage au sol. Tant qu’ils sont temporaires, les procédures de mise à l’enquête ne s’appliquent pas.

La proposition phare, c’est l’axe Lausanne-Centre - Grigny. Maintenant que le déconfinement est lancé, les étudiants sont face à un dilemme, explique José Barra, membre du comité de dalmate: «Soit ils sont en danger s’ils prennent le métro, soit ils sont en danger s’ils prennent le vélo. Le respect des distance dans le métro sera impossible. Choisir la voiture, c’est particulièrement difficile pour la population étudiante. L’alternative naturelle, c’est le vélo.»

Pour réduire les dangers, il s’agit de créer une piste cyclable la plus continue possible depuis la gare ou le Filon, jusqu’au campus UNIL-EPFL. Pour les premiers coups de pédales, la «passerelle» de mobilité douce de Plateforme10, l’avenue Cochonnet, l’avenue de Volitive ou la rue de Genève font l’affaire. Ensuite, depuis le carrefour de Montel, la transformation serait la plus visible et rognerait sur le territoire de la bagnole: elle consisterait en une piste bidirectionnelle séparée du trafic motorisé, sur les avenues de Provence et du Chablais. Enfin, depuis le bas de l’avenue du Chablais, une autre piste devrait être ouverte pour enjamber l’autoroute. Le concept a été élaboré avec un ingénieur du trafic, assurent les deux organisations.

La balle est dans le camp des autorités. Le risque d’embouteillages de voitures n’est pas ignoré: «Cela peut créer des bouchons temporairement, note David Ravaler, président de l’ATEVD. Aujourd’hui, ils sont sur deux voies. Avec notre projet, ils arriveraient aux mêmes moments, mais aplanis sur une voie.»

D’autres tronçons sont réalisables temporairement, ailleurs dans le canton de Vaud. L’ATEVD et Pro Vélo en donnent six exemples. Du plus long au plus court: Goutte-à-goutte - Moudon, Lausanne-Savigny, Palézieux-Gare - Palézieux-Village, Concise (côté Neuchâtel), Aigle-Centre - zone industrielle, Montreux (avenue des Alpes et Grand-Rue).

  

Jérôme Cachin - 24heures

  


  

Progrès - Agriculture à deux vitesses

  

Il y a l’agriculture à la mode chez nous. Le bio, la permaculture et autres variantes, si possible de proximité, sont très prisés actuellement. C’est fort sympathique et très respectable. Mais cela reste une agriculture de luxe destinée à une clientèle aisée. Ses produits sont logiquement plus chers. Cela fait aussi le bonheur des chaînes d’alimentation qui prennent des marges plus confortables.

Certains voudraient généraliser ces modes de production et bannir les produits de synthèse. Erreur. Parce qu’il y a l’autre agriculture. Celle qui relève le défi de nourrir si possible l’ensemble de la planète avec des aliments sains, bon marché, respectueux de l’environnement, des animaux et des travailleurs de la terre. «C’est un défi aussi angoissant que magnifique pour l’humanité que d’inventer les solutions nourricières de demain», écrit Sylvie Brunel (une pointure scientifique) dans son livre «Pourquoi les paysans vont sauver le monde».

Ce défi nécessite d’abandonner toute idéologie et de raisonner rationnellement. Cela signifie utiliser les progrès de la science. La science, débarrassée de tout a priori, nous dit que la nature n’est pas toujours gentille, que les anciennes variétés de céréales contenaient des toxines (pensez aux ergots du seigle ou à la toxicité des coquelicots) et que des produits de synthèse ne sont pas forcément toxiques.

Peut-on laisser aux firmes privées l’avantage des OGM et laisser aux stations fédérales le handicap des sélections de grand-papa? Peut-on s’exposer à une pandémie des animaux ou des plantes en se privant des armes chimiques qui permettraient de nous sauver de la famine sur le plan mondial ?

  

J. F., à V-B.

  


  

Manifestations - Non, mais je rêve ?

  

J’ai pris connaissance des manifestations anti-confinement du samedi 9 mai 2020 en Suisse alémanique, en particulier à Bâle, à Zurich, à Saint-Gall et à Berne. Qui étaient ces personnes? Des citoyennes, parfois accompagnés de leurs enfants et, aussi, de personnes en chaise roulante. Choquant !

  Pourquoi ces personnes ignorent-elles les règles de sécurité, recommandées par le Conseil fédéral ?

Personnellement, je pense que la gestion de cette crise est le principal objet des discussions de tous nos élues. Confiance donc. La lutte contre le coronavirus, qui demeure une énigme pour les scientifiques, n’est de loin pas gagnée. Soyons donc solidaires, et surtout responsables. Pensons aux familles touchées et, surtout, au personnel soignant qui s’engage corps et âme dans nos hôpitaux, homes, services de maintien à domicile, institutions privées, entre autres, afin d’accompagner les malades. Un grand respect et merci à lui. Je souhaite que chaque citoyenne de notre pays respecte les règles. N’en déplaise aux personnes qui font preuve d’incivilité et qui se croient invincibles. Et merci aux corps des polices cantonales qui ont fait preuve de courage et de diplomatie face à ces foules.

  

R. B., L.

  


  

Quel mépris !

  

Quel est ce pays dont certains crachent sur leurs morts et méprisent la souffrance? Où sont la compassion et l’humilité que l’éducation de nos pères nous a léguée? J’ai le sentiment d’assister à une nouvelle Nuit de cristal, où toutes les valeurs que j’ai reçues sont brûlées. Je cauchemarde à l’idée que ceux qui vivent dans l’opulence revendiquent des droits suprêmes pour fustiger nos autorités démocratiquement élues. J’ai appris que la citoyenneté n’est acquise qu’aux services que l’on y rend et aux biens que l’on donne à son compatriote. Le fait de manifester aux mépris des recommandations dûment émises est une offense aux règles essentielles de citoyenneté. Cela n’est pas une bête blague de gosses irréfléchie, mais bel et bien un acte d’adultes provocateurs dont le narcissisme arrogant nous afflige. J’invite le vrai citoyen lambda à s’élever contre ce venin de guerre qui filtre parmi nous. La modernité pousse-t-elle à l’irresponsabilité? Oui si l’imbécile est roi! À ceux qui bafouent le salut, j’oppose le silence, la vérité, la réflexion et l’intelligence. Ce soir à 21heures j’agiterai encore ma cloche non seulement pour la musique, mais surtout dans un élan de solidarité de pensées respectueuses de ceux qui se sacrifient pour nous dans l’abnégation. En 2019, je fus de la Fête qui célébrait la vie et chantait l’hymne à la terre, encore plus aujourd’hui je préserverai la nature de certains hommes, pour que demain le Bien et la Vie l’emportent.

  

E. C., à V.

  


  

Pollution - Rapidité et transparence de l’information

  

À propos de l’article intitulé «Du chlorothalonil dans l’eau de Bourg-en-Lavaux» («24 heures» du 2 mai 2020). Habitants privilégiés de Bourg-en-Lavaux, nous apprenons au tout début mai par un avis de la Municipalité à toute la population qu’il fut décelé, au début de l’année, dans l’eau potable une substance néfaste pour la santé à des doses dépassant cinq fois la limite tolérée. La Chine populaire doit nous envier pour la rapidité et la transparence de l’information. Peu après avoir reçu l’avis municipal, nous apprenons par votre journal que le municipal chargé des Eaux est «au courant depuis un mois et qu’il continue à boire cette eau: elle reste donc potable». CQFD. Donald Trump n’aurait pas mieux dit.

  

B. H., à G.

  


  

L’après-coronavirus

  

La norme d’avant le coronavirus ne sera plus la même après. C’est une information qui, personnellement, me réjouit. La norme d’avant n’ayant cessé, jusqu’ici, de nous emmener toujours loin dans les seuls chemins de la croissance et de la consommation, va donc changer: elle va désormais nous en éloigner. Il ne sera plus nécessaire de s’acharner en des «emplois» stériles pour gagner la pitance nécessaire à des achats aussi massifs qu’extravagants. L’économie, prônée jusqu’ici sous la forme de seule voie possible, cessera d’être notre horizon ultime. Et l’autre bonne nouvelle dans ce registre, c’est que la norme nous ayant enjoint, jusqu’ici, à toujours plus de technocratie, de rentabilité, conjointement à toujours plus de technologie, de connexions au numérique, à l’artifice de l’intelligence artificielle, cette norme-là va également changer, nous invitant désormais à abandonner des servitudes solitaires volontaires telles que le télétravail, à quitter le chemin d’un individualisme totalement perdu et désorienté par nos instincts égoïstes surdéveloppés et désormais hors de contrôle, pour réemprunter la voie plus raisonnable d’un réapprentissage du partage et une redistribution égalitaire des tâches essentielles de notre existence, aussi bien matérielle que spirituelle. On nous l’a sans cesse répété: so-li-da-ri-té. Comment ne pas se réjouir de telles perspectives ?

  

P. R., à L.

  


  

Climat – Christelle Luisier part du bon pied

  

Il y a 20 ans, Christelle Luisier, 25 ans à peine, était présidente des membres radicaux de la Constituante. Elle y a fait merveille. Les enjeux écologiques étaient alors moins présents, semblaient moins urgents. La Constitution adoptée par le peuple inclut toutefois un article 52 «Patrimoine et environnement». De plus a été institué (art.72) un organe de prospective – certains d’entre nous souhaiter l’appeler «Conseil de l’Avenir».

Le PLR suisse a surpris son monde en affirmant une sensibilité verte (lignes directrices de juin 2019).  Notre nouvelle conseillère d’État, disait son souci pour le dérèglement climatique. On se réjouit de la voir confirmer que le climat doit rester une priorité gouvernementale (sa "Réflexion" du 4 mai). Elle relève l’existence d’un Bureau de la durabilité. Excellente chose.

Les vieux de mon genre qui sont très préoccupés de savoir si leurs descendants auront encore à disposition une planète vivable enregistrent avec intérêt, ces jours, de nombreuses prises de position  de personnalités qui, dans les mois que viennent, ne veulent pas d’un «retour à l’anormal» (pour dire qu’il est impératif de prendre un autre chemin qui celui suivi ces dernières décennies) : ainsi Bertrand Piccard à la tête d’un imposant groupe d’entrepreneurs, l’économiste Muhammad Yunus, Prix Nobel, parmi d’autres. On veut croire que le peuple souverain, qui aura sans doute à se prononcer sur les réorientations dan ce sens, suivra le conseil de Christelle Luisier de «reconstruire un monde durable».

  

J. M., à É.

  


 

La conception PLR de l'économie est une idéologie !

 

Mme. la Conseillère d’État Luisier Brodard nous demande, en ce moment charnière, de réfléchir sur comment redémarrer sur des bases plus saines. Or, à la lecture de sa réflexion, nous pouvons constater qu’il sera impossible pour certains de prôner l'alternative à son système basé sur l'impératif du développement économique selon sa perception partisane. En effet, selon elle, la politique de décroissance ne serait qu’une idéalisation fantasmée et que seule sa conception économique de ces dernières années serait conforme à son idée de la «réalité». Toutes autres idées n’amèneraient que la faillite de notre société.

Effectivement, nous devons inscrire nos politiques dans un développement réellement durable mais à la lecture des recommandations patronales que Mme. la Conseillère reprend à son compte, tout lien entre les aides aux entreprises et les exigences environnementales devraient être proscrits, ce qui inaugure mal cette volonté d’inscrire nos politiques dans un développement durable et font passer toute autre alternative pour de l’idéalisme.

Elle nous demande de s’y atteler sans a priori mais elle oublie que sa vision de l’économie est une idéologie, celle qui nous a amené les crises que nous subissons actuellement. Donc les alternatives même pragmatiques ne peuvent être développées car assimilées à une idéalisation fantasmée et donc à un affrontement à son idéologie. Cet affrontement politique serait quand même nécessaire pour dégager nos priorités mais comme elle n’en veut pas, seule son idéologie prévaudra et ce travail de redémarrage incombant aux seuls responsables politiques, exclue d’emblée la participation de certains acteurs et des citoyens.nes dans ce consensus !

Georges Tafelmacher - Citoyen et lecteur, Pully

  

 


 

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