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Interrogations...
...sur l'état du monde !
DÉBAT sur la SITUATION RÉELLE de ce monde à la c - - !
Discussion entre deux militants activistes :
"Gorge" - l'anarchiste humaniste et "Pristoche" - le chrétien de gauche !
Et comment faire pour s'en affranchir ou le faire disparaître !!
- découvrir la nature de la nouvelle dictature de droite !!
- qu'est-ce qu'il y a derrière certains choix de société ?
- qui sont les vrais meneurs et quels sont leurs motivations, leurs moyens et leurs forces ?
- l'UDC n'est-elle pas simplement la face visible de l'iceberg totalitaire qui sévit à tous les étages, l'arbre qui cache la forêt du pouvoir, la main armée de la droite, l'homme de main pour les basses besognes d'une droite vengeresse, vindicative, punitive ?
Sommaire
propos recueillis par G.Tafelmacher
Chapitre 1
Dans quel monde vit-on ?
Pristoche - toujours positif : CONTINUONS À LUTTER CONTRE CETTE CONFISCATION DE LA DÉMOCRATIE PAR L'UDC !
DES FOIS J'AI L'IMPRESSION QUE UELI MAURER SERAIT CACHÉ SOUS MON LIT EN TRAIN DE REGARDER CE QUE J'ÉCRIS AVEC DES JUMELLES !
ET TOUS L'ENTENDENT, DU MOINS ILS TREMBLENT QUAND IL ÉTERNUE.
Gorge - qui en a marre : En effet, mais en s'attaquant directement à l'UDC, on ne s'attaque pas aux véritables meneurs qui sévissent impunément derrière un paravent de respectabilité centriste censé représenter le summum de la "responsabilité" déclinée à toutes les sauces rétrolibérales (rectum libidinal). Il serait génial de montrer comment l'UDC est utilisée comme paratonnerre par la droite se disant "respectable" (expectorante) pour la mise en oeuvre de la nouvelle dictature élitiste sévissant aux quatre coins du globe (gobe) où les seuls droits seront ceux de la consommation par des acteurs consommés au feu de la farce fascho-économique fourguée en dessert vomitif à ingurgiter goulûment...
Pristoche : TROUVONS DES RESSOURCES SPIRITUELLES, HUMAINES ET HUMORISTIQUES POUR CONTINUER À LUTTER CONTRE CETTE CONFISCATION DE LA DÉMOCRATIE PAR DES METHODES UDC DE PLUS EN PLUS DOUTEUSES. PAR PRECAUTION BIEN VAUDOISE, J'AI INVITÉ A CRÉER UN COMITÉ DE LUTTE, UNE PARTY ANTI-UDC. ON SAIT JAMAIS ! EN TOUT CAS, PAS ENCORE DE MINARET A SEELISBERG DANS LE JARDIN DE MADAME BLOBLOB ! BLOBLOB NE PEUT APPELER À LA PRIÈRE SUISSE DEPUIS SON MINARET.
Gorge : OUI, si tu trouves des fous encore assez lucides pour s'en prendre à tous ces petits hitlériens de pacotilles qui du haut de leurs convictions frelatées, assomment le peuple consommé par des valeurs précurseures de guerres infinies, sources de profits monétaires et sociaux de domination élitistes...
Bref, je ne sais pas si de telles réunions produiront les effets voulus, si nous allons changer quoique ce soit à la nature de la Bête Immonde qui domine notre monde, ni à sa toute puissance, ou à sa conviction d'être dans le "bien" ou carrément le "bon" de l'histoire biscornue des hommes, mais j'espère qu'au moins, nous allons pouvoir se reconnaître et se tenir les coudes en ces moments de régression caractérisée voulue et planifiée où l'individu est réduit à sa part incongru et se doit de courir toujours s'il veut rester sain et libre...
Et si nous devenons des rebelles réfractaires rageurs révoltés et révulsés pour qui le rêve d'une anarchie antifasciste anticipera l'acquisition d'une pensée progressiste réellement humaine, communautaire et sociale où l'individu cesserait d'être celui que pourchasse inlassablement la Maréchaussée, la Police et la Justice des dominants pour devenir l'acteur principal de sa vie et de son organisation sociale. Le problème, comme je l'ai expliqué à l'oratrice de la soirée sur les causes de guerres intitulée : "Comprendre le passé pour construire l'avenir", étant que la droite dure et féroce considère que cette démarche s'apparente à du "constructivisme social" synonyme de "communisme" si honni (dixit Jean Romain, Jacques-André Haury et les autres)...
Selon le bon mot, sauvons-nous de ceux qui veulent nous sauver, j'aimerais surenchérir en disant - appliquons à nos sauveurs les recettes qu'ils nous servent jusqu'au dégoût le plus total...
MAIS ! ! !
Je crains que le problème soit bien plus grave que ce que tu penses !
En effet, après avoir entendu l'ancien conseiller d'état Philippe Pidoux (avocat d'affaire) ce matin à la radio où il digressait sur la nécessité d'avoir des caméras de vidéosurveillance dans les cours de récré à cause de la violence de quelques moutons-noir "boucs-émissaire", je me suis rendu compte, qu'en fait, cela l'arrangeait que cette violence sévit et que la société dégénère pareillement car ainsi, il pouvait justifier politiquement et socialement la mise en place d'un état policier dans laquelle il sera toujours le "bon" n'ayant rien à craindre, n'ayant rien à se reprocher. Ce qui laisserait entendre que nous les CITOYENS LITTERAIRES, ARTISTIQUES, HUMANISTES ET HUMANITAIRES, sommes les méchants, les mauvais, le mal personnifié et surtout, adeptes de la pensée-unique.
Du coup, ce matin mon moral a pris un sacré coup et j'ai perdu le peu de confiance qui me restait dans l'humanité lorsque j'observe les personnes honnies qui veulent diriger la race humaine, ces engeances ignobles qui se croient les maîtres de l'univers et qui prétendent diriger l'avenir. Quand je pense à cet avenir que l'on nous promet avec le progrès technologique et la vitesse à laquelle il s'instaure, je nous prédis les pires des conséquences - ouverture de maisons de jeux mondialisées et globalisées, de casinos super-luxe, de parcs d'attractions grand public, d'hôtels de luxe, spéculations immobilières colossales, fortunes incomparables, pauvreté galopante, guerres économiques, foutus bordels et compagnie.
Et puis il y a cette votation sur les notes à Genève qui nous montre à quel point tous les repères humanistes ont été foulés sous pieds, crachés dessus, torchés, bazardés et il y en a qui sont tout content car ils veulent voir la défaite de la supposée pensée-unique que nous mettons en avant. Je crois qu'il faut laisser faire cette pourriture pour qu'elle apporte ses résultats et ainsi la laisser s'écrouler d'elle-même...
Eh oui l'ami, la pensée libérale n'a pas encore atteint ses bas-fonds et n'a pas encore déployé tous ses maléfices et c'est peut être pourquoi les gens ne se rendent pas encore compte du tragique qu'elle représente...
Faisons de sorte que la vérité soit nue et divulguée par le monde par des assemblées que tu veux instaurer...
Lorsqu'on regarde de près notre société, nous pouvons remarquer qu'elle a été mise sur pied par les forces les plus fortunées de ses membres et que donc par conséquence, elle résulte des manoeuvres opérées par des personnes dont les intentions vont plus dans la direction de leurs intérêts propres et l'augmentation de leur capital que dans un souci d'équilibre social, de justice ou de répartition des efforts et des fruits du travail. Ce qui est problématique est le fait que les partis qui se sont créés pour "défendre" les laissés-pour-compte, s'approchent maintenant des valeurs de la droite et brouillent complètement les cartes permettant aux "vrais" partis de droite de fustiger l'état "providentiel" et la pensée-unique (toujours de gauche, ben-voyons !), qui en fait résultaient d'abord de la politique "reaganiennes" des années 1980 où l'économie néolibérale à pu croître infiniment sans l'opposition des pays dits "communistes" qui se sont effondrés. Ce fut seulement vers la fin des années 1990 que les mouvements anti-mondialisations ont pu mettre un grain de sable dans cette mécanique bien huilée et produire les contestations anti-G8 des années 2000.
Ce qui est particulièrement préoccupant est de voir avec quelle célérité la droite nous accuse de "constructivisme" (soit l'envie de "changer le monde"), de "réglementarisme" (soit résoudre les problèmes de société par la loi et l'ordre), "d'angélisme" (soit les tentatives de "comprendre" le monde), alors que c'est cette droite qui veut emprisonner les hooligans qui hurlent leur mal-vie, les pasteurs qui recueillent les réfugiés, les objecteurs qui questionnent leur schémas productivistes, alors que c'est cette droite qui veut imposer des comportements normés et politiquement correctes, des attitudes normalisées et de la prévention fliquée aux gens, alors que c'est cette droite qui cherche à convaincre tout le monde d'être des entrepreneurs dans une économie assujettie aux normes libérales (et si nous sommes trop "bête" pour le devenir alors tais-toi et bosse dans les usines de l'économie de marché car c'est le seul salut possible !). Je constate que la droite nous accuse de faire ce qu'elle fait elle-même selon l'adage "on accuse toujours l'autre de ses propres tares qu'on ne veut pas voir". Cela revient un peu à la citation de Josef Conrad...
La peur du communisme n'est pas mort, elle s'est transférée sur les gens comme nous qui essaient de "casser" le raisonnement perfide, intéressé, jugeant et condamnatoire de ces Claude Frey, Ruey, et compagnie. Nous devons démontrer le danger des raisonnements droitiers que profèrent ces personnes élitaires et non s'attaquer à leurs personnes. Ne faisons pas comme ces personnages publiques malheureusement passablement influentes qui au lieu d'arguer sur nos théories pour en démonter l'erreur, cherchent à nous casser en s'en prenant à nos personnes en nous traitant de tous les noms d'oiseaux possibles. Ne tombons pas dans leur logique en luttant contre Frey-Ruey-Blocher-Couchepin personnellement, cela ne fait que les réconforter dans leur animosité contre nous et cela leur donne la preuve qu'ils cherchent pour lutter de notre "nocivité". N'oublies jamais que les politiciens de droite ne sont jamais aussi forts que lorsqu'ils défendent becs-et-ongles leur petits près-carrés, leurs petits intérêts, leurs acquis égoïstes, leurs petites propriétés, leurs chères bagnoles, leurs cravates et chemises en soie...
Bien sûr que nous pouvons exiger que la politique soit plus "humaine" mais tant que nous n'avons pas compris pourquoi la politique est devenue aussi inhumaine, dure et castratrice, pourquoi les politiciens de droite sont aussi impériaux, pourquoi le monde a évolué comme il l'a fait, pourquoi le néolibéralisme est devenu la seule façon de marcher (marché! !), jamais nous avancerons d'un mètre, jamais nous arriverons au bout de ce raisonnement de droite qui nous tue jusqu'à nos enfants. Venir après cela fustiger Castro comme l'a fait Claude Frey ce matin à la radio est vraiment un détournement pour pas voir de près ce dont on pourrait l'accuser, c'est-à-dire, la mainmise sur le pouvoir, sur la fabrication de la richesse, sur le contrôle social, sur l'éducation.
Je crains que tous nos efforts pour établir d'autres règles du "vivre ensemble" vont être servis contre nous pour nous démolir "en règle" et c'est pourquoi, comme toi, je cherche d'autres façons de "faire de la politique" !!!!
Le parti socialiste avec sa "chartre de l'intégration" fait carrément le jeu de l'UDC et les partis de droite se régalent en voyant la gauche faire de la politique de droite, comme cela si jamais cela tourne mal, ils ont tout loisir de fustiger encore et encore la gauche pour sa politique "interventionniste" (voir les OPINIONS du 24H de ce matin - un véritable réquisitoire contre la gauche sous la forme d'une justification pour la droite "entrepreneuriale"...!!!)
Pristoche : Antigone ou rien du tout !
Plutôt crever que de cesser de dire non !
La question est de savoir comment, étant à gauche, on peut :
A) se faire entendre face au capitalisme actuel
B) intéresser les gens idiots et débilités
C) oser parler de l'immigration
Et en Suisse :
A) Comment faire pour résoudre le droit d'asile en empêchant sa dégradation? Là, il faut dire que ce n'est pas possible de le dégrader plus, donc il faut des pressions pour qu'il soit entièrement modifié.
B) Comment empêcher que les églises soient visées par ces lois et criminalisées ?
Tu te rends compte ce que ça veut dire, que des policiers puissent arrêter un pasteur ou un Ami de l'humanité ?
Et je continue: la difficulté est de MÉDIATISER la protestation.
Si l'on arrive à trouver COMMENT et auprès de QUI se faire entendre, c'est OK.
En tant que membre du PS, je suis certain qu'on va devoir se radicaliser. Tu m'as convaincu, et je souhaite que le PS fasse quelque chose pour empêcher que le droit d'asile frappe toujours plus d'innocents.
NON au massacre des innocents !
OUI à la politique authentique et efficace, aurait dit Malraux !
Gorge : C'est bien joli de parler de "lutte" mais de quoi s'agit-il ??
Quand j'entends des directeurs "lutter" pour plus de concurrence en mettant sur pieds des cercles d'excellence qui vont diviser encore plus les hommes entres les "bons" qui se font concurrence et les "mauvais" qui veulent travailler solidairement, quand je vois des médecins "lutter" contre la maladie en prônant les traitements inhumains de radiothérapie, quand j'observe des politiciens "lutter" pour plus de sécurité en voulant foutre tout le monde en prison, je ne peux pas m'empêcher de me demander si ces "luttes" sont saines, si le fait de "lutter" nous a été confisqué en détournant son sens premier, si nous avons été induit en erreur par cette incitation à la lutte. C'est quand même piquant de voir avec quelle force les armées modernes "luttent" contre l'insurrection et de constater les moyens dont elles disposent pour "achever" ce travail !!
Alors si nous nous accaparons de cette notion de "lutte", ne va-t-on pas tomber dans le piège tendu où il s'avère que toutes luttes ne sont pas égales. Il y a les "bonnes" luttes, soit celles admises par l'establishment (luttes contre le cancer qui va faire vivre les entreprises pharmas) et les "mauvaises", soit celles de libération, de contestation, de protestation, de manifs anti-G8.
Et puis que veut dire "lutter" dans un monde aussi matérialiste, égoïste et méchant sinon celle, quasi terroriste, menée contre les créateurs de ce monde? Quelle forme doit prendre cette lutte pour devenir efficace et que doit-on faire pour qu'elle ne soit pas confisquée, récupérée, instrumentalisée par un pouvoir tout content d'avoir des ennemis contre lesquels "lutter" ??!
LUTTER va forcement entraîner une contre-lutte qui nous sera fatale à tous les points de vue. Je sais que la lutte est inscrite dans nos patrimoines génétiques, dans notre évolution du vivant (la loi du plus fort) mais je crois que nous sommes enfin capables d'infléchir l'évolution pour qu'elle puisse se faire d'une manière "humaine" et consciente. Nous serons bien inspirés de bien cerner les limites de la lutte, de saisir la démagogie qui en résulte, le pouvoir que cela sous-entend et de proposer non pas des luttes mais des constructions sociales et personnelles amenant des changements de mentalités qui nous mènera à une société plus "humaine"...
Pristoche : Mais devons-nous abandonner? Si nous savons pour quoi nous luttons, abandonner n'est qu'une lâcheté.
Gorge : La question est mal posée. Il ne s'agit pas d'un choix entre la lutte ou l'abandon mais de se poser la question de la finalité de la lutte, des moyens qu'on se donne, et comment on s'y prend pour mettre en pratique l'exercice d'une vie humaine, participative, associative, sociale qui devrait mener le genre humain à une coexistence holistique sur une planète limitée...
Mais il reste néanmoins que tant que nous n'avons pas compris pourquoi la politique est devenue aussi inhumaine, dure et castratrice, pourquoi les politiciens de droite sont aussi impériaux, pourquoi le monde a évolué comme il l'a fait, pourquoi le néolibéralisme est devenu la seule façon de marcher (marché!!), jamais nous avancerons d'un mètre, jamais nous arriverons au bout de ce raisonnement de droite qui nous tue jusqu'à nos enfants, c'est-à-dire, la mainmise sur le pouvoir, sur la fabrication de la richesse, sur le contrôle social, sur l'éducation.
Pristoche : Nous ne sommes que des humains. Et la politique ne résulte bien souvent que de la bassesse humaine. La cupidité a amené la colère et l'esclavage et maintenant l'essentiel, c'est de revenir à un tant soit peu de raison.
S'il y a partout autant de colère et de ressentiment, c'est que le système de ces gens qui vont tomber bientôt n'a bâti que la misère et l'inégalité, et que leur arrogance n'a pas instauré de paradis social sur terre, mais seulement un enfer de l'égoïsme, jusqu'au plus complet irrespect d'autrui, car l'argent mis en balance avec le respect d'autrui est préféré à la personne de l'autre, et cela, c'est l'homme qui le fait tout seul.
Dieu répond non coupable pour les crimes de l'homme.
Si Dieu avait lui-même inventé toutes les horreurs dont l'homme avait été capable, alors la Création n'aurait aucun sens.
Mais en tant que chrétien, je te dirai que je sens Dieu plus présent que jamais - mais ramené à quelques niches de bonté réelle, aux gens aimants et respectueux, aux Sud-Américains et aux orthodoxes honnêtes, aux Suisses et aux Européens honnêtes, dans l'homme.
Dieu est, aussi vrai que le mal est si puissant qu'il suscite notre sentiment d'impuissance à le vaincre. Le mal se cassera la figure lui-même. Je voudrais te dire que le combat de Claude pour l'asile vaut largement celui de Hélène Kung et le tien. Alors que valent les différences partisanes quand il s'agit de s'unir? Faut-il une mesquine haine entre partis? Faut-il faire la révolution tout seul, ou bien unir nos forces ?
Gorges : Attention, tu n'as pas compris ma démarche, je ne cherche pas à assouvir mes colères !
Attention, je n'ai rien contre Ruey en tant qu'homme, chrétien, ou autre. Je n'ai aucun préjugé contre lui, ce sont les idées et les façons de poser le problème de la vie en commun qui me choque car ses théories contiennent les dispositifs qui vont définitivement ancrer cette société dans le monde dual et dichotomique que sous-entend sa démonstration et les possibilités d'exclusion que comportent la mise-en-application de son opinion permet une ségrégation qui est bien pire que celle de l'UDC honni.
Attention, je ne combats pas les hommes de droite, je ne rentre pas en guerre contre eux et, surtout, je ne décharge pas de colère contre eux! Je tâche de comprendre les idées qu'ils propagent, d'étudier les effets de ses applications strictes sur la société en générale, de comprendre comment en partant de ces idées on en arrive à des conclusions qui vont perpétuer le malaise social actuel. Ce sont les idées que je combats.
Attention, je ne suis pas "en colère" contre Ruey, ni contre son allure de garçon bien élevé avec sa coiffure droit sorti d'un film des années '30 mais avec son langage si docte et savant, il a tendance d'écraser de son savoir les gens ordinaires et après son discours, il n'est plus possible de se lever pour objecter ou apporter une contradiction à sa démonstration académique! Ce sont les idées qu'il propage qui me froissent et qui me mettent dans un état d'anxiété d'appréhension caractérisé, ce sont ses façons de voir le monde et les préjugés qu'il installe qui m'inquiètent. Et n'oublies pas que si Ruey "combat" la démagogie, il a quand même contribué par son engagement politique à l'avènement de cette société de consommation populiste et de libre marché dominé par la pure démagogie. Il "lutte" peut être contre la démagogie en politique mais il oublie opportunément la démagogie économique, publicitaire qui démolie plus sûrement la cohésion sociale que tous les racistes agglomérés !
Si je comprends bien ton raisonnement, tu serais prêt à t'unir même avec des personnes de la droite dure s'ils "combattent" pour l'asile mais tu ne sembles pas comprendre que ces problèmes naissent justement parce que certains tiennent des discours qui vont consolider l'aspect dual, moraliste et excluant du monde. Pour finir, je ne serai jamais d'accord avec quelqu'un qui tient un discours permettant d'exclure toute une catégorie de gens, ni même avec les gens de gauche pas si "à gauche" que cela qui finissent par tenir ce genre de discours! Nous devons choisir nos correspondants avec soin car nos forces étant ce qu'elles sont, nous serions trop exposés aux démolitions en règle par des gens sans scrupules dont le pouvoir est le seul horizon...
Mes réactions contre le discours de gens comme Ruey ont un sens, elles s'inscrivent dans cette perception nouvelle dont je perçois la naissance: JE VEUX SORTIR DE CE MONDE QUI RAISONNE EN TERMES BIEN-MAL, AMOUR-HAINE, INTEGRATATION-EXCLUSION, UN MONDE DICHITOMIQUE, DUAL, OÙ SEULS QUELQUES ESPRITS "BIEN-FAITS" POURRAIENT AGIR !!!
JE VEUX TRAVAILLER POUR QUE TOUTE PERSONNE, QUELLE QU'ELLE SOIT, PUISSE S'EXPRIMER (MÊME "GAUCHEMENT" !) ET CONSTRUIRE UN MONDE RÉELEMENT "HUMAIN" OÙ CHACUN TROUVERA UNE PLACE A SA MESURE, SELON SES CAPACITÉS.
Mais bon, il paraît que cela c'est de la démagogie pure sucre et c'est cela qui me dérange avec le discours Ruey et consorts...
Pristoche : Que penses-tu de ramener en camions à la frontière TOUS les employés de commerce ?
Est-ce une idée que tu trouves juste, ou bien les HEC sont-ils susceptibles d'affection dans ta fraternité universelle qui accepte en Suisse les capitalistes de tous les pays ?
Pourquoi angéliser les employés de commerce ?
Que penses-tu de ce qu'a dit Thomas Mann : «J'espère que vous n'avez rien contre la méchanceté. Elle est la seule arme de l'intelligence contre les puissances des ténèbres» ?
Gorge : Je crois que la "méchanceté" dont parle Thomas Mann, c'est plutôt l'insubordination, la révolte et l'opposition. Des fois pour tenir tête aux puissants, une colère "froide" est nécessaire mais sans "méchanceté"!! La traduction exacte de "méchanceté" serait "naughtyness" soit la désobéissance...
Ce n'est pas l'employé de commerce qui fait problème, c'est ce à quoi ils sont employés par des patrons avides de pouvoir et de richesses. La seule chose qu'on pourrait les reprocher c'est d'être trop soumis aux intentions patronales, pas assez critiques de leurs situations et de ne pas s'opposer aux menées de leurs directions. ( * )
Ecoutes, je ne veux pas "m'attaquer" à quiconque, je ne m'en prends qu'aux idées, intentions, directives, menées, etc qui font que ce monde est tel qu'il est. Mes ennemis sont les systèmes de pensées qui permettent de mettre les gens sous tutelle et non pas les servant de ces idées. Attaques-toi aux idées et non pas aux personnes car il n'y a rien de pire qu'un ennemi en chair et os qui te prend la tête et use ton énergie en luttes stériles...
Moi, je dis - à bas les capitalistes, les frontières et les camions car ils participent à faire du monde un immense camp de concentration planétaire...
Il faut attaquer les VRAIS ennemis.
Et moi, on m'a reproché mon "angélisme" mais cela ne me dérange pas car mieux vaut être un ange rebelle qu'un pragmatique complaisant et complice !!!
* Voir Enquête internationale sur la "satisfaction au travail"
Pristoche : Puisque nous sommes tous deux anarchistes, il n'y a plus qu'à fonder le parti de l'honnêteté.
Ne pourront travailler en Suisse: que les honnêtes gens.
Ne pourront gouverner: que ceux qui ne s'intéressent pas à l'argent et à l'ambition.
Ne pourront être édités: que ceux qui pensent ce qu'ils disent.
Le règne de l'amour suppose un VRAI amour.
Tâte le coeur humain: y a-t-il vraiment de l'amour ?
Ni le libéral qui court pour se remplir les poches, ni l'immigré qui hait le Suisse ou le Français parce qu'il veut prendre son travail et se sent bien meilleur que lui, ni le raciste qui jette son ressentiment sur tous les gens qu'il peut insulter dans son coeur, ni enfin l'employé de commerce, la pire engeance qui soit avec le fonctionnaire, qui PROFITE de son pouvoir, ne sont punis.
Alors, devant l'impunité libérale, que faire, Gorge ?
Et il faut SE BATTRE pour que l'ARBITRAIRE, instauré par tant de corruption dans notre pays, soit supprimé.
Gorge : La difficulté avec "l'honnêteté" c'est que tout le monde est convaincu d'être "honnête" et on tombe dans les diatribes d'un Ruey qui en s'y croyant, impose au monde encore une autre possibilité de ségrégation et cherche à créer une élite dirigeante incontestable car "honnête" !!!

La charge de la Police selon F.Vallotton
Chapitre 2
Que faut-il faire ?
Pristoche : Depuis 1993, ce pays stagne.
Ce pays n'est pas humain et il ne le deviendra plus car ces salauds de la droite dure commettent leurs crimes antisociaux assurés d'une certaine impunité ! Il est temps de fusiller tous ces gens de droite, ils ne méritent rien d'autre.
Il y a autre chose que les muscles. Ces gens-là confondent l'intelligence avec les muscles, ils veulent faire du coeur un muscle. Ils veulent tourner en dérision l'humanité de l'homme. Et pousser chacun à être un agresseur.
Mais j'espère qu'ils seront punis pour leurs crimes.
Ce qu'ils ont fait de notre pays est absolument révoltant, et scandaleux. J'espère que lors d'un prochain week-end de votations, ils vont basculer.
Je souhaite à Monsieur Blocher de vivre le chômage, mieux, d'être parqué pour le restant de ses jours dans un camp pour réfugiés en étant rationné au fond des Grisons avec tous ses fidèles.
Et tout ce mépris qui règne.
Des fois, je voudrais me cacher, ou ne plus être ici, ou vivre autre chose, ou vivre ailleurs.
Je t'avouerai humblement que je n'en peux plus.
Je t'avouerai que je n'en peux plus de lutter triplement: politiquement, pour moi-même, étant acculé, et enfin pour ceux que je soutiens.
Je pleure devant tout le mal qui est fait à chaque petit étranger de chez nous, qui n'a jamais mérité un sort pareil. A chaque chômeur, et à chaque personne handicapée.
Et moi, je n'en peux plus, je suis au bout du rouleau, épuisé et détruit par ce sale pays, qui ne respecte pas les êtres humains parmi les siens, et qui n'a aucune fibre sociale, aucune.
Je n'en peux plus, et je suis las, mais je t'adresse ce discret signe, espérant qu'un peu d'amour du prochain réel et d'amour, comme toi en témoignes, va venir dans ce pays rongé par le matérialisme, rongé par l'athéisme, rongé par le fascisme, rongé par la méchanceté.
Il faut que la Suisse appelle l'Europe au secours, avant que ces fous ne continuent leurs dévastations !
En tout cas, ce qui est sûr ... on ne sait pas trop que penser de la tournure que prend ce pays.
En tout cas, ce qui semble certain, c'est qu'il n'est plus possible du tout de savoir où il va. C'est l'aventure débridée et le glissement vers la pente du n'importe quoi !
Au niveau social.
Au niveau de la protection des réfugiés, qui est régie par le droit international du reste.
Au niveau des moeurs économiques et professionnelles.
Au niveau de la solidarité.
Enfin, au niveau de la politique du parlement, que je ne comprends plus. A-t-elle une lignée, ou bien n'est-elle pas purement et simplement le masque d'une crypto-oligarchie s'appuyant sur un crypto-fascisme pour défendre de vrais intérêts ?
Mais lesquels ? Ceux du capital financier, ceux du capital industriel, ou tous les deux ?
Et le statu quo de la neutralité ?
En tout cas, si ce gouvernement a une politique, qu'il le dise !
Gorge : La tournure que prend ce pays est parfaitement logique si on suit de près l'évolution de la mentalité "business" en vogue depuis au moins la fin du 19ième siècle !
Ce qui se passe est en parfaite adéquation avec la dictature néolibérale à laquelle nous sommes soumis depuis la fin de la 2ième guerre mondiale et les accords de Bretton Woods de 1944 !
Les conséquences que nous voyons des politiques commerciales et monétaires sont tout à fait compréhensibles compte tenu des mentalités qui règnent aux quatre coins du globe dans le monde des affaires - spéculations, compétitions, enrichissements matériels, loi du plus fort, impositions de personnalités fortes et charismatiques, etc !
Tout ce qui se passe aujourd'hui n'est que la conséquence d'un choix de société basé sur une certaine façon de voir le monde, d'une certaine façon de faire des affaires, d'un exercice du pouvoir à des fins de puissance et de contrôle absolu !
Pristoche : Nos préoccupations ne se recoupent que trop. J'espère fortement voir décliner la mentalité dont tu parles. Evidemment, les Suisses maltraités au chômage, stigmatisés comme abuseurs, voient deux camps parler de l'exclusion: l'extrême droite qui dit que c'est la faute aux étrangers, et la gauche, qui veut mettre fin à la liberté des patrons de créer eux-mêmes de l'exclusion, sans foi ni loi. Or ceux qui crient avec du ressentiment, auquel s'identifient les électeurs, c'est l'extrême droite. Alors que doit faire la gauche pour faire comprendre qu'elle seule a la clef de la fin de l'exclusion et du chômage ?
Comment ne pas nous décourager, car il n'y a pas grand chose à comprendre !
Gorge : Si tu veux "comprendre" ce monde, commences donc à étudier à fond la mentalité qui nous régit et tu sauras très vite ce qu'il faut penser de la tournure que prend ce pays! Ecoutes parler les thuriféraires de ce système et tu comprendras très vite quelles sont leurs intentions, quelle perception ils ont du monde, où ils veulent en venir et par quels moyens ! A partir de là, nous pourrions élaborer des lignes qui devraient mener à d'autres constructions sociales où la solidarité, l'empathie, la conscientisation et le respect de la vie auront enfin droit de citée...
Pristoche : Il ne faut pas diaboliser l'électeur ouvrier de l'extrême droite, mais aller vers lui et le rencontrer pour lui faire comprendre que l'UDC et le patronat, c'est le même combat. C'est la joue et le soufflet. Et qu'en fin de compte, c'est vraiment la gauche qui répond à ses préoccupations, car elle joue honnêtement le jeu du citoyen contre le pouvoir économique et politico-oligarchique.
Tu verras, Gorge, l'effet du référendum sur l'AI : à ce moment, la droite devra montrer son visage haïssable. Jusqu'alors "on" (le "on" de l'électorat UDC ouvrier et des banlieues, et les paysans) pouvaient encore hésiter. Dès lors, ils verront que ces gens sont sans coeur, puisqu'ils S'IDENTIFIERONT aux boucs émissaires prétendus et se sentiront visés.
Gorge : Je ne prétends pas détenir les clés de cette prise-de-conscience mais il est évident que c'est à chacun de chercher en son âme et conscience les raisons de ses déconvenues et problèmes individuels et de faire de sorte à ce que la résolution de ses problèmes ne passe pas par l'accablement des autres, la guerre contre un "mal" mal-défini, la désignation et la mise-à-mort d'un improbable "ennemi" ou de la fabrication de mesures liberticides !
Pristoche : Comme cette mesure de réduire de 520 à 400 le nombre de jours d'indemnités de chômage pour les plus de 50 ans. C'est le Conseil Fédéral qui a voulu faire ça ! C'est dingue ! Ils sont fous !
Gorge : Ce week-end, les pacifistes vont manifester pour la quatrième fois contre la guerre en Irak et personnellement je serai dans les rues de Lausanne pour faire signer notre initiative contre l'exportation de matériel de guerre. C'est mon petit bout de chemin vers un monde où on se regardera non plus comme des ennemis mais comme des frères dans une construction humaine...
Pristoche : De toute façon, ce pays est le plus antisocial de toute l'Europe! Jamais vu ça! Non seulement il y a près de 10% de la population au moins dans la précarité, mais on ne le relève jamais! On tait les choses! Il y a un Amen sur la violence sociale qui n'a aucun sens, sinon qu'il va faire effet de boomerang sur ceux qui à la fois humilient et plaignent leur victime: nos ennemis justement, qu'il serait vain de ménager. Je plaide pour exclure tous les UDC du conseil fédéral d'abord, mais ensuite du parlement, et il faudrait même quatre conseillers fédéraux de gauche au minimum, ou déjà commencer ainsi. Puisqu'il n'y a plus rien à faire dans cette direction, pourquoi ne pas jeter ces gens du parlement, où ils sont par effraction? J'espère en tout cas que les gens se rendent compte des réalités, et pas simplement de ce qui les arrange de voir.
Je ne puis que me taire devant l'état consternant de notre pays. Tant de violence qu'a semé l'UDC sans jamais faire autre chose que détruire et détruire.
Et je t'avoue que la nature humaine me déçoit...
Je vois bien que les gens sont méchants...
Gorge : Toi tu crois que les gens sont ainsi mais le sont-ils vraiment? Ou n'est-ce pas plutôt la conséquence d'une éducation à moral élastique, d'un système péjorant les consciences, d'un matérialisme maladif, d'un esprit pris dans les rets de la consommation, d'une économie à la solde du seul enrichissement, d'une pression à "ne pas être comme les autres", de se démarquer, de se mettre en avant, d'être "quelqu'un"...
Pristoche : Oui! Les gens sont toujours à mettre la facilité en avant. Les loisirs avant le travail. La matière et le plaisir avant l'idéal, ou la transcendance, ou, s'ils sont athées, la justice sociale.
Se mettre en avant? Je le veux! Ou se mettre en arrière.
En tout cas, conquérir un mode de vie authentique et oser devenir ce qu'on est en affrontant sa mort et en affrontant la pauvreté des autres, ou du moins en formulant quelque exigence envers soi.
Et ces fascistes qui partout ne cessent de creuser le fossé social en maltraitant les chômeurs comme le prescrit l'UDC, en maltraitant les temporaires, et d'ailleurs en insultant les pauvres et les étrangers.
Et comment se protéger contre la méchanceté lorsqu'on passe le clair de son temps à survivre au jour le jour ?
Gorge : C'est trop facile de décréter la "méchanceté" des gens et de les vouer aux feux de l'enfer comme si quelque part, cela pouvait réduire notre mauvaise conscience et nous permettre de faire l'économie de notre propre auto-analyse, de notre propre compromission dans l'état de ce monde et de ce qu'est devenue la "nature humaine", comme si à partir de là, nous pourrions appeler le feu du ciel sur ces "méchants" qui, selon toi, te pourrissent la vie! Et les autres alors, ceux et celles qui avec peu de moyens, rament dures pour non seulement survivre mais se protéger des menées cherchant à les "commercialiser" ou les instrumentaliser !
Pristoche : Je dois t'avouer que l'honneur de ce pays me semble par terre.
Gorge : Ce pays n'a aucun sens de l'honneur et n'en a jamais eu, il a toujours bouffé à tous les râteliers et a toujours fait feu de tout bois, c'est comme cela qu'il a réussi à se perpétuer et à prospérer.
Pristoche : Tu rejoins alors ce que dit mon ami Frédéric Gonseth !
Tu sais, je pensais avec mon comité mettre la Suisse sous pression en demandant la fin des bilatérales. Je pense que si la Suisse viole les Droits de l'Homme, elle doit rester neutre entièrement et l'Europe doit lui couper les vivres. Je pense comme Montebourg, enfin, un peu ! Faire argent du beurre de tout beurre.
Gorge : Je viens de lire une étude sur les helvètes aux temps des romains - après une résistance de façade, ce n'était que compromissions à genoux devant Rome, suçages de bite en regardant ailleurs! Ce pays n'est que ce que ses dirigeants en ont fait et les petits sans-grade ont toujours souffert de la domination des nantis. Le sacrifice, ou la pureté, ne peut racheter quiconque, cela ne fait que renforcer la mentalité requise pour que la domination soit intériorisée, institutionnalisée, justifiée. Ce qui m'inquiète c'est qu'à partir de cela, on cherche à justifier sa propre démoralisation et la crémation des petits fascistes sans qu'à aucun moment soient posés nos propres motivations, nos propres troubles, nos angoisses existentielles...
Pristoche : Oui, les rapports entre nantis et pauvres touchent à la caricature, ici. C'est haïssable.
Je te réponds comme tu m'as du reste toujours répondu: il n'y a pas à baisser la garde.
Ni à maltraiter les chômeurs et les handicapés. Ca, c'est un peu simple.
Maltraiter les temporaires qui déjà souffrent une FAUTE COLLECTIVE, alors que ceux qui les maltraitent ne souffrent pas. Notre ami Oskar de Savièse, et notre génie de Herrliberg, ils ne sont pas à faire la manche, non ?
Alors ces gens dont Jean Bischofberger dit justement qu'ils "roulent tous en Mercedes", comment est-ce qu'ils osent encore enrôler les ouvriers dans leurs conneries ?
Moi, ce qui m'inquiète, Gorge, c'est l'embourgeoisement de la gauche suisse et le manque total de panache de Hans Juerg Fehr.
Ce qui m'inquiète, c'est que la gauche suisse ne veut pas jouer le rôle de l'opposition! Elle le doit !
Toi au moins, Gorge, tu es un des rares à être un tout petit honnête dans ceux que je connais. C'est précieux, des gens comme toi.
Mais moi aussi, Gorge, je m'astreins à être honnête, et je souffre.
Gorge : Tu persistes à voir chez moi un être "honnête" alors qu'à aucun moment je revendique une quelconque "honnêteté" ou que j'y fais référence. Je ne juge pas et je ne le ferai jamais, je me contente de comprendre ce qui se passe et pourquoi. A partir de là, ce sont les faits qui rattraperont les inconscients et il est à espérer qu'ils produiront les changements de mentalités tant espérés.
Pristoche : Bien d'accord !
Gorge : Et tu as dit que tu aimes trop l'être humain pour le laisser ainsi mais aimer son prochain c'est aussi se rendre compte du pourquoi il est ainsi et de se demander si ce que l'on se propose de faire soit réellement approprié, pertinent et conclusif...
On n'est pas là pour sauver le monde car le monde se sauvera lui-même si on lui donne la conscience nécessaire, si on entreprend son propre sauvetage de soi-même et si l'on sort des réquisitoires accablants, culpabilisateurs !
Pristoche : Le salut, ou bien les gens arrêtent de consommer et se tournent vers le vrai Dieu des pauvres, et le vrai Dieu des saints, et ils le cherchent. Pour l'instant, ils ne veulent que baver et roter. Ou bien les gens cessent, autre sortie possible, de désespérer d'être sauvés, et acceptent de chercher une saine issue.
Je trouve que les églises puent l'hypocrisie : je trouve que les chrétiens sont des lâches. Ils ont le courage des mots mais pas des actes. Il n'y a plus que la gauche et le PS, le POP et les Verts pour défendre les plus démunis.
Je trouve l'église trop à droite, sauf certains exemples isolés qui préfèrent agir avec amour et compassion plutôt qu'être des fonctionnaires de Dieu. Mais quels sales fascistes et quels sales ignorants !
Comme tout ce néolibéralisme de merde qui me révolte !
Enfin, heureusement que nous, la gauche, nous sommes là.
Qui est lassé de la malhonnêteté et de la violence de son pays, et qui veut mieux pour la Suisse !
Gorge : En fait, cela fait depuis le début des civilisations il y a 10000 ans que nous vivons l'état fasciste. Nous avons été dirigé par des fascistes depuis que l'homme a passé du grade de cueilleur-chasseur à celui d'agriculteur-propriétaire et ce n'est pas demain que cela changera car tant qu'il y aura des hommes qui veulent diriger les autres, qui veulent exercer un pouvoir sur autrui, qui veulent accumuler des immenses fortunes et richesses, qui veulent en mettre plein la vue aux autres, qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter, qui en veulent toujours plus, toujours plus grand, toujours plus fort, les problèmes que nous subissons ne feront que croître et cela à vitesse exponentielle, hyperbolique, tangentielle. Il faudrait un changement génétique de l'être humain pour résoudre les problèmes de société et c'est une évolution qui prendra des centaines de milliers, sinon de millions d'années, pour se concrétiser...
Pristoche : Je partage ta conviction qu'il nous faut changer.
Changer, c'est partager. Les riches doivent comprendre qu'ils ne peuvent plus accumuler sans fin, et doivent donner à ceux qui n'ont pas, et doivent donner du travail.
Merci de me relancer !
Là, j'étais un peu fatigué, et mes actions caritatives improvisées auraient dû m'épuiser. Je tiens encore le coup, je ne sais comment, peut-être parce que la justice est un bien préférable à tant d'autres. Je reste convaincu que tous ceux qui ont lutté avant le 24 septembre, toi, moi, nous tous, avions raison, et que l'histoire nous donnera raison.
Gorge : La vermine fasciste est une constante de notre société et elle redresse la tête chaque fois que nous lui la coupons, et cette nouvelle tête est deux fois plus forte, perfide, retorse, pernicieuse, dominante que la précédente et, surtout, plus grave, elle se nourrit de nos résistances pour se maintenir encore plus au pouvoir, rendant toutes nos efforts pour la terrasser vaines, ruineuses, au détriment de nos santés psychiques, mentales, sociales. Ce désir de suicide n'est que l'état de désespoir que les fascistes désirent inculquer en chacun de nous pour mieux asseoir leurs pouvoirs abjects, inhumains (ou peut être trop "humain" dans son mauvais sens !)....
Pristoche : Dieu ait pitié d'eux.
Ils ne construiront jamais rien, mais voleront.
Ils croiront que ce qu'ils ont volé est le fruit de leur mérite, mais il y a des gens qui font bien plus qu'eux et n'entassent rien. Tant qu'ils ne se seront jamais rendus à cette évidence, Malraux, Marx, le Christ, et tout ce qui vit d'une vraie vie, sera incompris. Hélas c'est la communauté fraternelle des hommes qu'il faut servir, et non ses petits intérêts bornés et mesquins.
Gorge : Alors continues à te soucier des pauvres et des petits, apportes leur de la chaleur humaine, de l'attention et de l'aide! C'est ceci qui contribuera le plus sûrement à faire reculer l'hydre fasciste et la résistance contre le fascisme ne peut se manifester qu'au travers le bien que nous apportons aux autres. S'en prendre directement aux fascistes est le plus sûr moyen d'assurer la pérennité de cette caste, ils ne vivent que par la résistance que nous leur opposons. Agissons par-dessus de leur têtes, rendons leurs tactiques inopérantes en reconquérant les terrains affectifs qu'ils manipulent....
Pristoche : Je trouve bien pauvre le programme de l'extrême droite et de la droite. Ils n'ont jamais rien apporté. Ils instaurent l'Etat de violence. Ils condamnent l'excellence de la nation et le coeur des hommes, et empêchent la fraternité. Au niveau salarial, ils bafouent toute notion de travail égal à un salaire. Au niveau moral, on n'en parle même pas. Et au niveau des valeurs, ils nivellent tout vers le bas, mais pire encore que ne l'a fait le communisme. Et ils ont détruit la structure du travail, Strauss-Kahn l'a bien expliqué à ce niais dangereux de Thierry Breton, à savoir que le travail, c'est quand même autre chose qu'une destruction de l'emploi au profit de flux boursiers, il ne faut quand même pas exagérer !
Gorge : Quant à cette "udc" de malheur, ils ont un sens de l'humour un peu particulier où tout en se moquant des gens, ils lancent des accusations canon pour rigoler et lorsque leurs victimes réagissent, ils les traitent d'enfants gâtés incapables de tout prendre en rigolant. C'est pour amorcer la discussion, qu'ils disent. On peut toujours les traiter d'égoïstes mais il semble que cela les fait jouir tellement ils sont captivés par leurs egos démesurés. Et de leur dire qu'ils disent n'import quoi les fait bander car c'est justement l'effet qu'ils cherchent. Ils aiment "choquer"...
Le délabrement social pour durer est justement leur mot d'ordre car avec cet état, ils peuvent justifier une police armée de balles à expansion, une sécurité accrue, une armée intérieure forte, des tas de mesures pour mater les gens, pour renforcer de leur élitisme...
Pristoche : Je pense qu'il faut continuer à réfléchir comment les arrêter. Pour ma part, je poursuis mon analyse méticuleuse de leur histoire et de leur fonctionnement. Le problème est qu'ils ont repris l'électorat radical. Tout ce qui peut nous sauver est un sursaut des radicaux en octobre! Il leur faudrait s'allier avec nous contre leurs prétendus "amis".
Je te dirai que l'humour et la dérision face à l'UDC est une arme de propagande efficace: la peur et l'angoisse ne font qu'entrer dans ce qu'ils ont installé. Seul l'humour peut les déstabiliser durablement et toucher leur principale faiblesse: ils n'en ont aucun.
Autre tactique: souligner qu'ils sont égoïstes. Ou encore: qu'ils disent n'importe quoi.
Et toute anti-propagande sincère les détruira, c'est certain.
Mais le rapport Ferrero-Waldner sur la fiscalité de certains cantons est de bon augure. De toute façon, un tel délabrement social ne peut pas durer.
Gorge : Pour ce qui est de mes nouvelles et au nom de notre amitié, tout va beaucoup mieux pour moi depuis que je vois un peu plus clair dans les contradictions de nos existences, depuis que je ne fais plus ma vie autour de la chasse aux fascistes, depuis que j'ai appris à transcender tout cette pourriture qui rend nos vies invivables, à ne plus la laisser dicter mes réactions et les rendre incendiaires, depuis que je me concentre sur les amitiés et les relations que nous construisons, depuis que j'embrasse tout fort les côtés les plus inspirés de la vie.
Hélas, ceci me coûte un temps fou, consomme une énergie folle mais ce que je gagne en retour vaut toutes ces inconvenances. La paix intérieure est à ce prix et je suis prêt à la payer au prix fort !!
Pristoche : Cher Gorge, sache que jamais je n'ai nourri le moindre ressentiment à ton égard, et que tu es des personnes que j'aime le plus.
Evidemment, nous nous sommes connus dans des circonstances si dures! Accepter cette merde de LAsi et de LEtr, et cette saloperie de Couchepin, c'est dur. Et il faut qu'ils s'encroûtent et s'écroulent tout seul.
Eh bien non, cher Gorge, ce sont des principes purs qui guident ta vie, c'est la recherche du Bien, du coeur, de la fraternité.
Il suffit d'être en cohérence avec ce qu'il y a de plus haut en nous, et on se retrouve auprès des vrais amis.
Tu sais, il y a un repris de justice qui m'a racketté dernièrement. Alors au bout d'un moment, je l'ai envoyé paître, parce que je lui ai dit qu'il abusait de ma compréhension de la charité. Je refuse de donner du fric à des paniers percés pathologiques: je le donne aux pauvres d'abord.
Et c'est ce que je dis modestement à Blocher: petit Christoph de Herrliberg, donne un peu d'argent aux pauvres, et tu feras cesser nos regards agacés et acerbes qui se tournent vers ton égoïsme. Ces gens qui confisquent un pays et font croire à leur secte qu'ils sont religieux !
Blocher est l'antéchrist par excellence, il n'a rien du tout de croyant, et c'est cela qui est horrible, c'est qu'il porte un habit de pasteur pour servir les mauvais instincts des gens, c'est dire si en temps de guerre, il devrait être fusillé. Mais je le laisse à son propre sort. Il finira mal, c'est ce que me dit mon amie Maguy du Caméroun.
Je sens que la paix habite ton coeur, Gorge.
Cela me réjouit grandement.
Gorge : Pour faire progresser l'homme, nous devons sortir de la logique du "meilleur". Nous n'avons pas à être "meilleur". Nous devons voir ce que nous sommes et travailler sur ce seul socle - on est ce qu'on est, point !!!!
Pristoche : à quelques nuances près, nous sommes d'accord.
Ce qui nous différencie - sans d'ailleurs nous séparer - est la croyance qui m'habite qu'une force transcendante peut nous traverser pour nous pousser vers l'autre au-delà de ce que nous ferions. Mais peut-être n'y a-t-il ni force ni transcendance, et sommes-nous dans un seul monde, qui sait ?
Gorge : Et dire cela n'est pas du défaitisme mais démontre d'une réelle envie d'enfin appréhender ce monde de telle sorte qu'on pourrait s'en sortir et, avec l'apport de l'autre, construire une société humaine !
Pristoche : Je te le redis. C'est captivant. De toute façon, nous arrivons aux mêmes conclusions !
Tu dis bien: "avec" l'apport de l'autre, et c'est là que christianisme et pensée sociale convergent totalement, c'est que l'on ne s'en sort pas tout seul. Ce qu'essaient de nous faire croire ces croque-morts de libéraux, qui devront trépasser comme les dinosaures bientôt, je l'espère !
En tout cas, cela m'enthousiasme de te sentir de nouveau vivant en esprit, car je dois te dire que je ne crois plus trop à ma lutte, ces temps. Je me contente d'aider quelques personnes, mais je me dis: tant que les gens seront assez cons pour vouloir une politique IRRATIONNELLE, eh bien ils voteront la magie fusionnelle de l'extrême droite, et feront n'importe quoi.
A se demander pour les gens si un étranger est vraiment un étranger, et ce que c'est pour eux, au fond.
Comme chrétien, je suis préoccupé de la façon dont les gens "mettent entre parenthèse" autrui. Cela trouble, car c'est a-moral et anti-moral. C'est là l'un des multiples méfaits du libéralisme: atomiser les gens, et oublier autrui. Comment bâtir sur ces fondements alors une société solidaire ?
Gorge : Et puis cette nature humaine n'est que le produit psychologique d'un conditionnement social et cela arrange bien les moralistes que la nature humaine soit aussi noire que possible pour pourvoir affirmer leur pouvoir et leur contrôle sur la société. La religion nous a assez empoisonné, laissons-là de côté et poursuivons la marche de l'homme conscient de son individu, plein de ses rêves !
Pristoche : Un théologien pourrait admettre ce que tu dis. Je n'aime pas personnellement la religion, cher Gorge : j'aime l'homme. Et pour moi, l'homme est sacré.
S'il était mortel et contingent, on serait de nouveau obligé de le mettre "en éminence".
Mais je pense que la vie elle-même nous offre de quoi être heureux. Etre au monde, c'est être au bonheur, qu'il y ait souffrance ou joie.
Gorge : Nous n'avons pas à être heureux, nous ne pouvons qu'être conscient de notre sort et avoir la vision de notre possible !
Et si nous voulons le bien d'autrui alors laissons-le faire ce qu'il a à faire et accompagnons-le pour qu'il puisse vivre ses expériences de la manière la plus constructive possible !
Pristoche : Là, je te laisse explorer, Gorge. C'est trop complexe pour moi.
Gorge : La faillite de ce monde moderne était de croire qu'on pouvait changer l'homme, qu'on pouvait le trafiquer, le moderniser! Qu'il pouvait être meilleur, c'est-à-dire, Superman et voler. Pour parfaire sa maîtrise sur nous, cette société nous a fait croire que nous ne sommes pas meilleur et que donc nous devons nous améliorer en changeant, en nous nous faisant violence, en nous vautrant dans la culpabilisation en escalade.
Pristoche : Absolument et entièrement d'accord !
La culpabilisation en escalade, pour ne point le citer, est ce sur quoi joue un Blocher. Plus il pousse les Suisses à voter n'importe quoi, plus ceux-ci se culpabilisent et deviennent méchants, et ainsi de suite. Jusqu'où va durer son petit jeu? Tu as vu comme moi que Petitpierre et Andreas Gross vont sortir un livre.
Moi, je pense qu'il devra partir, car en regard de l'Europe, notre violation récente des droits de l'homme nous rendra suspects. Qui sait si cela ne va pas donner un coup de pouce pour faire passer des bilatérales, déjà lettre morte selon moi, à l'adhésion ?
Blocher dit tout à l'envers. Il dit: les étrangers profitent, alors que lui seul profite et crée des faux étrangers. Il parle de faux étrangers alors qu'il les invente. Il dit les handicapés coûtent cher alors qu'il veut dans son inconscient éliminer les handicapés. Il dit que les chômeurs ne font rien alors qu'il a besoin que les chômeurs existent pour inventer sa connerie de pseudo-suisse. Jusqu'à quand Blocherschweiz ?
Gorge : Mon combat est à présent de démonter cette logique, point barre et quand nous aurons enfin accès à notre moi profond alors je construirai un monde dont non seulement tu n'as pas idée mais même si tu commençais à voir, tu ne verrais qu'une infime parcelle.
Pristoche : Merveilleux !
J'ai toujours su que tu avais un projet, Gorge ! Et tu le dis: il faut voir éclore de notre vivant quelque chose de beau.
A part ça, j'assume la bassesse dont mon petit psychisme a fait preuve dans notre relation et je l'accepte. Il faudra que je la comprenne mieux et intègre ma queue de saurien pour la traîner mieux. Visiblement, je suis quelqu'un de paranoïaque qui se sent constamment trahi, surtout quand il est déprimé. Et puis, je souffre de la différence énorme entre mon idéal et le possible. Je dois dire qu'on avait été trop fusionnel depuis le 24 septembre et ce genre de tempêtes tropicales, comme tu dis, arrive dans les rapports fusionnels assez facilement. Peut-être pour que chacun reprenne de l'air.
Tu dis justement: il faut vivre en laissant autrui être. Je ne puis qu'être de ton avis. Je me le tiendrai pour dit !
Mais ce que je cherche en politique est possible.
Je m'efforce toujours de rabattre mon idéal et de me dire: comment pourrait-on changer tel système en mieux? C'est-à-dire, faire des lois plus justes, plus humaines et plus adaptées au réel.
Gorge : Je n'ai aucune envie de justice de classe, je veux juste que le pouvoir cesse de régner, que les hommes de pouvoir cessent de nous mener, que nous ne soyons plus soumis à la loi du plus fort, de la compétitivité. Je veux juste que l'individu prenne ses droits et vive !
Pristoche : Alors là, je devrais l'écrire en lettres d'or sur ma cheminée, ou plutôt sur le linteau de ma porte.
Voilà qui résume mon intime pensée mieux que tout !
D'ailleurs qu'est-ce que cette farce de la prétendue "compétitivité"? Les gens ne jouent-ils pas un rôle plus qu'ils se "concurrencent"? Le plus triste est qu'ils adhèrent à une masse informe, et ainsi se détruisent comme individus absolus au lieu de rester libres, et entrent dans une masse, un mit-dasein épais et fumeux, un brumeux être-ensemble des plus médiocres et sans s'en apercevoir, perdent peu à peu leur personnalité et leur identité en voulant faire "comme les autres", entité pas réelle. Mais ils se laissent doucement "formater", c'est-à-dire endoctriner. La liberté leur fait peur.
Gorge : Je ne connais aucune foi, je ne connais que la prise de conscience de soi et de la vie, la vision qui nous habite, le vécu d'une dure journée, l'expérience que nous traversons, l'émotion que nous vivons, la mort qui nous frappe...
Tout le reste n'est que charabia...
Pristoche : Cher Gorge, c'est intéressant. Mon pasteur me disait avoir toujours cru en Dieu, mais ne l'avoir jamais rencontré. Il y a des mystiques qui le voient très souvent. Moi, je préfère me taire sur mon vécu. Mais quel que soit notre vécu, ce qui compte est de pouvoir se regarder le matin devant la glace et de ne pas avoir fui.
Bien cher Gorge, si tout le monde cherchait dans ton sens, et vivait et pensait comme toi, le monde irait mieux, et il n'y aurait pas besoin de chercher des solutions techniques au manque de générosité et de soif de transcendance.
Gorge : Il n'y a que quatre percepts qui peut diriger ce monde et ils sont :
Paix et amour, Respect et compréhension...
Chapitre 3
Elle est bizarre cette droite !
Pristoche : La droite ne veut pas...
Voici ce que ne veut pas la droite: aller jusqu'au bout de la prise de conscience. Elle veut laisser l'imposture et le désordre en l'état. Elle dit: c'est bien comme ça. Et elle a tort! Tout est changement. Changement! Ce sera mon dernier voeu avant l'an prochain !
Gorge : Elle est bizarre cette droite: d'un côté, elle prône le "changement" à tout bout de champs mais elle s'offusque lorsque qu'on lui demande quand elle changera, elle! D'un autre, elle insiste que nous devenions "responsables" mais elle s'étrangle lorsque, pour être conséquent, on lui demande de réfléchir sur la croissance, le profit, le "bon marché"!!!
Jusqu'à présent, le changement allait toujours dans le sens d'une amélioration de la compétitititivité, de la productivité mais lorsqu'il s'agit de changer sa vision du monde, ses "valeurs" et d'arrêter ce système insensé, alors là, quel tollé !
Comprend qui pourra d'autant plus que la compétitivité = pêter en bonne compagnie !!
Ce matin, on a entendu quelqu'un de la droite économique fustiger les "grincheux" réfractaires de la technologie car ils empêcheraient le progrès et le changement. Voilà maintenant qu'on va brûler ces affreux comme on brûle les NEM, les intellectuels de gauche et critiques, les "faibles" et autres handicapés selon la logique implacable de ces criminels au pouvoir qui mériteraient eux ce sort.
Cette droite, de plus en plus acculée car fortement contestée, tire sur tout qui bouge et lorsqu'on veut amener un vrai changement, ces illuminés obnubilés par le pouvoir qu'ils exercent sur nous les gens ordinaires, s'arrangent pour nous faire passer pour les fossoyeurs de leurs privilèges et, par conséquent, de la société dans son entier. L'exemple de ce directeur d'école à Puidoux est flagrant - il veut INTERDIRE les affiches du Ché dans son école prétextant une "aversion profonde pour ce bonhomme" qui aurait "ordonner de tuer 200 opposants" (tout d'un coup dans ce cas ci, l'opposant est glorifié alors que, normalement, on le fustige !!). Il a dit qu'il "tolérerait" les posters de Brittany Spears alors que cette dame est le fer de lance de l'industrie du divertissement propre à décerveler notre jeunesse. Et pourquoi personne pense interdire les photos d'Henri Dunant qui, lui, en tant qu'employé des agents de change Lullin et Sautter de Beauregard à Genève, fondateurs de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, avait été envoyé en Algérie dès 1853 pour superviser le travail agricole et l'implantation des colons suisses sur la concession. En 1858, il fonde sur place sa propre société. C'est pour entretenir Napoléon III de ses propres projets algériens qu'il le suit dans la campagne l'Italie et assiste à la bataille de Solférino avec les suites que l'on sait.
La Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif constitue ainsi un cas remarquable de symbiose entre les intérêts du capital et ceux de l'Etat colonialiste. ( * )
Oui mon ami, cette droite, en plus d'être totalement hypocrite, ne se gène plus de nous faire une leçon de morale d'enfer pour consolider ses prérogatives et maintenir ses pouvoirs. Maintenant que je sais que ce Dunant n'était qu'un vil colonisateur privé et que sa croix rouge sang n'était qu'une façon de se donner bonne conscience (réparer les soldats pour qu'ils puissent repartir au combat !), je ne peux plus avoir quelconque confiance dans ce qu'on nous raconte pour nous faire avaler cette société, s'y intégrer et la faire prospérer...
Qu'ils aillent se faire foutre ces tordus du bulbe, qu'ils nous foutent la paix, qu'ils nous laissent vivre...
* Voir Claude Lützelschwab, «La Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif (1853-1956): un cas de colonisation privée en Algérie», Peter Lang, Berne. 2006, 412 pages. J. Pous, «Henry Dunant l'Algérien ou le mirage colonial», Grounauer, 1979
Pristoche : Je t'avouerai que j'ai toujours été très sceptique sur la capacité de la droite à faire autre chose qu'à défendre les privilèges de ceux qui accaparent le pouvoir.
Je fustige vertement son détournement de mots qui tiennent de notre plus haute noblesse, comme "liberté" et "responsabilité", que notre ami Ruey a déployé à tort et à travers. Heureusement qu'il s'est ému du sort des NEM et des requérants, sinon je refuserais de lui parler. On verra bien si son repentir dépassait le stade de la rodomontade.
Lorsque Faust se fait séduire par Méphisto chez Goethe, il se fait promettre: la puissance matérielle complète sur terre - plaire à toutes les femmes, ne jamais vieillir, ne manquer de rien. Le salut disparaît entièrement. Mais Faust ... reçoit le diable chez lui au moment même, dit-on (je crois début du XVIème ?) où l'échec de sa quête de la vérité solitaire débouche sur le désespoir complet. Et les historiens et les témoins disent qu'il n'est pas mort dans les flammes de son laboratoire, mais qu'il s'est bêtement suicidé. Ils ne disent pas que l'inquisition l'a peut-être brûlé. Comme on brûle les NEM, les intellectuels, les "faibles" et autres handicapés dans la logique de ces criminels qui mériteraient eux la perpétuité. Méphisto n'est que séduction. Il fallait être désespéré pour que le peuple suisse se jetât entre les bras d'un sauveur prétendu comme Blocher, dont Pierre-Yves m'a dit samedi qu'on "espère vite le voir partir", que "sans cela, rien ne peut basculer en ce pays".
Qu'est-ce que la droite peut comprendre au changement? Elle qui prône seulement le conservatisme. Et puis, c'est faux que tout est économique. Cela montre à quel point la droite est bête. Elle a sacrifié toutes ses valeurs à la plus basse de toutes les prétendues normes qui se puissent donner.
Oui, il faut que l'homme se maquille et se regarde dans un miroir s'il est une femme, qu'il plastronne devant sa glace et s'enrichisse s'il est un homme. Et les basses puissances de l'âme sont toujours derrière.
Je n'ai cessé d'écrire sur le fascisme et de le détester. Je suis sceptique aussi sur la tendance répétitive de l'Europe à créer sciemment des ghettos. C'est affaire, non de "structures", mais de conscience et de volonté avant tout.
Et cette focalisation sur Ruey ?
Gorge : Non, je ne suis pas obsédé par ce Ruey, c'est juste qu'il cherche à intervenir dans nos vies d'une manière inacceptable en nous plongeant tous dans un monde si dual que l'on en est arrivé à n'avoir que deux dimensions!! Et au nom d'un "humanisme libéral" gélifié dans la torpeur consommatrice, il intervient presque tous les jours, apposant sa griffe acérée sur le visage de tous les humanistes qui respectent les autres !!
BEURKK !!
La lutte des classes ne fait que commencer! Depuis 1789, nous le peuple, nous avons abattu les monarques, les dirigeants plénipotentiaires ploutocratiques mais nous avons toujours oublié la bourgeoisie que sont les milliardaires, les millionnaires, les sbires du grand capital financier, cette néo-bourgeoisie composée de médecins, d'avocats obnubilés par la mondialisation financière et leurs représentants dans les assurances, les banques, le commerce, l'industrie et le tourisme...
Cela fait beaucoup de monde et ils nous prennent tous la tête avec leurs discours moralisateurs, contraignants, jugeants, castrateurs, emprisonnants, empoisonnants, moribonds, élitistes, d'une violence mille fois plus violente que celles des plus révoltés des jeunes...
Mais, vois-tu, de là à déclarer la guerre totale à ces nababs, il a un pas que je ne franchirai pas car je pense que cette ignominie se détruira d'elle-même et entraînera dans sa chute toutes personnes qui, d'une manière ou d'une autre, de près ou de loin, s'approcheront trop de leur infâme présence, soit par connivence, soit pour les combattre. Encore une fois, la lutte (pour moi, s'entend !!) se trouve dans la construction que nous entreprendrons pour fabriquer un monde plus juste avec les gens qui ont les mêmes buts et envies !!
Chaque fois que je sors d'une discussion avec l'horreur fasciste et archi-conservatrice, je dois me laver consciencieusement pour enlever toutes traces brunâtres et postillons malodorants !!!
Mon seul credo est : faisons nos vies intègres, construisons une société où chacun se trouvera une place et vivra pleinement un tout holistique. Utilisons nos forces vives pour amener ce changement de vision et de mentalité et non pour "lutter" contre ces blochiers, ruées et consorts qui vont de toute façon devoir répondre de leurs crimes impérieux et impériaux d'ici peu sans que nous ayons à les provoquer...
Je conclu en disant: «Je souhaiterais que cette classe blochérienne vive une seule journée la vie d'un quidam ordinaire». Il n'y a rien à ajouter.
Pristoche : Dans tout autre pays normal, les guignols criminels de l'UDC et leur fou en chef seraient déjà condamnés à la perpétuité et jugés.
C'est dire si la Suisse va mal. Nous méritons autre chose.
Gorge : C'est encore plus grave que cela : en analysant attentivement le discours de droite, j'ai constaté que le fond de son argumentation repose sur des notions dont on n'a pas défini avec exactitude le sens, soit LA LIBERTÉ, LES VALEURS, L'INTÉGRATION, LE TRAVAIL, LA FAMILLE, LA PATRIE, ETC... Ce qui permet toutes les interprétations possibles et surtout, permet d'opérer l'idéologie sur laquelle elle pourra distinguer ses ennemis et leur faire la guerre. En fait, les généraux Guisan, Pétain, Pinochet, Hitler, Mussolini, Staline ont TOUS utilisé ces notions pour mener leurs politiques démagogiques contre les gens ordinaires qui luttent pour que chacun ait sa place reconnue dans une société conviviale et populaire. Guisan, Pétain, Pinochet, Reagan, Thatcher même combat, même guerre !!!
Bien cher ami, le fascisme des années trente n'est pas mort et la deuxième guerre mondiale ne l'a pas exterminé car ce n'était finalement pas là le but. Ce fascisme continue sous d'autres formes et il perdure toujours avec le même acharnement, la même mauvaise foi, les mêmes idéologies de base !!
Finalement, et c'est pourquoi je prends ce Ruey en exemple, toute personne qui met en avant les termes de LIBERTÉ, VALEURS, ETC fait partie de ce fascisme car c'est au nom des ces "VALEURS" qu'il nous livre la guerre qu'on connaît. C'est pourquoi je ne m'étonne pas de voir l'apparentement radical-libéral-udc (ils ne méritent pas les lettres majuscules !!), parce qu'en fait et dans les faits, ils tiennent tous ce même discours. Le plus préoccupant est ce parti soi-disant "socialiste" qui veut aussi défendre des "valeurs", c'est-à-dire partir en guerre !!!
Notre lutte doit être celle de la constitution d'une société solidaire où chacun y trouvera ses moyens d'actions, ses relations humaines avec autrui, et où cette société sera le résultat de l'activité de chacun et non de son intégration forcée, contrainte par une loi sur "l'intégration" que l'udc veut faire passer aux chambres d'ici l'année prochaine, créant ainsi la distinction entre les "bons" suisses citoyens responsables et les autres râleurs, critiqueurs et démolisseurs de l'intelligentsia dirigeante, friquée, ampoulée...
Pristoche : N'as-tu pas réalisé que les blochériens sont maintenant des "gens normaux"? Ils rentrent dans la nouvelle "norme" helvétique, européenne, de race blanche.
Gorge : Je suis en train de "réaliser" plein de trucs et cela me mortifie car je peux constater que je ne suis pas assez doué pour combattre ces dérives avec efficacité et durablement...
Malgré tous mes efforts pour ne pas être entraîner dans des discussions où je risquerais de passer pour un illusionniste rousseauiste, angélique et apologique, malgré tous mes efforts pour ne pas être pris pour un "constructiviste" totalitaire, pour un extrémiste qui veut imposer sa règle aux autres, un vert qui veut tout interdire, un cycliste qui dépasse les automobilistes par la droite pour tourner à gauche, un apôtre ou un apologiste de la violence islamique et de la délinquance juvénile ou du père albanais qui aurait administré des baffes à une maîtresse, je me suis retrouvé à plusieurs reprises pendant ces "fêtes" pris dans des discussions avec des gens qui se sont révélés être des blocheriens réactionnaires notoires (alors que je les croyais normaux !) et qui, malgré toutes les précautions que j'ai prises pour ne pas tomber dans les travers dualistes et jugeants ou les pièges qu'ils tendaient, ont quand même réussi à m'accuser de vouloir les imposer une idéologie, d'être un écologiste fanatique, un affreux qui veut "comprendre" l'inacceptable au lieu de le condamner. Même lorsque j'ai tenté de les faire comprendre qu'il y avait dans leur discours tous les éléments dont ils m'accusèrent, ils sont restés imperturbables dans leur jugement suprême et ils m'ont fait passer, devant une tablée, pour un con...
J'ai compris que ces discussions étaient perdues d'avance pour moi car à aucun moment ces gens ont cherché à entendre, à comprendre, ni même à simplement écouter parce que pour eux, la seule chose qui comptait, c'était de "gagner" la discussion et d'être "supérieurs" en faisant passer l'autre pour un con...
Oui, nous devons mieux discuter entre nous en vu de mieux comprendre ce qui arrive, de se consoler des coups durs que nous recevons et finalement mettre sur pied des stratégies pour mieux répondre à la logique réactionnaire "blochérienne", soit la logique duale (bon-suisse/mauvais-suisse !), simpliste (bien/mal !), condamnatrice (moralisatrice), où le seul but semble être celui d'écraser son "adversaire" et de le faire passer pour un con...
Bref et en résumé, par rapport à ces discours affligeants, cette année 2007 peut-elle être "bonne" et ne risquons-nous pas par nos discours qui cherchent à comprendre, de passer, quoiqu'il en soit et quelque soit nos manières de faire, pour des cons...
Et maintenant ces gens de l'udc s'attaquent à la politique de gauche qu'ils croient être à l'origine de la "décadence" suisse et lorsqu'on les fait remarquer que c'est la droite qui est au pouvoir et qui a fait les lois et que ces lois sont donc très à droite, ils accusent la droite centriste de faire une politique de "centre gauche" ! Dans la foulée, ils accusent les VertEs d'être à l'origine des actes de racisme parce qu'ils chercheraient à "comprendre" l'inacceptable et qu'ils ne seraient pas assez intransigeantEs envers les abus des réfugiés, des RMI-istes, des AI-istes, des chômeurs, des jeunes en rupture, des "mauvais" étrangers (oui, il y aurait des "bons" étrangers qui payent leurs impôts chez nous), des paresseux, des gens qui ne veulent pas s'intégrer, qui ne veulent pas s'enrichir et etc !!
Mais quand est-ce que ces "gens normaux" vont-ils se réveiller et prendre conscience de leur responsabilité dans l'état actuel de la société ?
Et quand vont-ils comprendre que les problèmes monstrueux à résoudre ont été amenés par leur propre activisme politique démagogique à laquelle a participé toute la droite du centre-gauche à la droite extrême ??
Ils gueulent parce que le pays n'est plus assez "suisse" mais qu'est-ce d'être suisse sinon l'importance donnée aux affaires, aux banques, à la création de richesse, à sa voiture automobile et sa propriété privée, au matérialisme et à toutes une série de "valeurs" pour lesquelles on partirait en guerre ???
J'ai effectivement des sérieux problèmes avec les "gens normaux" et je réalise que je ne suis absolument pas "intégré" à ce pays, ni rentres-je dans la nouvelle norme et je maudis ma sale peau blanche gluante, visqueuse, toxique, pleine de "quant-à soi", de valeurs, d'impressions de supériorité, etc...
Mieux vaut se nourrir de vaines illusions que de ce réalisme à la "Blocher" et tant pis pour ces pisse-froids qui nous les cassent avec leur pragmatisme, leur commerce et leur marché de dupes. Si ce monde avait un peu plus d'illusions mêmes vaines, un peu plus d'espoir même fragile, un peu plus de rêves mêmes minimes, la vie serait quand même plus tenable et viable. Mais avec cette commercialisation de la vie, avec cette course effrénée pour la richesse et le pouvoir, je préfère quand même me perdre dans des illusions surtout lorsqu'elles sont basées sur ce qu'il peut avoir de beau chez l'être humain. Mais bon, on m'a déjà passablement traité de "rousseauiste" et cela ne m'a jamais déplu, au grand dam de ces rationalistes qui prétendent "diriger" cette maudite planète et ses fichus habitants anarchiques qui ne font qu'à leurs têtes, réfractaires qu'ils sont aux injonctions de leurs supérieurs...
OUI, il faut absolument qu'on se tienne les coudes dans cette époque du tout et n'importe quoi élevé au rang de projet de société; tu as sûrement vu que la société de gymnastique de Morges va poser nue pour son calendrier 2007, belles fesses en perspective et la nomenclature de se plaindre que "tout fout le camp" comme si elle n'y était pour rien dans cette affaire !!
Allé, arrêtons là cette nième complainte et au moins entre nous, hommes et femmes de bonne volonté, sachons rêver, se bercer d'illusion et se croire artistes !!
Pristoche : ET SUIVRE SES IDÉAUX ! EST-CE INTERDIT ?
Gorge : Eh oui mon pauvre ami, si tes idéaux ne sont pas ceux de la normalité, alors c'est interdit !
Tout idéal qui n'est pas dans la lignée néolibérale, qui n'est pas axé sur le marché, qui ne fait pas la part belle à cette économie basée sur le profit, le moins cher, la camelot sans âme fabriquée industriellement, qui ne vante pas la concurrence et la productivité, qui ne glorifie pas les dirigeants, est devenu presque une contestation de ce monde que d'aucuns s'efforcent de désigner de "moderne" !
Mais la vrai modernité, n'est-elle pas celle de cette empathie que nous devrions arborer, de ce respect que nous devrions accorder les uns aux autres, quelque soit cet "autre", quoiqu'il ait fait, de ce projet de société où chacun est appelé à contribuer par sa vision particulière, homérique, intense et humaniste, de ce sens de la participation qui peut aider les gens à vivre mais qui est tant décriée par cette droite qui ne voit dans ce terme que du "communisme" ou du "constructivisme" honnis car elle croit que ceux-ci ne sont qu'une contestation de leur autorité ???
Le problème à présent est de savoir comment s'y prendre pour faire passer ce message sans être pris pour un "constructiviste" totalitaire, pour un extrémiste qui veut imposer sa règle aux autres, un vert qui veut tout interdire et de savoir comment faire pour ne pas tomber dans les travers dualistes et jugeants et les pièges qu'ils tendent, pour ne pas être accuser de vouloir imposer une idéologie, d'être un écologiste fanatique, un affreux qui veut "comprendre" l'inacceptable au lieu de le condamner. Comment faire comprendre quoique ce soit à quelqu'un qui à aucun moment ne cherche à entendre, à comprendre, ni même à simplement écouter, qui reste imperturbable dans son jugement suprême et pour qui, la seule chose qui compte, c'est de "gagner" la discussion et d'être "supérieur" en faisant passer l'autre pour un con...
Pristoche : Est la fin du cynisme ambiant ?
Gorge : Tu rêves (mais moi je trouve que le rêve, c'est très bien !!) mais on n'est pas à la fin du cynisme ! Au contraire, cela ne vient que commencer et cela s'appelle le "réalisme". A plusieurs reprises, ces "gens normaux" udc m'ont jeté à la tête ces accusations d'être trop "gentil", trop compréhensif, et que je devrais revenir à plus de "réalisme" car, selon eux, mes attitudes exacerbèrent les sentiments racistes et que si les gens sont si racistes, c'est parce que je serais trop "gentil" avec "ces gens qui sont comme ceci ou comme cela" et que je ne chercherais pas assez à les punir !!! Malgré tous mes efforts, on me prend pour un illusionniste rousseauiste, angélique et apologique, pour un apôtre ou un apologiste de la violence islamique et de la délinquance juvénile.
Pristoche : ON DIT QUE LES BLOCHERIENS SONT DES "GENS NORMAUX" !
EN TOUT CAS, FAUT PAS S'AVEUGLER... OU NE PAS SE RENSEIGNER.
Gorge : Non, ce n'est pas cela, on fait allusion au fait que ces gens se croient "normaux" parce que majoritaire d'un côté et d'un autre, la normalité se situerait chez eux et que le reste de la population ne serait juste bon qu'à suivre les injonctions moralistes des gens normaux !! Les gens normaux donnent une immense importance aux affaires, aux banques, à la création de richesse, à leurs voitures automobile et leurs propriétés privée, au matérialisme et à toute une série de "valeurs" pour lesquelles ils sont prêts à partir en guerre !!!
Ce n'est pas nous qui sommes con, ce sont tous ceux qui se croient normaux !!
Mais comme je désapprouve entièrement cette désignation de "con", je ne vais pas l'appliquer à quiconque quelqu'il soit !!
Pristoche : LE COMMERCE, C'EST VRAIMENT AFFREUX, CAR C'EST LA RUINE DE TOUS LES AUTRES MÉCANISMES SOCIAUX: LA FRATERNITÉ, LA CHARITÉ SPONTANÉE, L'ART VÉRITABLE, ET NON L'ART COMMERCIAL, LA BEAUTÉ, LA GRATUITÉ, LE SENS DE SERVIR.
Gorge : Oui, discutons entre nous pour mieux comprendre ce qui arrive, pour se consoler des coups durs que nous recevons et finalement mettre sur pied des stratégies pour mieux répondre à la logique réactionnaire "blochérienne", soit la logique duale (bon-suisse/mauvais-suisse !), simpliste (bien/mal !), condamnatrice (moralisatrice), où le seul but semble être celui d'écraser son "adversaire" et de le faire passer pour un con...
Bref et en résumé, par rapport à ces discours affligeants, sans avoir peur de passer pour des cons, affinons nos discours et cherchons à comprendre, quoiqu'il en soit et quelque soit nos manières de faire. Aidons ces "gens normaux" à se réveiller et prendre conscience de leur responsabilité dans l'état actuel de la société, à les faire comprendre que les problèmes monstrueux à résoudre ont été amenés par leur propre activisme politique démagogique à laquelle a participé toute la droite du centre-gauche à la droite extrême !!
Pristoche : JE CROIS QU'ON PEUT VAINCRE L'UDC PAR LA RUSE. PAR L'AFFRONTEMENT, JE NE CROIS PLUS !
Gorge : ...entre nous, hommes et femmes de bonne volonté, sachons rêver, se bercer d'illusion et se croire artistes et ne cherchons plus à casser de l'udc !!
Comme je l'ai dis à plusieurs reprises, si nous affrontons l'udc, nous ne nous mettrions qu'à leur niveau et nous deviendrions comme eux bêtement réactionnaires, stupidement bête, des freysingers tellement gonflés qu'il faudrait des amarres de navires pour les garder sur terre. C'est comme j'ai pu le constater à plusieurs reprises, ils creusent eux-mêmes leur propres tombes et ils se pendront aux cordes qu'ils ont eux-mêmes fabriqués. Nous pouvons faire de sort à ce que leur fin soit hâtée en nous comportant comme des vrais humanistes, comme des êtres réellement conscients, comme des éclaireurs de la nouvelle évolution vers plus de solidarité, de compréhension, de véritable intelligence.
Pristoche : Toute lutte est longue, et même si la cause des réfugiés opprimés est mal comprise, il faut la défendre.
Et ces modèles sont indispensables dans le passé, car il n'y en a aucun dans le présent. Malraux n'est que l'un d'eux.
Sache que je suis en effet très patriote, mais fortement opposé à la droite toute entière, et que je la défie à moi seul, avec ou sans ceux qui voudront me suivre.
Ensuite, je me refuse à abuser de toi et à t'entraîner dans un combat coûteux pour tes forces, si tu n'y crois pas. Moi, je mourrais demain que dans ma tombe, j'y croirais.
Enfin, sache que je n'ai jamais abusé du mot "chrétien". Ni de la foi, car Dieu est mon seul vrai ami dans ce monde mécréant. Et je le retrouve en toi aussi.
Quant aux liens entre le fascisme et le christianisme, je les réprouve. Ils sont réels, mais ne doivent pas t'arrêter à la beauté du message chrétien, qui touche les humbles, les petits, les heureux, les gens simples, les gens honnêtes, les gens dévoués, et les courageux.
Nul n'est appelé à l'impossible. Mais chacun est appelé dans sa vie. Et à la grandeur si possible.
C'est quoi, la grandeur? C'est l'amour. Et puis, c'est de dépasser sa part mortelle pour accéder à quelque chose de plus grand. Quoi? Une forme d'humanité plus juste, précisément. Une manière d'être moins égoïste. Et puis, dans le contexte d'aujourd'hui, un penser-à-l'autre plus grand.
Gorge : Nous devons être unis pour terrasser cette barbarie et sauver les petits migrants qui sont la proie innocente de ces brutes. Mais le problème n'est pas là, nous devons savoir comment on pourrait s'y prendre et avec quels moyens : va-t-on se poser en justiciers et "partir en guerre" et avec force armes pour faire exploser ces gens au nom d'une "chrétienté", d'une "morale" ou d'un principe supérieure ou va-t-on enfin chercher à comprendre ce qui se passe et agir en conséquence ?
Ce n'est pas que je n'y crois plus à la lutte, c'est que j'ai évolué d'un stade de rébellion agitée et de lutte enflammée à un moment de considération holistique sur ce qu'est la vie et quel serait son but car, n'en déplaise aux matérialistes de la consommation, moteur de l'économie, il y aurait un but au-delà de nos croyances platement matérielles (même celles du "bonheur" !) et celui-ci n'est pas immédiatement visible, il ne se voit que par les expériences que nous faisons dans la vie! Peut être que mon âge a quelque chose à voir là-dedans, le fait que j'ai vu la mort de très près à plusieurs reprises et c'est pourquoi je fais gaffe de ne pas faire toute une "spiritualité" totalitaire à ce sujet. Peut être que je suis devenu tellement méfiant de toute imposition spirituelle de quelques bords que je refuse de l'appliquer aux autres même si ces "autres" sont des barbares, des brutes, des fascistes notoires...
Tu as tort d'estimer que je m'estime insuffisamment car après de longues années d'analyse ardue et prenante, j'ai dû faire le constat de ce que je suis et de ce que je peux et l'admettre sans verser dans l'auto-flagellation, les dérives en corner ou les autojustifications biaisées. J'ai dû arrêter de croire que je peux être tout puissant pour enfin me voir tel que je suis et cela a été pour moi un supplice qui vaut celui de notre ami clouté sur une croix...
Je n'ai jamais dit que le christianisme était fasciste, j'ai dit que les brutes en question utilisent le christianisme pour imposer leurs diktats à la population pour les soumettre à leur merci et convenances. C'est contre l'utilisation des nobles percepts humanistes tel l'amour, le respect, la solidarité et la compréhension à des fins dictatoriaux que je lutte mais avec les moyens de l'action non-violente, comme par exemple - savoir faire retourner l'épée contre son brandisseur, retourner la flamme contre son incendiaire, retourner l'insulte à son expéditeur.
Quant-à chercher le "GRAND", il me semble qu'il serait déjà assez grand de se voir tel qu'on est, de prendre les gens pour ce qu'ils sont, de comprendre le monde tel qu'il est, de faire ce qu'il nous est possible de faire, de s'investir à la hauteur de ce possible, de ne pas se prendre pour un héro et d'arrêter de pousser les gens, au nom d'une religion, d'un patriotisme exacerbés, à être ce qu'ils ne pourront jamais être même avec la meilleure volonté du monde...
Vois-tu, je crois que la politique n'est pas ce que nous voyons tous les jours, soit ce rapport de force exalté, ce pouvoir de conviction, cette manipulation brutale; la politique devrait redevenir la possibilité donnée aux gens de se construire et d'être eux-mêmes, et plus simplement, le "vivre ensemble"...
Pristoche : Ne pensons plus à ces nuls de droite, pensons à Hélène Kung, à notre combat et gagnons! Nous gagnerons !
Gorge : Je te souhaite une bonne santé pour l'année 2007 et que tu puisses mener à bien tes efforts pour la conscientisation des gens et de leur émancipation de la pensée-unique droitière...
Chapitre 4
Il est bizarre notre avenir !
Pristoche : Vivement que l'actualité se calme, et que l'on y voie plus clair...
Gorge : Mon pauvre ami, non seulement l'actualité n'a aucune chance de se calmer mais je crains que tout cela ne soit qu'un début d'événements dont nous ne soupçonnons pas la force tellement l'être humain sous sa forme mercantile, ravageuse, accapareuse, égoïste, exploitatrice, sur-moïste (sadique!) et aveugle domine! Je ne vois nulle part une véritable prise de conscience et ces gens qui veulent apporter des "solutions" aux problèmes de société, ne le font que par intérêt personnel et pour s'assurer des gains énormes sur les marchés boursiers qui flambent ces temps et qui vont crasher en temps voulu !!
Pristoche : Je me permets de te répondre du tac au tac, si cela ne te dérange pas ! Oh oui, Gorge, tu as grandement raison !
C'est intéressant, ce que tu dis.
Je me suis toujours dit: pourvu pour que ces hideuses, amorales, cruelles et invraisemblables lois de septembre dernier soient les dernières du genre. J'ai clairement réfléchi ces huit mois en examinant une par une toutes les solutions, et j'espère pouvoir contrer. Il y a bien des forces, Hélène Kung pense aussi qu'elles gagneraient encore à s'unir, je vais revoir Dolivo prochainement et entre nous, je ne me suis retiré que pour mieux réfléchir.
C'est mot pour mot, ce que j'écrivais ce matin à l'Abbé Crausaz de ma paroisse, et cela peut nous réjouir sur un point: jamais l'église d'un côté, la gauche de l'autre, bien que procédant d'une autre expérience de la justice, n'ont été aussi proches. Il faut croire que le mal rassemble contre lui tous les horizons.
En effet, marre du marché, autant que Strauss-Kahn peut en avoir marre, et marre des noms prétentieux et pseudo-scientifiques dont se pare cette imposture, qui ne bénéficie que du conformisme. Sans ce conformisme, ce serait déjà la révolte et la grève générale depuis longtemps.
Oui, tu dis vrai: avant d'apporter des "solutions", il faut apporter la joie et être généreux. Et désintéressé. Donc penser à des solutions qui prennent en compte l'intérêt général.
De mon côté, je fais le même constat: course affolée de chacun dans tous les sens, et un pays qui a perdu la tête.
Gorge : Ce n'est pas la tête que ce pays a perdue mais sa conscience, sa vision altruiste, son envie de beauté, son humanisme, son rapport à lui-même et aux autres, ses choix spirituels et son âme. Il s'est investi à fond dans l'enrichissement matériel, dans sa gloire consommatrice (voir le récent salon de l'horlogerie de luxe!), dans son pouvoir sur les autres et il ne voit pas que ce qui se passe de nos jours n'est que la conséquence de cette orientation. Alors lorsque j'entends les gens au pouvoir râler contre ces jeunes parce qu'ils n'ont pas envie de "s'intégrer" à cette société, et qui passent leur temps à les jugent comme étant trop "anarchistes" et à s'énerver contre eux parce qu'ils ne veulent pas "travailler" et qui les accusent de ne penser qu'à faire "chevrer" l'adulte, je ne peux pas m'empêcher de penser que ces gens sont directement responsables de cette attitude et qu'ils ont cultivé ces sentiments pour avoir une bonne raison de "talocher" les jeunes au nom des sacro-saint principes disciplinaires du respect dû à l'autorité et à ses valeurs !!
Pristoche : Ce sont des sentiments laids.
Et je trouve encore plus laid le mépris de la personne humaine que véhicule l'UDC. Ces gens me font frémir de colère, de peur et de honte: que font-ils en Suisse, si c'est pour y semer des choses pareilles? Mais ils sont à l'image du capitalisme: ils inventent, et ont toujours inventé une machine de flatterie à bon marché qui cache leur totale absence de projet. Ce qu'ils veulent, c'est une Suisse uniforme et sans un pli de travers, donc un Auschwitz néolibéral géant et une uniformisation cynique. Tant que ce parti sans morale restera au gouvernement, tout ira mal, ou plutôt les bases pour que la situation s'améliore ne seront pas réunies.
La consommation est une attitude de fuite.
Travail, aujourd'hui? Je dirais: bêtise collective et "forge", mais le travail a au moins la noblesse d'être mené par d'autres personnes que des gens qui savent.
Oui, ces gens sont responsables.
Ils ont fait leur carrière comme tout capitaliste: en exploitant les autres et en dressant les uns contre les autres. Quand est-ce que les gens comprendront que le capitalisme n'est QUE cela ?
En tant que chrétien, je ne peux souscrire à quoi que ce soit de la droite, car elle s'est mise à spolier les pauvres et les tourmenter, elle se met à créer des inégalités. Donc elle s'éloigne de Dieu et de Son grand dessein de justice. Si Jésus est allé vers le riche percepteur, c'était pour qu'il se repente, pas pour qu'il s'enrichisse. Et je souhaite à tous ces gens de s'approcher des exclus qu'ils créent - car c'est un échec politique complet que d'avoir fabriqué des mécanismes d'exclusion, ce n'est pas une réussite.
Sacro-saints principes de quoi? Leur pseudo-morale vient d'une déviation néolibérale de Mai 68 qui avait des idéaux pourtant, et je ne vois pas l'once d'une préoccupation morale chez ces gens. Le "chacun pour soi" n'est pas une morale: c'est une tabula rasa sur toute morale.
"Driller les gens", "harceler les gens" - comme ces Maurer, ces Furrer et autres Pelli, et autres Freysinger, et autres Parmelin le proposent - c'est fermer les yeux sur le mal que EUX installent: c'est non seulement créer un état social généralisé de dislocation du corps de la société, mais en plus tenir un discours qui accuse leurs victimes. C'est un comble !
De toute façon, leur "projet" social n'a aucun avenir.
Le coeur humain est plus vaste que cela. Le capitalisme a déjà perdu justement en prenant toute la place. Il est piégeant de prendre trop d'importance.
Et quelle vacuité chez les Suisses! Que la consommation, en effet, et pas d'idéaux !
Heureusement, Gorge, je vois de-ci de-là des jeunes militants engagés pour telle cause, et je vois que ceux qui sont proches de l'église ou des mouvances de gauche sont des êtres qui espèrent et se donnent complètement à leur idéal.
Tant qu'il y a des gens, et tant qu'il y aura des Suisses prêts à se battre et à se sacrifier pour leur idéal, ou tout simplement à se mobiliser, il ne faut pas désespérer de ce dévoiement matérialiste hideux, que la Vie remettra à sa place.
Même si nous dialoguons nous deux en ayant l'impression d'être en minorité, ou peu entendus, notre dialogue n'en a que plus de sens. Je repense à ce que Malraux disait sur l'appel du 18 juin de De Gaulle: il n'était pas entendu et passait pour fou, on riait presque de lui, et pourtant, il a lancé son appel.
Donc si quelque chose en nous nous fait dire que ce à quoi nous tenons a autant de force que ce qui détient un pouvoir usurpé dans ce monde, c'est que la lutte existe, et l'équation nous donne une lutte égale.
Egale est la volonté de justice et la part de l'homme qui résiste à toutes les forces des ténèbres qui veulent le soumettre à l'esclavage.
L'esclavage est justement ce contre quoi la gauche et le christianisme se battent: l'homme doit être sorti de ses chaînes. C'est la défense de la dignité humaine, qui ne va pas de soi puisque les forces sauvages du libéralisme lui donnent un assaut coupable, que le Christ, dans sa sérénité et son amour, condamne comme ne venant pas de Lui.
Ceux qui veulent diviser l'humanité se trompent: il faut unir.
La "concurrence" divise au lieu de réunir. L'esprit de peur à la base du matérialisme rend égoïstes et exempts de la gratuité qui est nécessaire à la juste paix de l'esprit.
Ce qui est l'opposé génial et ultime de la concurrence, c'est la communauté. Ce qui s'oppose à l'homme économique, c'est l'Homme. L'Homme n'est réductible à rien, et il est sacré. On ne peut en faire un objet.
C'est là... C'est là le grand désespoir de notre temps: une foi dans la machine et une peur telle de la mort que l'on préfère l'esclavage de la machine à la liberté de l'homme devant la vie et devant l'homme, et devant la justice qui est humaine.
Tant qu'il y a des gens prêts à rester lucides comme toi, cette ère de ténèbres n'est pas si épaisse que cela. Je me contente d'observer silencieusement, et de garder quelques forces.
Gorge : Malheureusement, la présence de personnes lucides comme moi ou toi ou Jean-Michel ou tant d'autres ne font qu'accentuer l'épaisseur saisissante des ténèbres qui affectent notre ère car le ravin qui nous sépare des leaders économiques et politiques est devenu de plus en plus infranchissable au fur et à mesure que nos interprétations de la vie varient. En effet, le plus que nous voyons ce qui se passe, le plus que le monde "réel" se retourne contre nous et nous utilise comme bouc-émissaire...
Pristoche : Bon, que dire? Jean-Michel est irrécupérable, car son combat pour les ouvriers jadis, et pour les réfugiés, est juste en lui-même.
Pour ta part, tout ce que tu fais peut porter des fruits à qui veut l'entendre.
Et de mon côté, je reste caché, et j'ai étudié à fond l'extrême droite d'un côté, la question de la dégradation des conditions de vie des réfugiés de l'autre.
Il suffit que les temps basculent, et notre lutte fausse hier sera juste aujourd'hui.
Ce n'est qu'un système en faillite qui brûle, pour avoir besoin de se chercher des boucs émissaires. Il ferait mieux de voir à quel point il piétine l'Etat de Droit, la justice, l'humanité et le Christ. Aucun UDC n'a le droit de se dire chrétien, car ils sont justement à prôner le mépris de la personne humaine, et je te signale que depuis 1945, aucune extrême droite en Europe n'a pris le pouvoir comme celle de Suisse, et que même le FPO en Autriche n'a pas eu cette durée et ce champ de manoeuvre. Comme me le disait un ami, ces gens-là "scieront la branche sur laquelle ils se sont assis". Car que veulent-ils encore? Ils ont réalisés tous leurs rêves malsains et dressé contre eux tous les horizons: déjà la stigmatisation va se retourner contre eux, et ils vont subir... La loi du temps...
J'ai souvent été traité de bouc émissaire, Gorge. Mais j'ai l'habitude et je regarde avec détachement et indifférence cette stigmatisation facile.
Quand on a des convictions sociales très fortes, ou une foi qui ne vacille pas, ou encore un humanisme combattant et lucide, on a toujours un sol sur quoi s'appuyer.
Gorge : Tout ceci me fait dire que nous avons meilleur temps de chercher ailleurs les réponses aux problèmes que nous posent les leaders globalisants car sinon nous allons être aspirés dans l'aspirateur monstrueux de cette modernité frelatée et consommatrice d'hommes...
Pristoche : Bien cher Gorge, les gens de l'économie me sont immensément indifférents. Je ne pense qu'aux humanistes, aux artistes, aux politiciens engagés, aux esprits libres et amoureux de la liberté de l'esprit, aux chrétiens, aux militants de gauche, aux gens engagés, aux travailleurs sociaux, à mes amis... Et les autres, ceux qui veulent participer à la violence ?
On fait erreur de trop s'en approcher. Mais le mal contient un germe d'auto-désagrégation. Il faut laisser le mal pourrir tout seul et garder son âme pure et intacte, ne pas manger de ce pain-là.
Même en vitupérant contre eux !
"Frelatée" est bien le mot, car toute personne authentique ne peut s'y reconnaître.
Gorge : Moi cela ne me dérange pas du tout que cette époque tire à sa fin car je pourrais enfin construire autre chose avec les bonnes âmes qui resteront après la destruction finale!! Alors ne te déprimes pas sur l'état actuel de cette société car c'est somme tout logique et penses à ce que nous pouvons faire lorsque les forces de domination se seraient auto-liquidées !!
Pristoche : Merci de tes propos, cher Gorge !
En effet, il me semblait bien que les choses étaient déplacées, que les coupables étaient présentés comme des petits anges et les innocents accusés de Dieu sait quoi! Et que cette machinerie folle et inhumaine va se briser toute seule dans son accélération stupide !
Toi non plus, ne te déprime pas !
Ressource-toi !
En ayant de brefs contacts avec Pierre-Yves Maillard, j'ai compris qu'il cherche lui aussi à retrouver un appui ailleurs loin de cette violence, et il fait bien. Quand on défend ce qu'il défend avec nous, on ne peut pas se laisser envahir par ce qui est négatif, il faut préserver sa pureté.
"Auto-liquidées" me semble une bonne expression. Qui veut faire l'ange finit par faire la bête, et c'est ce qu'ils ont fait, ce me semble.
Je crois aussi qu'il y a aujourd'hui un discret, mais déjà palpable sursaut de solidarité en Suisse qui commence, et il faut en témoigner. Sa force est au moins aussi lumineuse que ce qu'elle vient rédimer.
Gorge : Vive l'effondrement de cette société de cons - sommation et l'avènement d'une société solidaire !!
Pristoche : Vive aussi la solidarité...
Que pourrons-nous faire? Je pense: créer une autre loi humaine sur les réfugiés, créer un fonds suisse pour les plus pauvres redistribué aux églises et aux services sociaux, consolider l'assurance chômage, augmenter le revenu minimum et limiter les revenus exorbitants pour les redistribuer, consolider l'État social, créer un droit du travail plus contraignant pour les employeurs et lutter contre le travail temporaire, pénaliser l'arbitraire de toute sorte et le mobbing, protéger la planète, accueillir les étrangers qui veulent régénérer notre pays en l'enrichissant de leur identité belle et autre, Unifier la solidarité et la société, retrouver ce qui nous servait de fondements comme la justice et l'égalité démocratique, remettre l'État et l'homme au-dessus de l'économie. Et puis... éduquer l'homme à la gratuité et à la générosité. La morale est une base indispensable à toute vie sociale, et elle suppose que l'existence d'autrui soit portée au moins aussi haut que la nôtre.
Bien cher ami, sur ces paroles d'espérance, que nous voulons voir se concrétiser dans la réalité, pensons, comme tu le dis si justement et si fortement, à l'avènement de la justice future !
Et pensons à toute la lumière qui va arriver, et laissons derrière nous toute l'obscurité qui pourrait nous venir encore du passé.
Je suis bien avec toi, et sache que même si c'est peu de choses, je te dis que j'espère que ce temps de passage se déroulera le mieux possible pour toi. En tout cas, je penserai tout fort à toi, c'est promis !
Tu as raison de penser: préparons l'avenir, car l'Europe est dans une danse historique de changement. Certes ce n'est pas assez au niveau de la défense des citoyens contre le capital, mais il y a l'espoir de remettre la démocratie par-dessus le capital, et par ailleurs la fraternité plus haut qu'un individualisme de masse.
En suivant la campagne présidentielle française autant que mes cours m'en laissaient le temps, j'ai été impressionné en bien par la convergence de Ségolène qui pense rénover la gauche, et de Bayrou, qui fonde un nouveau centre, et cela m'a plu de voir que la ligne de partage passait entre les extrémistes berlusconiens de cet agité et tous les autres.
C'est dire si ce même schéma risque de se reproduire en Suisse. Car nous sommes dans le "retour de l'histoire". A l'autocrate Berlusconi, chassé, correspondent terme à terme le cupide Schröder, l'irresponsable Blair, l'arriviste inégalitaire et antidémocratique Sarkozy, et notre cher petit tribun des montagnes qui va sans doute "refuser de débattre" d'ici octobre, car c'est douteux qu'il ne s'expose, et il se repliera sans doute lâchement. Alors qui va défendre en public sa politique? Qui va pavoiser pour défendre un échec lamentable en public ?
Il n'y a besoin de rien, au contraire, pour que cette alternance logique se fasse. Quand la démocratie a à ce point été déformée, il faut s'attendre au changement. Souhaitons donc que radicaux et fascistes s'entraînent mutuellement dans leur chute. Si l'on passait à gauche la barre des cent conseillers nationaux, il serait possible de manoeuvrer !
C'est, en somme, un choix entre le statu quo totalement dépourvu d'avenir, et un futur, quel qu'il soit, où l'on prenne acte des inégalités sociales et, en Suisse, construise un État plus sévère avec le patronat et un État mieux doté socialement. Là encore, la propagande qui hurle à l'étatisme est dépassée au vu de l'histoire actuelle.
Chapitre 5
Mais pourquoi, pourquoi sommes-nous ainsi ?
Pristoche : Tandis que nos oiseaux poursuivent leurs rondes, et avant qu'ils ne s'envolent par bandes pour les migrations, je passe te faire ce petit bonjour avant que de tenter de me remettre à mon travail d'écriture.
Je crois que l'attardement de la pensée juridique de notre pays a de quoi faire souci. Quand je vois que depuis Koller et Kopp, la politique d'asile soumet littéralement le droit à la pratique administrative, parce que c'est plus facile, et que l'administration est un bras efficace, tandis que le droit nécessite de réfléchir (!), je reste sceptique. In jure, on résoudrait bien des questions qui, dans la pratique, donnent lieu à une barbarie floue à force de refus de voir en face les problèmes et de leur donner la solution qui convient. Et là, je vois deux choses dont souffre mon petit pays, notre pays: la prolifération de la bureaucratie et de l'arbitraire, qui facilite une gouvernance de la non- décision et donc une oligarchie (démocratie, où es-tu?); et l'isolement par rapport à l'Europe, frontière que je sens: on fait l'expérience intuitive, on regarde vers la France, ne sent-on pas en face, sur la rive d'Evian, une sorte de "brume" étrange, nous les insulaires forcés? Une troisième me choque profondément, non sur le plan des sentiments, car ça je le laisse à ceux qui se contentent d'une réaction, mais de la pensée: c'est l'impunité d'une certaine violence.
Là encore, on ne regarde pas. Là encore, le droit est suspendu. J'ai failli vomir quand j'ai vu cette affiche lancée tellement tôt par le génie de Herrliberg et sa bande où l'on voit ces moutons, qui donneraient envie de la reproduire avec un Maurer qui donne un coup de patte à un Blocher, ce qui ferait au moins rire !
Mais si Karl a raison de parler d'atteinte à la dignité des ressortissant d'Afrique, on peut s'inquiéter, et on doit s'émouvoir, toujours avec la pensée, d'une chose autrement plus troublante: il y a appel à la recherche et à l'expulsion du mouton noir, quel que soit le sens que le subconscient des malheureuses victimes de cette affiche donneront à ces couleurs qui n'en sont pas.
Si ça, ce n'est pas le Moyen-Âge, qu'est-ce que c'est?
Il est sidérant de voir un pays plein de gens aussi intelligents que la Suisse se complaire à rester au moyen âge, à dire que tout est bien et même "mieux qu'ailleurs" - je ne le fais pas dire! - quand le parti qui domine le parlement publie à large échelle des affiches qui incitent à la violence.
Là où le déni est bien plus profond encore, cher Gorge, c'est que dès le début il y avait de la violence dans leurs affiches.
Alors l'angélisme dont parlait Christoph le naufrageur de notre système social en début septembre, n'est-il pas un angélisme à l'égard de la formation la plus violente jamais présente en Suisse ?
Des affiches peuvent jouer sur l'émotionnel hélas, mais en campagne électorale, on s'attendrait à des affiches qui évoquent le moindre programme. Or là, leur programme, c'est... L'incitation à la violence? Ou bien la légitimation de la violence? Alors les Suisses ont élu pour sauveurs ceux qui les frappaient depuis longtemps, et leur salut passe par la violence? Quel exemple de démocratie! Formidable liberté d'expression, quand la tolérance devient l'inconséquence morale par une vague interprétation de "la liberté démocratique". Ha les mots! On n'a pas le droit de recycler même les mots, une chose est encore sacrée: c'est le sens des mots. Encore ?
Quoi qu'il en soit, ceci est dit avec sérénité.
Gorge : Ah parce que tu crois que les mots ont encore leur sens. Mon pauvre ami, ils ont le sens qu'on leur donne et sont utilisés comme des armes - des mots qui tuent, comme dit le dicton populaire !
Tout est une affaire de perception, on perçoit les choses et les événements selon le sens qu'on leur donne en vue de briser l'autre et le faire se soumettre à son pouvoir. Pouvoir pouvoir - le seul moteur de cette société !!
Démocratie, quelles horreurs n'a-t-on pas commis en ton nom? Combien de gens sont-ils obligés d'avaler d'énormes couleuvres pour se sentir "intégrés" à cette société? Combien de fois devons-nous baisser les pantalons pour fonctionner dans ces conditions ?
Quant-à la violence sociétale, c |