Société

societe de controle

LA  SOCIÉTÉ  DE  CONTRÔLE


DOSSIER   •   L'extrémisme en Suisse


Le rapport du Conseil Fédéral sur l'extrémisme en Suisse...
une mentalité très certainement paranoïaque !

La philosophie qui se cache dernière un rapport...
et ses buts sulfureux !

Les autorités cherchent à affermir leur contrôle de la société en se basant sur un rapport répertoriant les menaces et désignant les ennemis de la nation, c'est-à-dire toutes personnes opposées au système libéral et à son hégémonie mondiale !

Un rapport sur l'extrémisme ausculte l'état du monde pour y trouver confirmation d'une volonté qui chercherait à anéantir le système libéral actuel. Ce constat permettrait aux gouvernants de prendre des mesures instaurant un contrôle très étendu de la population et de criminaliser à peu près tous milieux qui viendraient à leur déplaire. L'étude de ce rapport nous donne l'occasion d'améliorer notre compréhension des raisons motivant les mécanismes de contrôle et nous fait voir la nature biaisée des arguments utilisés pour les justifier.

Comment rendre des mesures liberticides acceptables même si c'est au détriment de la démocratie...

Sommaire :


surveillence

Le rapport sur l'extrémisme
=
la militarisation de la planète et la solidarité entre gouvernants !



Introduction - la genèse du rapport

Poser le problème ou la nécessité d'une base légale pour lutter contre l'extrémisme
propos rapportés par le journaliste au "Journal du GSsA"   Georges Tafelmacher, Pully

La menace

Les autorités des pays industrialisés post-modernes se sentent menacés, cernés par des ennemis dont les motivations ne seraient pas rationnelles donc incompréhensibles. Pour eux, le chaos règne de plus en plus dans le monde, les désordres sociaux croissent et de plus en plus de pays servent de base pour des groupes qualifiés de terroristes car luttant contre notre "civilisation" développée et ses valeurs libérales et économiques.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont créé une vague d'inquiétude dans le monde entier. La peur de nouveaux attentats n'est pas la seule cause de cette insécurité: les désordres sociaux font régner le chaos dans le monde et les actes de violence nés du fondamentalisme islamiste favoriseraient la méfiance à l'égard des groupes et des mouvements concernés. Dans un postulat(1) déposé au printemps 2002, le Parti démocrate-chrétien (PDC) a demandé au Conseil Fédéral de rédiger un rapport décrivant le phénomène de l'extrémisme de manière détaillée et faisant état de ses répercussions sur la sécurité de la Suisse. Le rapport rendu public en août 2004 comprend différents aspects: il livre une appréciation de la situation et des informations sur l'ensemble des activités et des desseins des groupes qu'il qualifie "d'extrémistes", il détermine le potentiel de menace inhérent aux groupes extrémistes violents et à leurs activités et, enfin, il présente la stratégie développée par le Conseil fédéral en vue de détecter les menaces de manière précoce et ainsi de pouvoir les prévenir.

Pour comprendre les problèmes de ce monde, il suffit de pénétrer dans les rapports fabriqués par les autorités car on aperçoit rapidement la véritable pensée-unique qui en émane. On peut constater qu'on y tient pour supérieures des valeurs dites fondamentales de la liberté et de la démocratie que ses servants défendent à outrance contre tous ceux qui les désapprouvent.

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Comment on en est arrivé là

historique de 1945 à 2004 - compilé par Georges Tafelmacher - pacifiste

Tout le monde s'accorde pour dire que le monde va mal !

On est sorti de la deuxième guerre mondiale avec la conviction que seule la force militaire armée infligeant une défaite sans appel pourrait "vaincre" le "mal". En effet, à peine la guerre mondiale finie, l'Occident vainqueur a mené des guerres en Corée, en Indochine, en Algérie, en Afrique, au Moyen-Orient. Sous la conduite de la CIA, du KGB, des services secrets français et du Mossad(2), les mouvements populaires en Amérique du Sud et en Europe de l'Est furent sévèrement réprimés par les armées nationales soutenues par les grandes puissances respectives. La fin de la deuxième guerre mondiale n'a pas apporté une vraie paix citoyenne mais a perpétué le monde manichéen et dichotomique de l'élitisme du dix-neuvième siècle et a raffermi la conviction que seuls les rapports de force permettraient le progrès et donc l’enrichissement de la société. Pour la droite libérale, c'est le laxisme de la gauche qui produirait les désordres et les pertes de références actuelles. Pour la gauche, c'est le mode de vie prôné par la droite libérale basé sur l’exploitation des hommes et des ressources de la planète, sur la privatisation et le démembrement du tissu social et sur la spéculation et la consommation à outrance, qui nous mène dans un mur.

Cependant, dès le début des années 1960, un formidable vent de liberté a soufflé sur le monde et la jeunesse(3) issue du baby-boom de l'après-guerre, constatant les impasses dans lesquelles nous mène cette politique économique libérale de croissance effrénée, a commencé à contester les autorités et leur contrôle par la force de la société, en marquant clairement son opposition à ces politiques conquérantes et son désir de voir d'autres valeurs sociales plus humanistes, empathiques, participatives et solidaires se développer. Les jeunes, avec la participation de la population (ouvriers, employés, paysans confondus) ont fait tomber les murs, ont ouvert les frontières par la seule présence de la multitude et de la pression de la rue. Après une décennie de maccartisme, période de chasse à la sorcière communiste, un grand besoin de liberté se manifesta pour la libération des masses des diverses oppressions politiques, économiques (FMI, GATT, BM(4) et nationalistes qui sévissaient sans partage depuis l'après-guerre. Un nouvel esprit dit "soixante-huitard" a prévalu et un large mouvement populaire vers plus d'autonomie fut lancé visant à la création d'une société plus sociale, solidaire et conviviale. Ce mouvement était en opposition aux valeurs mercantiles et purement économiques et a été porté par de grandes manifestations d’un nouveau style organisées pour mettre fin aux hégémonies économiques nées du développement industriel, de la reconversion de la production de guerre et des richesses accumulées par la spéculation immobilière et financière. Ce fut aussi l'époque des luttes contre l'armement nucléaire censé, suivant ses protagonistes, défendre le monde libre contre les forces obscures du «mal».

Les années 1985 à 1990 furent celles de l'irruption des jeunes dans la politique économique et sécuritaire des grandes nations surdéveloppées du monde (le G-5 à l'époque). Cette jeunesse activiste s'engagea pleinement et entièrement pour une autre politique visant à la participation de la population dans le devenir de la société et la reprise en main de la politique par le peuple lui-même. Elle a contesté la notion même d’autorité et a osé se dresser contre les symboles du pouvoir. En adoptant et en concrétisant les idées participatives et antimilitaristes par son activisme, elle a beaucoup fait pour l'avancement d'une vraie paix citoyenne. Ces initiatives étaient portées par les jeunes citoyens qui ont manifesté en masse et qui ont ainsi fait l'apprentissage de la politique de contestation et de rupture. (5)

Le 11 novembre 1989 le mur de Berlin(6) s'écroula, conséquence d'une décennie où les idées pacifistes ont prévalu, où les droits de l'homme sont devenu un fait acquis et se sont inscrites dans la réalité quotidienne. L'antimilitarisme se trouvait à son apogée, la puissance militaire était battue en brèche par les citoyens qui, épris de liberté, ne supportaient plus la domination de l'esprit militaire de ses dirigeants. L'usage de la force militaire était discréditée et était reléguée aux poubelles de l'histoire.

l'impératif de reprendre le contrôle sur les gens

Ce fut trop pour la nomenclature qui, forte de sa grande fortune, des pouvoirs accumulés par ses dirigeants, face au camouflet infligé à l'armée et à la police par cette jeunesse impertinente qui bravait les interdits et les limites imposées à sa soif de liberté, a cherché à reprendre le pouvoir par tous les moyens. Pour casser ces mouvements populaires et reprendre le contrôle de la société, elle a réagi avec sa brutalité coutumière et ses dirigeants, selon leurs habitudes, ont utilisé un moyen éprouvé depuis la nuit des temps - fomenter des guerres en exploitant les problèmes du moment. Dans cette optique, pour "réhabiliter" l'usage de la force armée et la rendre normale, George H. Bush (père)(7), par une maestria d'activisme par services secrets interposés, a laissé entendre à l'Irak qu’il pouvait occuper le Koweït et l'a assuré de son bon droit. Saddam Hussein l'ayant fait, sans ouvrir le feu d'ailleurs, les militaires américains ont instrumentalisé cet incident et l’ont utilisé comme prétexte pour déclencher leur "tempête du désert" et ils ont écrabouillé les Irakiens sous des tapis de bombes et d’obus radioactifs. En Yougoslavie, sous l'ère Clinton, on laissa faire Milosevic pour que ses atrocités puissent justifier l’occupation de la Serbie par les forces de l'OTAN(8) et ses interventions toutes plus meurtrières les unes que les autres. Ces menées avaient pour destinée de perpétuer et de faire accepter l’idée de guerre préemptive et de justifier en même temps la nécessité de maintenir une armée forte, soit des groupes d'intervention sécuritaire militaire bien équipés et tout puissants. Ayant trouvé l'ennemi à abattre - nommément, les tyrans(9), les terroristes(10), les casseurs(11) et contrer les menaces opaques du terrorisme, la terre entière fut assujettie à cette idée de guerre globale et mondialisée ! C'est sur ces fondements qu'il a été rendu à la guerre conventionnelle ses lettres de noblesse.

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Analyse du Rapport - le sommet de l'argumentation biaisée

étude faite par Georges Tafelmacher - antimilitariste

Le Rapport (12)

Fin août 2004, le Conseil Fédéral publie un rapport sur "l'extrémisme en Suisse" venant des services du Département de l'Intérieur. Ce rapport cite une résolution du Conseil de l'Europe de 2003 ainsi résumée : «L'Assemblée conseille aux gouvernements de contrer l'extrémisme en prenant des mesures législatives visant à limiter l'exercice de certains droits fondamentaux tels que la liberté d'opinion, la liberté de réunion et la liberté d'association». "L'extrême-gauche" serait le danger principal croissant pour la sécurité intérieure car elle viserait la destruction des valeurs fondamentales de la démocratie représentative et des principes de l'ordre établi tels que les conçoit la société soi-disant libérale. Serait classée comme "extrémiste" toute personne arborant des opinions contraires qualifiées de violentes et le rapport spécifie que : «Sont considérés comme portés à la "violence" les "extrémistes" qui, de par leurs opinions politiques et leur façon de paraître en public, manifestent leur aptitude à faire usage de la contrainte physique et font preuve de militantisme...». Sur la base de ce rapport, le Conseil fédéral vient de décider de créer "un état-major supérieur de crise" qui s'emploiera à «imaginer les menaces et les scénarios possibles en matière de sécurité intérieure et se préparera à assumer un rôle prépondérant en période de crise».

Le rapport affirme et constate que «la notion d'extrémisme de gauche est générique: elle s'applique au communisme, au marxisme, au léninisme, à des pans du socialisme et à l'anarchisme. "L'extrême gauche" constitue actuellement un risque sérieux et le degré de cette menace est grand car le marxisme n'a pas été vaincu par la force militaire et ses protagonistes n'ont pas été jugés sur des bases de droit international public contrairement au IIIe Reich». On déplore donc que «cette menace n'est plus estimée à sa juste valeur, que sa surveillance serait devenue moins systématique de la part d'organes de prévention s'étant - à tort - concentrés sur l'extrême droite.» Le danger de "l'extrême gauche" serait d'autant plus réel que le mouvement contre la mondialisation est devenu un thème fédérateur et que : «La récupération du discours antimondialiste par les extrémistes de gauche a permis à ces derniers de sortir de leur isolement».

Le rapport précise que la "gauche extrême et violente" constitue un risque pour la sécurité intérieure de la Suisse qu'il ne faut pas sous-estimer, car elle parvient régulièrement à détourner des questions politiques à son profit et à les radicaliser. Pour ce faire, "l’extrême-gauche" utiliserait les institutions de l'Etat et les droits démocratiques à "mauvais escient", abusant ainsi de la démocratie. La gauche de la gauche aurait réussi à empoigner des thèmes politiques et sociaux (privatisations, assurances sociales, fiscalité, asile) en les radicalisant pour les lier à une critique de fond du système et à "profiter des droits démocratiques" pour permettre aux gens de se défendre contre le rouleau compresseur néolibéral, voire pour faire élire des dissidents dans les "institutions de l'Etat". Le rapport considère ceci comme étant un abus de la démocratie !

Le "milieu" de l'extrême-gauche compte 2000 personnes, squatteurs, autonomistes-anarchistes, anarcho-communistes, militant-es des mouvements sociaux, syndicalistes combatifs, démocrates conséquents, partisans convaincus d'une action non-violente, même les "militants" en sommeil qui, selon la logique de ce rapport, relèveraient tous de cette "doctrine dualiste des bons et des méchants" caractérisant les extrémistes comme une menace pour la sécurité de l'Etat.

Désignation du danger, de la menace et de l'ennemi

- l'extrémisme et le terrorisme

Ce sont "l'extrémisme et le terrorisme" qui représenteraient la principale menace pour l'ordre régnant car ils viseraient l'anéantissement de l'Etat. L'extrémisme est une forme de rejet de l'ordre libéral démocratique porté par des mouvements et des partis, dont les idées, les opinions et les comportements seraient en lutte contre l'Etat constitutionnel et démocratique, contre la séparation des pouvoirs, contre le système multipartite et son droit à l'opposition consensuelle.

L'extrémisme est d'emblé associé au terrorisme par une argumentation qui postule sans preuves de l'existence d'un lien direct en laissant entendre que l'un entraînerait fatalement l'autre, que l'un mènerait automatiquement à l'autre, comme si les deux étaient liés par un engrenage mortel et sans équivoque(13).

Le "terrorisme" serait l'aspect combattant de l'extrémisme politique et ce combat politique viserait à anéantir l'Etat constitutionnel et démocratique grâce au recours à une violence importante. La notion de "terrorisme" désigne toutes les tendances dont les objectifs ou les moyens sont antidémocratiques. Le "terrorisme" serait le bras armé de l'idéologie et de l'extrémisme politique et serait d'emblée désigné comme étant le danger qui menacerait le plus les sociétés développées. Ces tendances et moyens seraient antidémocratiques car cherchant à convaincre par la force et la cœrcition. Le rapport fait l’impasse sur le "terrorisme d’état" économique et social imposé aux populations par la classe dirigeante, l’appauvrissement des classes les moins favorisées et le démantèlement du tissu social. Il voit le "terrorisme" comme un phénomène spontané qui tomberait du ciel sur la tête d'innocentes victimes alors qu’il est, en fait, la résultante même du terrorisme d’état.

L'individualisation, une des caractéristique de la société qu'il est convenu de fustiger, serait aussi perçu comme une autre source de danger car cette évolution ferait des éléments les plus "faibles" les perdants de la modernité. En perte d'identité, non intégrés, rejetant les traditions, ayant perdus les valeurs, impuissants face aux changements économiques et sociaux, affublés de comportements nettement asociaux, ces "perdant" pourraient devenir des extrémistes et représentés une menace pour la société. Ce phénomène est d'autant plus dangereux qu'il mine les bases de la société et la tentation serait de laisser l'individualisme devenir l'antithèse du civisme, où les menaces ne seraient qu'une projection paranoïaque et les risques et les opportunités, une dépendance symétrique.(14)

- définition de l'ennemi

L'ennemi serait l'individu en lutte contre les idéaux démocratiques libéraux, les valeurs légalistes, l'ordre du monde actuel et les styles de vie dits "moderne" et surtout, il serait en guerre contre le système économique libéral car il est supposé détester la démocratie et la liberté. Il serait porté à la violence et manifesterait une aptitude à faire usage de la contrainte physique pour imposer ses opinions politiques. Cet individu réfuterait toutes les opinions et tous les intérêts opposés à ses idées et croirait à des objectifs de société ou à des droits bien précis et selon lui incontestables. De plus, sa notion d'opposition politique aurait fait place à la doctrine dualiste des bons et des méchants. Par conséquent, cet individu serait considéré comme un extrémiste et ses actions assimilées à de l'extrémisme. Cette façon de concevoir ferait donc de "l'extrémiste" l'homme à abattre sans avoir à prendre en considération les Conventions des Droits de l’Homme !

- criminalisation des opposants

Ce rapport singularise certaines personnes et les criminalise pour leurs idées car entrant en contradiction avec celles des gouvernants établis. Il stigmatise toute personne ayant une forte propension à la violence et arborant des opinions contraires et antagonistes et qui ferait preuve de militantisme pour fustiger l’ordre établi. Le rapport criminalise ces opposants en spécifiant même : «Sont considérés comme portés à la violence les extrémistes qui, de par leur opinions politiques et leur façon de paraître en public, manifestent leur aptitude à faire usage de la contrainte physique...». De façon générale, toute personne ou individu faisant velléité "d’extrémisme" serait considérée comme un ennemi et l'usage de la force et de la contrainte, même contraire aux Conventions des Droits de l’Homme, pour lui imposer un objectif politique normalisé ou une pensée-unique néolibérale largement accréditée, serait justifiable.

La gauche libertaire est montrée du doigt car elle aurait créé le désordre actuel en s'opposant à l'ordre régnant, fait d'exploitation économique, de spéculation foncière et de consommation sans freins. L'opposition politique est certes valorisée mais lorsqu'elle est le fait de la gauche, elle deviendrait de "l'extrémisme". Ce type d’opposition est considérée comme un danger pour la sécurité de l’Etat car mettant en cause les valeurs démocratiques définies par la droite, c'est-à-dire celles représentant l'ordre et le droit.

Suivant le rapport, les groupes de "l'extrême-gauche" qui combattent l'impérialisme, le patriarcat, le capitalisme et l'Etat lui-même, emploieraient des moyens "violents" lors des grands événements comme le WEF, G8, OMC, ou l’ALENA. Instrumentalisés pour commettre des actions critiquant la mondialisation, ils donneraient parfois lieu à des débordements ressentis comme "violents".

Le potentiel de violence de ces groupuscules de "l'extrême-gauche", de plus en plus nombreux, aurait fortement augmenté et ils afficheraient des idées politiques qui relèveraient de l'anarchisme et du mouvement autonome. Considérant qu'ils pourraient constituer une base de recrutement pour le terrorisme, ce rapport concrétise ainsi l'amalgame de l'extrémisme de gauche, du terrorisme et de toute opposition à l’ordre libéral établi.

- mesures de contrôle et de contrainte

L'utilisation des mesures de contrainte se base sur l'idée que "seules les autorités doivent être en mesure d'utiliser de la violence légitime, qui reste une prérogative de l'état...".

Cet argument est largement avancé par nos ténors politiques tel le conseiller national libéral Claude Ruey, qui, lorsqu'il était Conseiller d'Etat, se gargarisait et nous imposait ce type de théorie pour justifier ses mesures de contrainte, l'activité de sa police et de sa politique autoritaire pour maintenir l'ordre et faire barrage aux manifestations contre sa politique restrictive et à la contestation sociale. Cette notion a été reprise dans nos lois et institutions sans qu'un début de contestation ou de critique se fasse entendre, laissant la place à l'idée que la violence d'état pourrait être "légitime" selon qui l'utiliserait. Si c'est le fait d’un garnement vis-à-vis de ses éducateurs, c'est interdit mais si c'est l’action d’un robocop confronté aux manifestants descendant dans la rue pour protester, alors elle serait autorisée !

Après de longues investigations et selon des expériences dont les conclusions sont incontestables, l'analyse de l'état du monde nous permet de faire ce constat formel: aucune forme de violence, ni de la part des individus et ni, surtout, de la part des autorités, n'a résolu les problèmes graves du monde. La violence ne peut JAMAIS être "légitime" car elle entraîne toujours plus de violence, et les victimes de cette violence, d’où qu’elle vienne, pourraient toujours ainsi être poussées à faire subir à leurs alentours des formes de violences encore plus perverses, cachées et inconscientes, donc impossible à refréner. Par contre, de multiples exemples nous montrent que nous pouvons résoudre tous nos problèmes, quels qu'ils soient, de manière non-violente en prenant exemple sur les enseignements de Gandhi et de Martin Luther King.

La notion de "légitimité" demanderait d'être mieux définie pour qu'elle ne soit pas instrumentalisée afin de justifier les mesures autoritaires des gouvernants et satisfaire à la tentation des autorités d’utiliser la violence "étatique" pour contenir et prévenir les débordements, créant ainsi un cercle vicieux de violence.

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But du rapport - ou la nécessité d'une base légale pour lutter contre l'extrémisme

l'affirmation des valeurs écono-libérales pseudo-démocratiques

Société sous surveillance

Le premier but évident de ce rapport est de fixer une fois pour toute les seules valeurs données pour "vraies" de cette société pour lesquelles il nous est tenu de nous battre sous peine de passer pour un inadapté, un rebelle, un non-intégrable. Ces valeurs sont celles de la liberté, de la démocratie et du respect des autres définies selon les œillères néolibérales des gouvernants. Les modalités de la mise en pratique de ces valeurs sont clairement établies par les plus méritants, les plus qualifiés, par ces dirigeants qui croient apporter quelque chose d'important à la société. Il établit, une fois pour toutes, que toute la faute des problèmes de société et l'escalade de la violence incomberait à ces seuls "extrémistes" qui seraient, à ce tarif, portés au "terrorisme". En attribuant qu'aux seuls "extrémistes" la montée de la violence, ce rapport dédouane la société de son implication dans cette situation et donc, sans avoir à le spécifier, laisserait entendre que les solutions préconisées ne s'appliquent pas à elle.

Face à cette montée du terrorisme et au supposé danger que représenterait "l'extrémisme", les autorités cherchent à réhabiliter l'usage de la force armée et des mesures de contrainte pour y venir à bout. Il est primordial que l'emploi de la force armée et de la contrainte légale pour prévenir et éradiquer les menaces, soit considéré comme étant parfaitement normal et dans le cours des choses. Pour détecter les dangers avant qu'ils se soient avérés et pour prévenir les menaces par des contrôles préventifs, des surveillances sans mandat et des mesures répressives et de contrainte, il faut aux forces de l’ordre un cadre juridique. On profitera aussi au passage d'officialiser les campagnes de préventions mises sur pied par la police et les départements de justice fédéral et cantonaux. Le deuxième but de ce rapport est de fournir les justifications nécessaires pour rendre ces dispositions légales, permettant ainsi à la police et aux forces de l’ordre d’agir légalement.

Le rapport prétend présenter une évaluation circonspecte de la situation mais en fait il cherche à concrétiser et à bétonner la politique de sécurité intérieure en assimilant l'ensemble des activités et des tendances des mouvements dits "extrémistes" à du terrorisme, ce mal à abattre par une guerre totale infligeant une défaite par la force armée. Le problème est d'autant plus grave que le terrorisme est inséré dans le tissu social et que les extrémistes s'expriment et vivent au sein de cette société. Pour gagner cette guerre, ce rapport, par ses démonstrations tendancieuses, suggère que l'on doive permettre la surveillance de la société et le contrôle des citoyens dans l'espoir de débusquer ces gens susceptibles de s'exprimer avec violence. Il pousse à ce que l'on utilise l'armée et tous les moyens de sécurité civile pour que cette démarche soit non seulement possible, mais surtout efficace. Toute autre démarche est assimilée à de l'angélisme et ne serait qu’autant de bonnes intentions dont est pavé l'enfer.

Ce rapport présente la réalité d'une manière totalement biaisée et tendancieuse pour donner à l’Etat les instruments lui permettant de justifier une législation répressive préconisant l’utilisation de mesures de contrainte où la force et la cœrcition interviennent afin de résoudre les problèmes de société actuels.

Ce rapport sert de justificatif à une loi répressive et liberticide qui, en prescrivant des mesures de contrainte et en donnant à la police la voie libre pour prévenir des actes de violence et pour maintenir une paix armée dissuasive, permet le contrôle de la société en toute légalité. Pour instaurer ce régime de contrôle, il faut des bases légales. Pour que les bases légales soient justifiées, il faut un rapport qui identifie les dangers, qui les mette en exergue et qui proclame les nécessités d'une loi instaurant des mesures d’exception.

Ce rapport a aussi un but caché: l'affirmation des valeurs sur lesquelles se fondent les autorités et au nom desquelles elles mènent leurs actions, c'est-à-dire: l'ordre libéral de démocratie représentative et une société prospère basée sur la création de richesse et sécurisée par la force armée. Pour valoriser ces valeurs, ses zélateurs se dotent d'une législation argumentée d’un rapport de circonstance dans l’espoir de contrer les phénomènes de réaction et d’opposition portés par des mouvements et des partis dont les idées, les opinions et les comportements contestent l’hégémonie de l'Etat constitutionnel et démocratique, c’est-à-dire, la séparation des pouvoirs, le système multipartite représentatif délégatif et le droit à l'opposition consensuelle.

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Conclusions

où on veut en arriver !

Les vraies intentions du rapport

Le dernier rapport sur l'extrémisme en Suisse publié par le Conseil Fédéral criminalise la contestation et désigne l'activisme de ses auteurs comme une menace potentielle tout en ne faisant pas grand cas du racisme blochérien et des tendances antigauches de la droite protéiforme. Tout le mouvement de contestation contre les nouvelles modes d'impérialisme et d'autoritarisme est présenté comme un danger pour la pérennité de la société de consommation et la conservation de la prospérité fabriquée sur le dos des deux tiers de la population mondiale. Il réussit même à démontrer que les extrémistes de gauche commettent des "abus de démocratie" en usant de leur droit de recours alors que les tenants de la manière forte et de la répression policière, de l'anathème moralisateur et du changement sous contrainte, soit cette droite légaliste et élitiste qui, craignant de perdre son pouvoir et son contrôle sur la population, commettent des abus de pouvoir autrement plus graves.

Pour résoudre les problèmes de société, le pouvoir préconise la "pacification", soit la paix forcée par les armes, la répression et la contrainte. Pendant de nombreuses années, cette notion était tenu en horreur jusqu'à ce que, à son tour, l'Europe de l'ouest sombra dans le terrorisme, la révolte populaire, les grèves et les menées anarchistes anti-G8 et maintenant, elle est de nouveau mise à l'ordre du jour. Après les grandes guerres mécanisées mondiales et les combats pour l'indépendance des colonies, la contestation libertaire a offert au pouvoir, sur un plateau d'argent, ce nouveau rôle où il a pu donner d'autres missions à l'armée.

Cette notion de "pacification", qui peut être apprêté à toutes les sauces et servir toutes les causes, sert surtout à établir une paix par la sécurité armée à l'intérieur du pays. Cette "pacification" est à l'image d'une société construite sur les valeurs de pouvoir, de rapport de force, d'accumulation de richesses et de positionnement social et de l'élitisme que cela implique. Mais ce recours à la "pacification" justifiée par l'état délétère de la société est une insulte aux êtres autonomes, autogérés, capables de résoudre leurs conflits pacifiquement sans violence car il sous-entend que la paix ne peut être réglée que par les armes. On en est toujours à la loi du gros bâton et du gourdin et on fait peur à la plèbe pour qu'elle reste tranquille et ne déborde pas, parce que c'est effectivement ce que craignent le plus les possédants, les capitaines d'industrie et les gouvernants: la révolte de la populace.

Il en est de même avec la notion de "prévention"(15). L'affirmation que les problèmes psychiques individuels, la marginalité et le rejet de la société seraient les premières causes de la dégradation des mœurs et du chaos et que leurs auteurs appartiendraient apparemment à une mouvance cherchant la transformation sociale sert à justifier des mesures de prévention consistant à contenir la contestation de l'Autorité par ces éléments instables et autodestructifs et à amener ces individus à une intégration forcée.

La société capitaliste, qui a donné tant de valeur à la croissance économique, à la compétitivité et au profit, a besoin d'ennemis, de réfractaires à leur système de pensée, pour s'ériger en défenderesse virtuelle de la liberté et de la démocratie. Elle aborde les problèmes de société d'une manière si péjorative que les seules solutions pour les résoudre seraient de prendre des mesures édictées dans des lois répressives et elle utilise les peurs de la population pour les imposer lors des votations. Accessoirement, cette manière de faire maintient les gens dans un tel état de délabrement psychique que seule la consommation compulsive sert de compensation et fait que ce sont les gens eux-mêmes qui réclament une répression policière accrue.

Nos autorités ne voient plus leur salut qu'en restaurant l'ordre par un impérialisme nouveau qualifié de libéral, c'est-à-dire respectueux de la liberté d'entreprendre et d'industrialiser, de la démocratie délégative, des droits humains basés sur des situations élitistes acquises et la loi du plus fort. Pour mettre sur pied cet impérialisme, il faut une base légale et ce rapport lui prépare le terrain. Pour justifier la société de contrôle, ses mesures répressives et les interventions armées contre le terrorisme, il faut un rapport qui "étudie le problème" et qui préconise à ce qu'on prenne des mesures. L'application de ces mesures n'est possible que si la base légale qu'est la "Loi sur le Maintien de la Sécurité Intérieure" (LMSI II), est argumentée et justifiée par ce rapport sur l'extrémisme en Suisse qui lui donne le ton et les valeurs à défendre.

Pour rendre possible la société de contrôle et pour bétonner et concrétiser la politique de sécurité intérieure, les législateurs cherchent à nous faire croire que l'extrémisme et le terrorisme vont de pair et ne peuvent être vaincus que par la défaite de type militaire, soit par l'usage de la force armée qui doit être dûment réhabilitée. Ce bétonnage se fait par la mise en place de mesures permettant le contrôle social, la prévention policière et la paix sociale armée par robocops interposés.

Pour atteindre leur but, les auteurs de ce rapport se sont donnés la peine de présenter les conditions qui sont à l'origine de la naissance et de la montée de l'extrémisme, de ses formes diverses, de la diffusion de ses thèses et de ses répercussions de telle sorte que la seule réaction possible serait d'instaurer des mesures liberticides et de contrainte. Une attention particulière a été portée sur l'évaluation des contre-mesures éventuelles. Les résultats de cette recherche constitueront les bases pour l'élaboration des stratégies d'avenir sur la manière d'aborder les extrémismes aux niveaux communal, cantonal et fédéral. Il s'agit aussi d'institutionnaliser les programmes de prévention policiers contre la violence (surtout chez les jeunes) qui aurait fortement augmenté malgré toutes les mesures prises jusqu'à présent et de justifier que l'on prenne encore plus de mesures dans l'espoir de réduire cette violence.

Ce rapport instrumentalise les attentats du 11 septembre 2001 sur New York pour justifier le renforcement et la mise-à-jour de la loi LMSI II. Ce faisant, cette loi ne serait donc que le pendant helvétique du "Patriot Act"(17) américain et entend donner au Conseil Fédéral les moyens pour détecter les menaces et de les prévenir.

contradictions et lacunes

Loin de calmer le débat, ce rapport, en diabolisant toute opposition, instaure un climat de suspicion et il dénonce le manichéisme des extrémistes tout en étant manichéiste lui-même car la seule référence acceptable et souhaitée est celle de la démocratie récupérée et instrumentalisée par l'état dont les valeurs se résument à celles de l'économie et du portefeuille de ses dirigeants. On fustige l'autoritarisme des uns alors que les mesures préconisées sont non seulement autoritaires mais sont même contraintes. On condamne l'usage de la force pour imposer ses idées alors que les mesures souhaitées suggèrent et légitiment emploi de la force pour réprimer et interdire les extrémistes. Il y aurait dont un mauvais manichéisme et un bon, un mauvais autoritarisme et un bon, un mauvais emploi de la force et un bon, soit donc, du manichéisme et de la dichotomie pure au service d'une pensée hégémonique.

Parmi les lacunes les plus graves de ce rapport, nous pouvons constater qu'il n'y a aucune analyse psychologique ou effort de compréhension du phénomène de l'extrémisme, aucune réflexion sérieuse sur les origines sociales et sociologiques de la violence comme si cette plaie nous tombait du ciel, apportée par des êtres dont l'inhumanité flagrante justifierait à elle seule toutes les entorses aux droits de l'Homme pour les combattre. Il n'y a aucune tentative de voir et de comprendre les relations qui existent réellement entre les conditions sociales imposées par un système dominant, une colonisation industrielle et une économie conquérante et compétitive et la montée des extrémismes et du terrorisme. Il n'y a aucun aveu de l'implication des autorités dans l'escalade de la violence qui donnerait naissance à l'extrémisme et donc au terrorisme.

Par contre, le rapport constate clairement que la situation économique précaire et la fragilité de notre société, à bien des égards, a facilité le renforcement du potentiel de mobilisation de "l'extrême gauche" et le recrutement de nouveaux adeptes. Il s'attend même à ce que des actions violentes continuent d'émailler les événements médiatisés, et ce dans des proportions croissantes. Mais nulle part est analysé les raisons de cette fragilité sociale ou de la situation économique précaire et seule "l'extrême gauche" est pointée du doigt, comme si elle en était entièrement responsable alors que ce rapport, faisant des aveux remarqués quant à l'état de la réalité sociale, dégage entièrement les autorités de la responsabilité qu'ils ont dans la genèse de cette situation.

Le pire est atteint lorsqu'un amalgame systématique est fait entre les jeunes, les réfugiés, les étrangers et leurs propensions au radicalisme et au terrorisme sont stigmatisées. L'accent est mis sur une augmentation de la violence chez les adolescents sans pour autant constater parallèlement celle des dirigeants économiques ou de l'élite politique.

Ce système a besoin des extrémistes de tous bords pour justifier ses choix politiques et il les fabrique à partir des drames personnels des individus désorientés par l'évolution dangereuse de la société. Un exemple en est lorsqu’on fait le choix d'une militarisation de la société pour contrer les problèmes de société, les supposés dangers de la vie, les conséquences des extrémismes en arguant que seuls les militaires auraient la logistique et l'équipement nécessaire pour "sauver des vies" et, surtout, que seul le militaire aurait la capacité et la discipline nécessaires pour poursuivre des missions de sauvetage et de rétablissement de l'ordre civil et économique. On cherche à convaincre les gens de la nécessité et de l'utilité de l'armée en faisant appel à ses services lors des grandes catastrophes comme si les gens en général étaient parfaitement incapables de subvenir à leurs besoins en ces moments dramatiques, comme si les gens ne pouvaient pas se débrouiller à même le terrain en retrouvant leurs moyens, comme si on voulait que les gens comptent sur l'aide venue du ciel et des pays riches qui leur envoient leurs excédants, leurs forces armées, leurs avions de transport militaire pour les habituer au développement de la société de consommation, seul véritable fruit de la "reconstruction".

Notre but est de démonter cette logique impérialiste dominante !

Dans une société pacifique et consciente, il n'est pas nécessaire de s'inquiéter des extrémistes de tous bords car une société ouverte serait capable de régler ses problèmes avec l'apport de toute la communauté et la participation de chacun de ses membres. En effet, les conséquences des importantes tendances de l'actuelle société qui cherche à résoudre ses difficultés par la violence étatique institutionnalisée (police suréquipée, répression judiciaire), n'auront plus cours, car les raisons qui ont incité l'éclosion de la violence chez certains personnes auront disparues et une nouvelle conscience naîtra des cendres chaudes de l'inconscience brisée des militaires.

On doit absolument dénoncer la criminalisation des opposants et des contestataires en tant que telle et dénoncer cette manie qui veut qu'à chaque problème de société, on criminalise par des mesures policières des groupes pressentis, des personnes en difficultés, des jeunes qui vont mal, et tous les autres qui d'une manière ou d'une autre, ne correspondent pas à l'idéal libéral. Des petits fumeurs de joints sont criminalisés avec casier judiciaire, punitions, sanctions, etc. Nous devons lutter contre cette tendance à résoudre les problèmes de société par des mesures qui vont criminaliser et rendre coupables des milliers de gens qui n'y peuvent rien et qui ne sont que les produits de cette mentalité. Alors que les spéculateurs immobiliers, qui vont complètement modifier la structure communautaire d'un quartier et se faire un fric exponentiel avec la hausse subséquente des loyers, sont félicités pour leur esprit d'entreprise. Alors que les actionnaires, qui vont réclamer leurs dividendes et mettre des centaines d'ouvriers au chômage, sont considérés avec bienveillance pour leur prise de risque. Alors que les policiers, qui vont commettre des actes qui mettent des personnes en danger, ne sont pas poursuivis.

Nous devons protester avec la plus grande énergie contre la criminalisation délibérée de la population, des gens en général, des groupes ethniques particuliers, des taggeurs, des jeunes révoltés et toute cette cohorte de gens qui, donnés pour fatigués, auraient des problèmes psychologiques et qui, ne pouvant plus, seraient susceptibles de péter les plombs. Comment nous intégrés dans une société qui fait tout pour que nous ne lui appartenions pas dont ce rapport en est le symptôme ?

Ce rapport sur l'extrémisme qui prétend traiter le problème de l'insécurité et de la justice, ne fait que de confirmer la dérive sécuritaire, liberticide et antidémocratique et de consolider le rapport de force en faveur des classes dirigeantes. C'est une immense duperie qui doit être impérativement analysée et dénoncée pour que les gens puissent prendre conscience de la réalité qui nous gouverne et que l’individu puisse devenir un acteur stratégique dans le fondement d'une société participative, empathique, solidaire et progressiste. Devant la gravité de la situation, nous sommes en train de nous réveiller et nos réflexions approffondies nous permettent de proposer des ébauches de solution citoyenne où chaque individu aurait sa voix dans la construction d'une société à forte valeur humaine. Notre survie future ne devra plus reposer sur la division des opposants et les rapports de force mais sur le rassemblement de tous les individus, la mobilisation des citoyens, la convergence des initiatives.

Face à l’offensive de la droite musclée pour reprendre le contrôle de la société et des populations, il faudrait des actions très concertées. Nous devons protester contre cette mentalité sécuritaire et la mettre en question, avant qu’il ne soit trop tard, en organisant des piquets et des manifs chaque fois que les autorités se réunissent pour discuter de sujets qui concernent directement nos vies, comme lors de ces ineptes "conférences" organisées par les gouvernants traitant de la nécessité de l'usage de la force militaire pour "pacifier" les gens et pour leur imposer un ordre établi. Pour coordonner ces actions, il serait nécessaire de former un "atelier de travail"; plusieurs organisations ont déjà manifesté leur intérêt lorsqu'elles ont pris connaissance de ce rapport et cela semblerait intéresser plusieurs groupements concernés par les réponses sécuritaires apportées par nos autorités afin de ‘’résoudre’’ nos problèmes de société.

Que tous ceux qui trouvent que nous devons «faire quelque chose» s’annoncent !!


À bas ces mesures qui criminalisent les gens - à bas ces lois qui renforcent les rapports de force !!

Nous nous attaquerons à toutes les chaînes qui nous entrâvent et nous devrons aussi rompre celles qui nous défendaient.

Georges Tafelmacher
objecteur, pacifiste, antimilitariste

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à propos de cette brochure

analyse de cette critique du rapport sur l'extrémisme

J'apprécie l'analyse et la critique que tu fais, mais je me dis que cela gagnerait peut-être en force, si les parties d'analyse contenaient moins de parti pris. Il y a plusieurs attaques contre le libéralisme à des endroits pas forcément déquats.

La partie historique du début, surtout de 68 à la chute du mur, me paraît discutable, en tous cas insuffisante pour comprendre le contexte actuel. Il n'y a pas eu que le mouvement de la jeunesse '68tard qui a caractérisé cette époque, mais aussi le duo Thatcher-Reagan qui a enclenché l'offensive néo-libérale en compagnie de Pinochet et du Shah d'Iran. La guerre en Afghanistan et plein d'autres facteurs internes et externes ont achevé la déchéance du bloc soviétique. Ce fut aussi la déroute de nombreux mouvements sociaux en France (ère Mitterand) et en Italie, ainsi que la radicalisation désespérée de plusieurs groupes de lutte armée Palestiniens, Tchétchènes, etc...

La "paix citoyenne" est associée à la "révolte de la populace" et cela parâit un peu contradictoire dans les termes car cette paix citoyenne a été récupérée par le pouvoir pour en faire une "paix" impérialiste. Quand on se rend compte des innombrables émeutes populaires violentes qu'il y a eu partout dans maintes endroits du monde dans les années qui ont entouré la chute du mur, l'image donné est assez différente de l'idéal pacifiste des mouvements sociaux que tu présentes.

Le coté paranoiaque des motivations des auteur-e-s du rapport est exagéré. Les rapports de force ne sont pas uniquement imposés par les va-t-en guerre, mais sont aussi une caractéristique de tous les mouvements sociaux importants, qui ont tous eu à un moment où à un autre recours à la violence. Et on ne peut pas comprendre les motivations des auteur-e-s qu'en lisant le rapport, car ils-elles occultent beaucoup de choses pour mieux servir leur discours. L'hystérie sécuritaire actuelle se fonde non seulement sur la négation des causes de la violence (violences structurelles : des rapports de travail, violence de l'exploitation du tiers-monde, violence de l'urbanisme, violence des manipulations médiatiques et marchandes), mais aussi sur la confusion dans la désignation des acteurs-trices (violence des révolté-e-s politisé-e-s ou non, violence des frustré-e-s xénophobes, violence des jeunes des ghettos, violence de la répression). Et j'ai l'impression que tu tend à nier les violences politiques dans les mouvements contestataires pour mieux montrer le gouvernement comme parano, ce qui participe aussi à une certaine confusion. Il y a manifestement une volonté de solidarité face à la répression, mais par contre c'est trop facile à contrer, car les "manifestations violentes" sont très médiatisées. Et c'est ce qui était recherché notamment à Seattle: se donner les moyens attirer l'attention sur l'OMC, de manière spectaculaire.

Dès lors, il me semble plus correct de défendre une solidarité entre mouvements sociaux qui assume la réalité du recours occasionnel à diverses formes d'action pouvant être considérées comme violentes en veillant une fois de plus de bien définir ce que c'est la violence. Et de considérer la stigmatisation des "extrémistes" comme une tentative de casser cette solidarité, et surtout une intimidation générale : cause toujours, mais pas trop fort! C'est tout à fait ce que tu montres dans ton texte, même si la manière est un peu biaisée.

La critique de la mise en place d'une société de controle et de ses justifications "démocratiques" est nécessaire ainsi que sa diffusion remanié dans les info-kiosques et autres. Je suis en tous cas très intéressé à discuter plus à fond de tout celà en prenant en compte des commentaires ci-dessus et les intégrer dans ce dossier.

André
Espace-Autogéré

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  *   *   *   *   *  

Voici pour terminer pour tous ceux qui croit que l'on exagère, venant d'un lecteur d'un autre âge mais toujours vigoureux, un petit aperçu de la mentalité qui nous gouverne aujourd'hui encore !

lu dans le quotidien "24Heures"

lettre de lecteur
sans commentaires!!


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