SommaireThéoriesles idées et idéaux Analyse et critique les philosophiesActivismeCe que l'on fait Activités politiques réponses aux attaquesAnarchieÀ quoi on joue Anarchie - MilitantPalestineun peuple oublié pour la fin d'une occupationCRTSyndicat action-direct pour la fin de l'exploitation ouvrièreVotationsla vie politique Référendum, Élections et BulletinsDiscussionentre deux militants activistes |
Le Discours Politique : L' ANARCHIEDOSSIER - les bases de la PolitiqueRedéfinir la Politique - possible . . . vraiment ?
Nouvelles compréhensions du monde Avec les changements sociaux en cours, les anciennes vérités révèlent leurs limites et deviennent caduques. Les grandes découvertes biologiques modernes démontrent que la vie n'est pas qu'un rapport de force où la domination des forces du pouvoir et la loi du plus fort élimine systématiquement le plus faible; actuellement les enseignements tendraient à montrer que tous les aspects et configurations de la vie s'interpénètrent et agissent entre eux d'une manière harmonieuse pour former des écosystèmes vivants et évolutifs. C'est dans cette esprit que nous allons présenter des textes et analyser leurs contenus. Il s'agit de redéfinir le sens même à donner à la politique. Sommaire
l'anarchie circonstanciée !Par François Mauron publié dans Revue Intervalles N° 59: "Anarchisme", juin 2001Ni Dieu ni maître! Le slogan a vieilli, mais reste d'actualité. Témoin une enquête menée par la revue "Intervalles".
Anarchisme = violence. Voici un amalgame qui ne semble plus faire de doute, après le chaotique sommet du G8 à Gênes en 2001 dernier : les casseurs ne se réclamaient-ils pas de cette idéologie? Mais qui connaît vraiment le sens du mot "anarchie"? Venant du grec "anarkhia" (absence de pouvoir), il a traversé l'histoire chargé d'une connotation plus ou moins négative, avant d'être instauré en doctrine politique au XIXe siècle, par des penseurs tels Proudhon et Bakounine. Le terme désigne alors "l'état d'un peuple qui n'a plus ni autorité à laquelle on obéisse, ni lois auxquelles on soit soumis". Il inspirera divers mouvements, adeptes ou non de l'usage de la force. "C'est l'éthique la plus sérieuse que des gens civilisés puissent développer: chacun assume ses actes", souligne Maurice Born. Ce Suisse exilé en France est un "architecte défroqué qui baigne dans l'anarchisme depuis l'âge de 15 ans". Aujourd'hui, il en a 58, est consultant auprès du Ministère français de la culture pour les problèmes liés à la fracture sociale. Recherchant un "certain confort", il a fait des compromis avec l'Etat, la société. Qu'il assume: l'anarchisme, pour lui, ça appartient d'abord au domaine des idées. Pour ce pacifiste convaincu, les événements de Gênes expriment également une forme d'anarchisme. Qu'il ne cautionne pas, mais qu'il comprend. Et de conclure: "Les manifestants cherchent des alternatives à ce monde inféodé à l'économie. Quand on voit l'attitude des dirigeants, barricadés dans leur forteresse, ce n'est pas étonnant que ça génère de la violence." fm Liens- Anarchisme- Revue Intervalles - Forum Social Libertaire retour au sommaireLe Droit et le GourdinRéflexion de Claude Monnier - Directeur du Temps Stratégique, du 09/11/1999où l'anarchie serait un gourdin de Cro-Magnon "Le pire est que beaucoup applaudissent à ces exercices de force. Ils y voient un esprit de décision, un génie du management, une conduite hardie de la meute" . . . Au printemps 1999, on a beaucoup discuté des bombardements de la Serbie par l'OTAN. Mais on en a discuté comme d'une affaire en soi : ces bombardements étaient-ils opportuns, judicieux, absurdes, criminels? Aujourd'hui, la mise à sac de la Tchétchénie par les forces russes suggère qu'il y a, au-dessus de telles tragédies particulières, un schéma général qui les produites. Ce schéma, l'universelle désintégration de l'ordre politique et juridique, le grouillement des comptes à régler et de convoitises effrénées, a un nom : anarchie. L'origine de l'anarchie est simple et connue: il s'agit de l'effondrement de l'ordre soviéto-américain, qui, après cinquante ans, avait trop duré. Les effets de l'anarchie sont spectaculaires: tous les coups en effet paraissant désormais permis entre Etats, entre entreprises, entre ethnies, entre individus. Y trouvent naturellement leur avantage les plus forts, les plus rapides et les plus voyous. Dans les Balkans, il y avait un Etat prétentieux et mal embouché, la Serbie, qui se comportait mal dans son territoire du Kosovo. Les pays de l'OTAN ont estimé qu'il leur fallait l'obliger à traiter correctement ses citoyens kosovars. Devant le regimbement serbe, les pays de l'OTAN, invoquant une morale supérieure, ont engagé une épreuve de force en violation du droit. Comme ils étaient de très loin les plus forts, ils ont gagné. Or, aujourd'hui, les Russes se comportent en Tchétchénie plus mal encore que ne se comportaient les Serbes au Kosovo. La morale supérieure des pays de l'OTAN, si elle existait vraiment, devrait leur commander de bombarder la Russie, ou, à tout le moins, d'intervenir dans le Caucase pour sauver les Tchétchènes de l'extermination. Ils n'ont pas l'intention de le faire. Pourquoi? Parce que la Russie est infiniment plus forte et dangereuse que la Serbie. Les pays de l'OTAN, s'ils allaient en Tchétchénie, risqueraient vraiment leur peau. D'accord pour écraser les faibles, pas pour chatouiller les forts; la haute morale n'est pour rien dans l'affaire, la loi du plus fort tout. Dans les relations internationales et internes, les forts ont désormais beau jeu d'invoquer l'urgence humanitaire, "la nécessité fait loi", "l'impuissance de l'ONU", "les lenteurs de la justice", "les exigences de la morale" pour camoufler qu'ils font ce qu'ils font simplement parce qu'ils y trouvent leur "intérêt supérieur". Que deviennent les plus faibles, dans ce jeu? Libre à eux de protester, de signer des pétitions, d'ameuter la presse si cela les amuse, mais sur le fond, ils n'ont aucune chance. Voyez la Suisse dans l'affaire des fonds en déshérence ou l'affaire de la vache folle traitée comme quantité négligeable par les puissances grandes et moyennes. Voyez les entreprises de tous les pays écornant le droit sous le prétexte qu'elles y sont "hélas" contraintes par la violence de la concurrence. Voyez les individus qui s'entre-assomment à coups d'arguments voyous, du style "vous ne pensez pas comme il faut", "vous avez lu les mauvais livres", "je vous trouve un air nazi" qui n'ont rien à voir avec le droit, la raison ou l'intelligence, tout à voir avec le maniement du gourdin de Cro-Magnon. Le pire est que beaucoup applaudissent à ces exercices de force. Ils y voient un esprit de décision admirable, un génie du management, une conduite hardie de la meute. Comment ne se rendent-ils pas compte qu'un jour prochain ils pourraient en être eux-mêmes les victimes, et qu'ils ne pourront plus alors faire appel aux règles du droit qu'ils auront eux-mêmes démolies: j'en veux pour preuve que dans les pays où la corruption anarchique a presque complètement remplacé le règne de la loi, le citoyen honnête craint la police et la justice plus encore que les mafias avérées. Y a-t-il une lumière au bout du tunnel? Heureusement oui, car l'anarchie n'est jamais qu'un passage, entre un ordre juridique suranné, désuet, obsolète, et un ordre juridique reflétant mieux les réalités sociales, politiques et économiques nouvelles. Courage, mon gendre! CLAUDE MONNIER Directeur du Temps stratégique ©24Heures retour au sommaireUne réponse circonstanciée de Mr. Georges Tafelmacherpublié dans le Courrier des Lecteurs du 22.11.1999"Le Gourdin est à Droite" Il est vraiment étonnant qu'un homme de la trempe et la rigueur de M. Claude Monnier ait utilisé l'acceptation populiste et péjorative de l'anarchie. Il est temps de remettre l'anarchie à sa juste place en tant que pensée politique et d'apporter les rectifications nécessaires pour une meilleure compréhension de cette philosophie. D'abord, il faut dénoncer les images péjoratives de l'anarchie. L'anarchie n'est pas :
Mais alors qu'est donc l'anarchie ? ? Essentiellement défini comme un esprit de résistance à l'oppression sous ses aspects les plus variés, il restera une réaction permanente dans un monde où des formes de contrainte renaissent à mesure que d'autres disparaissent car les anarchistes luttent contre l'aliénation religieuse, c'est-à-dire contre l'église; contre l'aliénation politique, c'est-à-dire contre l'état totalitaire et contre l'aliénation humaine, c'est-à-dire contre un humanisme qui, par les contraintes d'une morale abstraite et comportementale, menace d'étouffer l'originalité de l'individu. Mais l'anarchisme est d'abord un mouvement d'idées et d'action qui, en rejetant toute contrainte extérieure à l'homme, se propose de reconstruire la vie en commun sur la base de la volonté individuelle d'autonomie où l'esprit humain parvient à la pleine conscience de soi-même, à la prise de conscience et compréhension de son être. Du principe de l'autonomie de la volonté individuelle, on doit aboutir à une union librement consentie dont la solidité est certainement supérieure à celle d'une union obtenue par la force ou la contrainte. L'anarchisme répudie toute idée d'autorité comme étant contraire à la notion de la liberté individuelle, il lui apparaît que l'ordre et la justice, dont il ne nie aucunement la nécessité pour la cité, doivent reposer sur un contrat librement conclu entre tous les membres de la communauté. Les clauses d'un tel contrat, profitables à tous les contractants, sont observées tout aussi librement. La multiplicité des contrats se traduit par le fédéralisme, appelé à remplacer l'organisation étatique. Une infinité de contrats s'engendrant les uns les autres et s'équilibrant d'autant plus facilement qu'ils ne sont point immuables ni définitifs, soit sur le plan professionnel, soit sur le plan régional, ou national et même international. Le fédéralisme anarchiste, c'est la recherche perpétuellement renouvelée d'un équilibre entre des groupements distincts. Et Bakounine de prophétiser : «Quand les États auront disparu, l'unité vivante, féconde, bienfaisante, tant des régions que des nations, et de l'internationalité du monde civilisé d'abord, puis de tous les peuples de la terre, par la voie de la libre fédération et de l'organisation de bas en haut, se développera dans toute sa majesté. » Avec cette définition, la Suisse peut paraître un pays très "anarchiste" ! Ou alors, si nous acceptons la définition de l'anarchie de M. Claude Monnier, ce serait les U.S.A. et non la Russie les plus anarchiques, le système russe s'apparentant plutôt à la gabegie, au chaos, à la négation de l'esprit humain et de la civilisation, toutes choses qui n'ont strictement rien à voir avec l'anarchie. Mais l'esprit libertaire perdure. En chacun de nous, dans nos envies profonde... ©24Heures retour au sommaireLes Gitans de Cheseaux : Les limites de la tolérancelettre au Courrier des Lecteurs le 14.08.2000 par M. François BrélazA propos des articles de Lise Bourgeois intitulés "Un paysan menace le campement avec son tracteur" et "Les agriculteurs en veulent aux autorités" (24 heures du 28 juillet et des 31 juillet et 1er août)Cheseaux-sur-Lausanne est un village où il fait bon vivre; mais cette commune ne figure sur aucun guide touristique: malheureusement, il n'y a rien à voir! Et pourtant, des gens qui voyagent beaucoup, des gens que l'on appelle "gens du voyage" en termes polis ou "gitans" sur un ton méfiant, semblent adorer cet endroit. Depuis plusieurs années, de plus en plus souvent et de plus en plus nombreux, ils arrivent sans crier gare, semant la panique auprès des autorités. Lorsque les gitans sont arrivés à Cheseaux-sur-Lausanne, ils se sont dispersés sur deux champs, puis se sont rassemblés après deux nuits. L'endroit libéré est situé à proximité de deux maisons de week-end et je n'ai pu m'empêcher d'aller photographier le désordre laissé: bouteilles en plastique et papiers qui traînent, sacs d'engrais vidés ou éventrés, maisonnette pour oiseaux cassée, petit char endommagé, pots de fleurs partiellement cassés et partiellement volés, bac en plastique pour des boutures de plantes renversé et bien entendu, des merdes partout ! Même si ces personnes font partie d'une minorité ethnique, on ne peut admettre que ces étrangers se comportent chez nous comme dans un pays conquis. Finalement, ce sont des anarchistes, ils refusent l'ordre établi de l'endroit où ils se trouvent et se montrent vite intimidants ou agressifs à l'égard des personnes qui leur tiendraient tête. Si un propriétaire de terrain n'autorise pas leur installation et que ceux-ci persistent dans leur intention, les forces de l'ordre se doivent de faire évacuer le terrain. C'est une question de respect des lois et de la propriété privée. Dans le cas présent, l'agriculteur, victime de la sécheresse, avait un urgent besoin de l'herbe de son champ. Il a proposé un champ d'orge récemment fauché, mais les gitans ont préféré la douceur du trèfle. D'autre part, j'estime que la tolérance à l'égard d'une minorité doit cesser lorsque les agissements de cette minorité gênent considérablement les habitants du lieu et c'est particulièrement valable concernant les excréments que ceux-ci laissent autour de leur campement. Avec un peu de bonne volonté tout pourrait s'arranger. Mais de la bonne volonté, les gitans n'en ont pas. Pour eux, l'homme blanc doit céder et ils se sentent forts face à une autorité cantonale faible! Mais, les gitans et les autorités cantonales ont tout de même un point commun : chacun, avec son attitude respective, contribue à développer le racisme. ©François Brélaz et 24Heures retour au sommaireUne Réplique caustique de Mr. Georges Tafelmacherlettre au lecteur du 15.08.2000Concerne : Réponse à votre lettre "Les limites de la tolérance" parue dans le 24 heures du 14 août 2000Monsieur, Et on continue, sans répit, à s'attaquer aux anarchistes et à les traiter de toutes sortes de noms. La dernière en date : les "intimidations" d'anarchistes qui n'ont pas, selon vous, "de Bonne Volonté". Vous laisserez entendre que des anarchistes Romanichels seraient des vecteurs de désordre social chronique alors que le désordre social dans lequel nous vivons est le fait d'une situation issue des politiques de droite : violence, concurrence économique, rapport de force entre les nantis et le peuple, poids commercial disproportionné au social, déséquilibre entre les directions et les employés, entre magistrats et citoyens, système de propriété privé élitiste, etc. Mais vous posez certaines questions aux quelles j'aimerais bien répondre. Depuis quelque temps, une version péjorative de l'anarchie est propagée dans les pages du 24 heures. Le pire est atteint lorsque pour condamner définitivement des gitans campeurs, on les traite "d'anarchistes" parce qu'ils chient par terre ! Cette péjoration est-elle intentionnelle ? Elle découle en tout cas d'une profonde inculture politique car, ne l'oubliez pas, l'anarchie est à la base de toutes les grandes révolutions qui ont apporté les vrais progrès sociaux du 19ième et 20ième siècle. Elle est même l'instigatrice des grands mouvements populaires du 20ième siècle qui ont abouti à Mai'68 et elle forme la base de notre société moderne. En effet, la société moderne s'est fortement inspirée des théories de l'anarchisme ce qui a permis l'avènement de la société de liberté dont vous profitez actuellement. Malheureusement, ses principes ont été trahis par l'interprétation par trop matérialiste qu'en a fait les Leaders politiques et économiques et par leur main mise sur les leviers de commande de cette société. Cette péjoration de l'anarchie doit cesser car le peuple a droit à une présentation de l'anarchisme sous un jour plus juste. Il est temps de remettre l'anarchie à sa juste place en tant que pensée politique et d'apporter les rectifications nécessaires pour une meilleure compréhension de cette philosophie. D'abord, dénonçons les images péjoratives de l'anarchie. L'anarchie ce n'est pas :
Mais alors qu'est donc l'anarchie ? ? L'anarchisme est un mouvement d'idées et d'action qui, en rejetant toute contrainte extérieure à l'homme, se propose de reconstruire la vie en commun sur la base de la volonté individuelle autonome. Bien que l'anarchisme militant ne se manifeste que vers la fin du XIXe siècle avec Kropotkine, Élisée Reclus et Malatesta, les lignes essentielles de la doctrine anarchiste se précisent dès la première moitié du siècle. La Révolution française institue un divorce radical entre l'État, qui repose sur les principes éternels de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, et la société qui est dominée par l'esclavage économique, l'inégalité sociale et la lutte des classes. Cette contradiction semble d'autant plus insupportable que la Révolution française proclame en même temps que l'individu est une fin en soi et que toutes les institutions politiques et sociales doivent servir à son plein et entier épanouissement. La liberté politique paraît illusoire, voire néfaste, à ceux qui, en vertu même de ces principes, subissent une servitude sociale et économique. La première réaction "antiétatiste" est sans doute la "conspiration des Égaux" dirigée par Gracchus Babeuf et visant à substituer à l'égalité politique "l'égalité réelle". "Disparaissez, lit-on dans son Manifeste , révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernement et de gouvernés." L'anarchisme en tant que doctrine philosophique appartient essentiellement à l'histoire de l'hégélianisme. La réalité objective étant pour Hegel issue de l'esprit, l'objet qui semble séparé du sujet finit par y retourner afin de constituer cette unité foncière que Hegel appelle l'Idée absolue. Or cet Esprit hégélien qui se réalise grâce à la prise de conscience des esprits finis, de transcendant qu'il était sans doute chez Hegel lui-même, devient pour une importante fraction de ses disciples l'esprit humain parvenu à la pleine conscience de soi-même. Une fois engagés sur la voie de l'immanence, ces jeunes hégéliens s'efforcent d'interpréter le monisme de Hegel dans un sens de plus en plus révolutionnaire. L'Esprit est arraché au clair-obscur prudent où son créateur avait voulu le maintenir; il "s'humanise" progressivement. Devenu homme, c'est-à-dire être humain au sens général du mot dans le maître livre de L. Feuerbach, L'Essence du christianisme (1841), il se transforme en esprit humain dans la Critique pure de Bruno Bauer - doctrine contre laquelle Karl Marx se déchaîne dans La Sainte Famille - et finit par apparaître sous les traits surprenants du Moi original, du Moi "unique" dans l'ouvrage de Max Stirner, "L'Unique et sa propriété" (1845). C'est pourquoi nous ne pouvons accepter votre définition de l'anarchie, car à cette aune-là, par rapport aux problèmes sociaux actuels, tout le monde pourrait être anarchiste et non seulement les Romanichels et ce désordre systématique s'apparente plutôt à la gabegie, au chaos, à la négation de l'esprit humain et de la civilisation, toutes choses qui n'ont strictement rien à voir avec l'anarchie et en sont même ses contraires. Je me permettrais même d'essayer de vous faire mieux comprendre les motivations de ces gens en vous rapportant l'explication d'un Manouche quant-au excréments. En effet pour eux, chier par terre est un respect absolu de la nature et de ses cycles naturels : on rend à la nature ce qu'on lui a pris sous une forme énergétique, totalement récupérable par la nature. Bien sûr, il faut le faire dans le respect des traditions : un petit trou, une bonne poussée, une prière et on recouvre, signant l'emplacement avec une fleur . . . Mais l'esprit libertaire perdure. En chacun de nous, dans nos envies profondes . . . Je vous envoie ce courrier de mise-au-point en réponse à votre lettre parue dans le "Courrier des Lecteurs" du journal "24Heures" en vue de rectifier l'image de l'anarchie auprès de vous. Car vous avez aussi ce point commun avec les gitans et les autorités : par vos attitudes respectives, vous contribuez tous au développement du racisme. J'espère que cette réponse sera adaptée à vos exigences. En vous remerciant de l'intérêt que vous portez à l'établissement de la vérité, veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. ©Georges Tafelmacher retour au sommaireÉcologie - De quoi on cause ?par Georges Tafelmacher - lettre au idéologueRéponse au Billet Radical - Réflexion Politique par Olivier MEUWLY -De quelle philosophie la société a-t-elle besoin ? Après s'en être pris aux communistes, socialistes, féministes, tiers-mondistes, anarchistes, écologistes, syndicalistes, contestataires, pacifistes, libertaires et romantiques, par ses condamnations musclées, la droite maintient sa pression. Dans des longs articles accablants, elle les accuse de pratiquer un écolo-socialisme réformiste, immobiliste et planificatrice qui exsuderait la haine de la modernité et dont le vrai visage n'aspire qu'à plier l'économie aux "conceptions mystiques et mythiques de ses dogmes totalitaires" ! Or quelle est la réalité ? La construction de la société de consommation emprunte des chemins obscurs. Un des thèmes récurrents du discours politique est celui de la croissance économique. Totalement dépourvu d'une définition claire et utilisable, ce type de développement de l'industrie affleure autant chez les manageurs de puissantes multinationales que chez les entrepreneurs fondamentalistes. Heureux de ce consensus, les politiciens s'en servent à tout bout de champ et ont fait de ce concept creux une "sorte de Graal," de sauveur à la fois de la planète et du bien-être des citoyens. Mais cette fameuse croissance économique n'est pas clairement circonscrit et ce flou permet à l'économie de prendre une place dominante dans l'activité politique et sociale. On sait que les groupements patronaux et une partie croissante de la droite radicale-libérale veulent en tirer une philosophie de base pour l'humanité entière, une pensée-unique où l'individu sera soumis aux besoins de la société de consommation, de ses industriels et de ses financiers. Le véritable but du dénigrement de l'anarchie par la droite serait-il d'imposer sa conception de l'économie et de l'industrie sur la société ? En se référant, dans ses publications dogmatiques, au réalisme économique, au capitalisme productiviste et compétitif, aux dures contingences de l'économie avec ses conditions de travail contraignantes et à l'organisation du "moins d'état", il contribue à mettre en oeuvre le contrôle, la mise au pas et la domination du prolétariat et du salariat. En faisant référence à une vision élitiste et discriminatoire de la société, sa propagande durcit les relations entre les hommes. Le résultat : la montée en pouvoir d'une nouvelle droite autoritaire et péremptoire, le triomphe du matérialisme sur la vie et ses conséquences - société à deux vitesses, dépression, chômage, crises de société, conflits sociaux, jeunesse désemparée. Qui l'expliquera aux politiciens radicaux de ce nouveau siècle, en retard d'une évolution ? ©Georges Tafelmacher En réponse à la prose d'Olivier Meuwly parue dans "Le Régional" retour au sommaireAu risque d'être libertaire !Réponse de Georges Tafelmacher
|