É C O N O M I E
DOSSIER - La Croissance et autres problèmes
Dix ans après la dernière guerre en 1955, un spécialiste américain du marketing, Victor Lebow(22), exhortait le monde occidental dans les termes suivants :
«Notre économie à la capacité de production énorme, demande que nous fassions de la consommation un mode de vie. Il faut que nous convertissions l'achat et l'utilisation des biens en rituels, que nous cherchions notre satisfaction spirituelle, la satisfaction de notre ego dans la consommation. Nous devons consommer les choses, les brûler, les utiliser, les remplacer et les jeter à un rythme toujours plus rapide».
Nous avons exécuté ce programme avec une fidélité qui rendrait M. Lebow euphorique s'il était là pour contempler la société que nous avons construite ! De plus en plus, il devient nécessaire pour survivre de suivre aveuglément la pensée unique de la consommation devenue névrose collective.
Sommaire :
«Le prix de la relance»
= la mort de la vie intelligente sur cette terre !!
Les responsables économiques oublient que la croissance est,
telle celle du nénuphar, exponentielle ! Mais contrairement a
ce que l'on croit généralement, cette pensée-unique
néolibérale nous a mené que des déboires
et le martèlement médiatique et la réitération
quotidienne des déclamations affirmatoires des tenants du libéralisme,
aggrave nos soucis pour notre avenir.
Nous sommes des milliers à penser que la société
a un sérieux problème à cause de l'engouement des
gens pour la consommation. Déjà l'année passée
lors du G8, des centaines de milliers de personnes engagées dans
les luttes sociales partageaient cette thèse et ont descendu
dans la rue pour le faire savoir !!
Mes réflexions proviennent largement des désillusions
que j'ai eues lors de mes discussions avec les patrons, la bourgeoisie
et autres leaders lorsque je défendais bec et ongles le petit
artisan, le commerce local et l'indépendance. Je fus traité
d'anarchiste et mis au ban de la société qui se
désespérait de «m'intégrer».
Même si beaucoup de personnes me félicitaient pour le courage
dont je montrais lors des débats publics, ils ne partageaient
pas mes vues, étant convaincus que tout passe par une adhésion
totale aux lois économiques défendues par ces Brunetti,
Eggli, Deiss et consorts et que notre prospérité ne serait
préservée que par une soumission de chacun au néolibéralisme
globalisant et mondialisé et par sa transformation en consommateur
bêlant et consentant.
Malgré la peur immense qui habite les gens de se trouver démunis
et leur récalcitrance de vivre plus simplement sans s'entourer
d'un trop-plein de biens matériels censé leur apporter
aisance et satisfaction et comme les limites de l'accumulation
de ces biens semblent atteint, comme la pollution menace nos vies et
la nature et comme les mentalités s'effondrent, il y aura
forcement un grand changement que nous le voulions ou pas. Car, malgré
toutes nos justifications, la consommation est un acte très enfantin
et la satisfaction des besoins appartient au domaine des nouveaux-nés
et de la petite enfance. L'importance que notre société
accorde à la consommation et la croissance considérées
comme «valeurs» - voir le discours Deiss face aux patrons
- montre bien que notre mentalité est vraiment celle d'un
tout petit enfant malgré le fait que nous détenons assez
de pouvoir de destruction pour tuer la totalité de la race humaine
au moins sept fois. Mieux vaut dès lors de s'y mettre d'une
manière volontaire, libre et éveillé en utilisant
toutes les formidables ressources de notre cerveau. Pour qu'une
lente maturation se met en route, tout doit être fait pour interpeller
tous ceux qui s'y intéressent pour que dans leurs foyers,
places de travail et de loisirs, ils en parleront pour que nous puissions
nous influencer mutuellement pour mieux faire avancer nos idées
plus «conviviales», humanistes, empathiques et aimantes.
Même si le pessimisme pour notre future proche est de mise étant
donné cette course effrénée vers une prospérité
mortifère, la conviction qu'à la longue, les humains
se reprendront en main et passeront à un degré plus élevé
de la vie, reste un rêve possible.
Croissance dans le mur
On essaie de nous persuader que la croissance serait le fondement de l'économie
et qu'elle amènerait la prospérité. Or cette croissance
n'est qu'un avatar pour justifier l'autorité de ses théologiens.
Par la croissance, on cherche d'abord son pouvoir, ses richesses, son exclusivité
et élitisme.
C'est la croissance qui nous a amené à la catastrophe sociale
actuelle et les problèmes de société actuels ont surgi
par la faute de cette croissance non maîtrisable. Tous les problèmes
de société, de «la décadence des jeunes», à
«l'imbécillité des gens», jusqu'à
l'être humain devenu «consommateur», ne sont que la conséquence
d'une manque de réflexion affligeante provenant d'une volonté
de diriger ce monde sans et au-dessus du petit peuple laborieux sans pouvoir.
Les seules choses qui «croissent» en ce bas monde, ce sont les cellules
cancéreuses, la pollution industrielle, les voitures automobiles, la
violence, la guerre et le pouvoir politique et tout cela a une fin - le cancer
tue les corps complexes, la pollution et les voitures tuent la vie, la violence
entraîne la violence radicale et le pouvoir politique corrompt. Quelles
seront les conséquences de la croissance ? Une race humaine de dix ou
vingt milliards d'individus et des voitures automobiles submergeant les terres
fermes, des villes suffoquant toute la campagne, une multitude de cancer nous
obligeant à consacrer la totalité de nos richesses gagnées
sur le dos du tiers-monde pour simplement garder en vie les riches nababs que
nous sommes ?
La croissance est une manière commode pour «expliquer» le
monde mais cela se fait en dépit d'une compréhension plus «humaniste»
et «holistique» des motivations des hommes. Malgré les capacités
des hommes de s'adapter, le nombre «croissant» de cas de maladies
respiratoires, de système immunitaire effondré, de crétinisme
galopant, nous inciteraient à rester très prudent et de voir la
réalité en face - une prospérité amené
par la croissance est mortifère. Les deux tiers des habitants de cette
planète ne jouissent pas de nos privilèges et la pollution provenant
notamment des USA soi-disant en forte croissance, affecte déjà
tout le monde. A supposer que tout le monde vivrait comme nous, il n'y aurait
tout simplement pas assez d'air, d'eau et place pour toute cette prospérité.
Il est donc impossible de se fixer comme but la croissance car elle nous mène
à des situations tout simplement incompatibles avec un développement
sensé de la vie intelligente sur cette terre. D'autant plus que
la croissance sous-entend la compétitivité, l'exclusivité
et la guerre pour conquérir SA place, installer son pouvoir. En fait,
la croissance nous promet des lendemains qui pleurent.
Mais pourquoi les économistes insistent-ils sur une théorie basée
sur des concepts darwiniens complètement dépassés ? Pourquoi
insistent-ils sur une philosophie favorisant l'élitisme, la dictature
du fric, le despotisme politique, la destruction de la Terre ? Car que nous
le voulions ou pas, le monde étant un espace fini, les ressources étant
limitées, la population ne pouvant «croître» infiniment,
la théorie (spécieuse) de la croissance, en tant que manière
de fonctionner, est carrément suicidaire. La théorie de la croissance
se base sur des idées du 19ième siècle où les valeurs
telles que «progrès», «création de richesse»,
«compétitivité», «rapport de forces»,
«nation», etc. nous soumettent à une dictature que les milieux
de droite ne cessent de dénoncer surtout si c'est le fait de régimes
populaires autoritaires. La croissance ne peut être un moteur, ce n'est
qu'un des symptômes d'un dysfonctionnement grave au même titre que
la croissance de la délinquance juvénile, de la dépendance
à la drogue et l'alcool, de la criminalité routière et
en col blanc, et beaucoup d'autres choses encore.
Dans ce monde meurtri par une croissance magnifiée, nous ne pouvons
plus maintenir un optimisme dans le progrès technologique et espérer
que nos autorités élues se mettront à réfléchir
sur des bases plus élevées et plus humaniste et plus holistiques
que celles qu'elles nous ont servi jusqu'à présent. Tant que nous
n'arrivons pas à partager quelques points de vue sur lesquels on
pourrait être d'accord, jamais on arrivera à faire vivre des milliards
de gens sur une terre très finie, très limitée, très
petite. La croissance ne peut pas en aucun cas «régler» les
problèmes du monde.
Si nous devons nous investir dans une utopie, alors c'est dans des relations constructives non financières entre tous les êtres humains qu'il faut le faire à présent!!
C'est d'empathie, de valorisation non pécuniaire du travail humain, de recherche de modes de fonctionnement loin de des rapports de forces qu'il
nous faut pour demain.
C'est de solidarité entre les gens qu'il nous faut pour un futur vivable pour tous.
Le débat promet d'être encore très long.
Georges Tafelmacher
Pour ne pas sombrer dans le chaos de la consommation débridée
AVENIR MONDIAL * Georges Tafelmacher réplique à Ludwin Fischer qui, dans une lettre publiée dans l'édition du "Le Courrier" du 27 mars 2004, critiquait les «antimondialistes».
Nous avons parfaitement le droit d'exiger la disparition de l'Organisation
mondiale du commerce (WTO-OMC) et de ce qu'elle représente, le libre-échangisme,
car elle tend à constituer un pouvoir par trop absolu dans nos sociétés
et elle cherche à trop s'imposer dans nos vies quotidiennes. Il est même
de notre droit inaliénable de critiquer les tendances fâcheuses
vers l'oppression et l'exploitation à l'oeuvre dans cette société
de consommation industrialisée, sans avoir, pour autant, à proposer
des solutions de rechange qui seront promptement récupérées
pour mieux enchaîner les gens à une certaine conception de société,
ni nécessairement à avancer des contre-propositions de réforme
qui ne feront que modérer les effets dévastateurs de l'esprit
mercantile sur le monde et les gens et rendre les prémisses des actions
des dirigeants acceptables.
L'OMC est d'abord un cénacle réunissant tous les adeptes d'une
certaine façon de concevoir la vie et la société, où
les participants cherchent tous les trucs et combines pour imposer aux gens
et au monde entier leur «pensée-unique» mercantile. Le «libre-échange»
qu'ils veulent installer entre les États n'est, au fait, qu'une manière
déguisée d'imposer une hégémonie industrielle et
commerciale aux peuples, les obligeant à mener leur vie selon les préceptes
de ce conclave de privilégiés fortunés, effrayés
par la possible remise en question de leur pouvoir et de leur direction.
Nous sommes déjà au début d'une apocalypse économique.
Des catastrophes, guerres et famines nous ont déjà frappé
depuis les premières ouvertures économiques qui ont été
opérées et se sont succédé depuis les accords de
Brettons Wood en 1947. L'apocalypse économique a déjà commencé,
la précarisation est en train de faire son oeuvre et le désenchantement
des consommateurs est tel que tout est à craindre dans le domaine de
la résilience humaine si tendue qu'elle se rompt tous les jours, comme
en témoignent les multiples fusillades ces derniers temps. Les manifestations
et autres crises qui se passent en Amérique du Sud, en Afrique et dans
certains pays d'Asie sont aussi de belles démonstrations que l'apocalypse
économique est d'abord le fait de politiques «libéralisées»
dans des conditions déplorables, sans tenir compte de toutes les autres
possibilités humaines et des aspirations de la population.
IL FAUT DÉNONCER LES EXCÈS
Incroyable! Dans ce système déjà très «mondialisé»,
néo-libéralisé, déréglementé, concurrentiel,
les USA, berceau de la nouvelle économie libéralisée, n'ont
pas hésité à frapper l'acier mondial d'une taxe prohibitive
à l'importation, prétextant la sauvegarde des emplois américains.
Sans parler du roquefort français bloqué aux douanes américaines,
ni de l'emmenthal suisse refusé à cause de ses trous jugés
trop grands! Le Congrès des USA n'hésite pas à faire passer
des lois favorables uniquement à leur commerce et le président
himself décrète des mesures carrément liberticides. Peut-être
qu'il y a là un début d'explication sur la gabegie actuelle et
la misère morale dans laquelle nous nous complaisons au nom de l'industrialisation,
de la prospérité matérielle et de l'accumulation de biens
de consommation pour la satisfaction de besoins mineurs. La consommation ne
peut en aucun cas être une mode ou un style de vie, car trop de gens se
trouveront exclus de ce système de pensée.
Les militants «antimondialistes» se doivent de fustiger la «mondialisation
néolibérale» et le libre-échangisme en dénonçant
ses excès, et ils ne manquent pas de proposer des alternatives crédibles
à chaque occasion dans les forums sociaux, le contre-pouvoir des classes
modestes et des sans-voix (voies). Bien entendu, les attaques contre les «antimondialistes»
se font toujours par rapport au «bien-être» que la mondialisation
est censée apporter aux individus transformés en «consommateurs»,
mais qui rapporte surtout aux marchands et à la prospérité
de leurs tiroirs-caisses, sans que les ouvriers des pays pauvres, où
les industries s'installent pour profiter des conditions cadres inexistantes
et des très bas salaires, voient leurs conditions de travail s'améliorer.
Ce système est mis en avant comme le seul possible et ses bonimenteurs
font tout pour faire croire aux gens que toute critique reviendrait à
une démolition de notre fabuleuse prospérité désaxée
et à un retour au Moyen Âge, comme si nous en étions sortis!
ANARCHIE ET RESPECT
Depuis les révoltes sociales de la décade 1960 et son printemps
contestataire de mai'68, nous avons à maintes reprises proposé
des alternatives, des changements de société, des remises en question
salutaires. Ils ont tous été combattus avec la plus grande énergie
par nos dirigeants «éclairés», qui ont utilisé
jusqu'à l'écoeurement tous les moyens médiatiques à
leur disposition, et tous les moyens de pression sur les ouvriers et les individus
transformés en «consommateurs». II est tout de même
étonnant que personne ne soit venu dire à nos «global leaders»
que leur «mouvement de mondialisation néolibérale»
n'est non seulement pas crédible, mais qu'en plus il déstructure
les relations sociales, il casse l'entente entre les gens, il établit
une nouvelle élite en se basant sur de nouveaux rapports de forces et
surtout, il est hégémonique, conquérant, déséquilibré
et matérialiste.
Alors, avant que le chaos de la consommation débridée ne ruine
les individus, nous allons vous dire, nous allons vous expliquer, pour une dernière
fois, comment nous envisageons les choses par ces quelques mots simplement humains :
autonomie, autogestion, assemblées générales de quartiers,
d'habitations et d'entreprises, participation pleine et entière aux processus
de décision de chaque individu concerné, amour de son prochain,
respect absolu de l'autre. Bref, en un mot : l'anarchie, étant entendu
que l'anarchisme est un mouvement d'idées et d'action qui, en rejetant
toute contrainte extérieure à l'homme, se propose de reconstruire
la vie en commun sur la base de la volonté individuelle autonome. L'anarchisme
répudiant toute idée d'autorité comme étant contraire
à la notion de la liberté individuelle, il lui apparaît
que l'ordre et la justice, le travail et le commerce, le logement et le «vivre
ensemble» dont il ne nie aucunement la nécessité pour la
cité, doivent reposer sur un contrat librement conclu entre les intéressés.
Ce contrat, tel que Proudhon, Stirner, Hegel, Tolstoï, Bakounine, Kropotkine,
Élisée Reclus, Jean Grave, Émile Pouget, Sébastien
Faure, et Enrico Malatesta l'envisageaient, loin d'être le résultat
d'une abstraction politique, est issu de libres débats où les
intéressés engagés ont fini par se mettre d'accord. Il
est modifiable au cas où les intérêts subiraient des changements.
Ce n'est pas un contrat unique, contraire par définition à la
complexité et à l'hétérogénéité
de la vie sociale, mais un ensemble illimité d'accords contractuels qui
correspondent le plus possible aux mille nécessités de l'individu
autonome et de sa société autogérée. En fait, lorsque
la tyrannie est trop oppressante, il s'agit de pousser à la libération
de l'homme par l'acte révolutionnaire de la contestation et la remise
en question de nos choix de société.
La seule vraie question que nous devons nous poser, ce serait de savoir pourquoi
les industriels, entrepreneurs, banquiers, hommes d'affaires, P.D.G., et autres
zélateurs de ce système d'exploitation néolibéral
combattent ces principes humanistes et démocratiques avec autant d'acharnement,
de bigoterie, de mauvaise foi, en disqualifiant, discréditant et démolissant
les citoyens concernés qui se bougent pour sortir des limbes de cette
domination et pour que les choses changent, si ce n'est parce qu'ils craignent de perdre
leur pouvoir, leurs richesses et leurs pérogatives.
GEORGES TAFELMACHER partisan et anarchiste, Pully
conceptions du monde
A travers les fortes paroles émises par les différents partis
cherchant à diriger le monde, nous pouvons constater que, malgré
les allégations se voulant humanistes des milieux patronaux qui récusent
la "lutte des classes" et qui prônent la "collaboration",
il y a quand même deux conceptions du monde en conflit. D'un côté,
des gens qui croient que la vie est régie par la loi considérée
comme "naturelle" qu'est la marche vers les économies de marchés
industriels néo-libérales de nos sociétés et en
face duquel il n'y aurait aucune autre attitude que l'acceptation de cette "réalité
incontournable" et de l'inévitable besoin d'adaptation, de
fléxibilisation et de collaboration qui en découle. De l'autre
côté, des gens qui croient que nous pouvons être maîtres
de nos vies, de nos sociétés, de nos activités et que nous
pouvons construire ensembles des communautés à fort potentiel
humain, où la solidarité, l'entraide, le travail en commun seraient
les idéaux. Les uns professent leur foi en la "réalité
compétitive des marchés" et les autres en l'être humain
solidaire. Les uns qui croient que l'homme doit se conformer à son environnement
économique, en faire une morale de son adaptation et devenir quelqu'un
par rapport à cette activité. Les autres qui croient que chaque
homme peut construire sa vie en relation avec les autres dans tous les aspects
de la vie. Les uns qui ne pensent qu'en fonction de l'activité économique
et les autres qui pensent l'homme par rapport à ses intentions propres,
la qualité de ses relations avec les autres et sa capacité d'action
sociale. Pour les uns, c'est l'économie le plus important, pour les autres
c'est la société et tous ses acteurs qui doivent décider
de sa forme et intention. Les patrons nous parlent de responsabilité
individuelle alors que cette notion n'a jamais été le propre des
éducations bourgeoises que nous avons reçues. Les patrons veulent
quand même des gens responsables mais par rapport aux besoins de l'industrie
alors que les besoins des gens vont vers l'autonomie, la constitution de rapports
normaux entre eux et le travail social utile.
Cette conception unilatéralement économique du monde est manichéenne,
élitiste et porteuse d'une injustice fondamentale. En effet, les
seuls qui peuvent réussir dans le monde du marché soi-disant "libre", sont les plus
forts, les plus doués, les meilleurs, les gagnants, les positivistes,
les volontaristes et toute personne qui ne possèderait pas ces qualités,
sera rejetée et tombera dans les filets sociaux mis en place par les
dirigeants pour contrôler les marginaux et contenir l'inévitable
nature humaine. Et cela a pour effet d'atténuer ainsi leurs sentiments de malaise
face à leur crainte principale : soit ce qu'ils considèrent étant
de "l'insuffisance humaine" !
Georges Tafelmacher
"L'économie se trouve-t-elle à un tournant ?"
Les diatribes aussi moralisatrices qu'apocalyptiques des tenants de la philosophie
économiste néo-libérale postulent que notre monde serait
condamné à la déchéance si l'humanité entière
ne se rallierait pas d'urgence à ses préceptes, tantôt fondamentalistes,
tantôt pragmatiques. Mais comme ses principes de base sont restés
désespérément les mêmes et comme l'économie
continue de régenter le monde en exerçant un grand pouvoir sur
la société, la crise actuelle ne peut que s'aggraver. C'est plutôt
cette philosophie qui est responsable de la grave déchéance qui
frappe notre monde. Car devenue pensée-unique, en permettant la création
de richesses par l'industrialisation, elle multiplie ses instruments de domination
sur les individus et en justifiant le pouvoir des marchés financiers
globalisé, elle consolide l'emprise des mécanismes du capitalisme
sur la société civile.
Certains économistes semblent toutefois se rendre compte de l'impasse
dans laquelle se précipite une pensée obnubilée par la
concurrence, le rendement et le profit. Ainsi proposent-ils de réorienter
le discours économiste vers une approche plus humaine et spirituelle
du matérialisme. C'est par ce biais que des entreprises malgré
tout nostalgiques de l'économie pure et dure, cherchent à offrir
à ses clients un supplément d'âme en donnant à ses
marchandises une dimension éthique les permettant de consommer la conscience
sereine et l'âme en paix.
Une grave question demeure toutefois: cet économisme revisité
annonce-t-il un authentique aggiornamento, rompant avec les dogmes passéistes
et planificateurs en vogue jusqu'ici ou ne représente-t-il qu'un avatar,
uniquement destinée à dépoussiérer et à rendre
acceptable une philosophie profondément injuste et contraignante qui
finissait par tourner en rond? C'est encore trop tôt pour le dire, l'économie
néo-libérale semble avoir encore de beaux jours devant elle: la
consommation, le développement industriel et la croissance économique
sont de nouveau à l'ordre du jour . . .
Et comble d'ironie, on veut nous faire croire que le monde pourrait redécouvrir
les valeurs immatérielles par la revalorisation du matérialisme
par «...l'irruption d'un extraordinaire supplément de sens d'un
bout à l'autre de la chaîne de production des biens de consommation»
!!
- citatation de l'Union Suisse des Arts et Métiers, syndicat et lobby
patronal.
Avec mes salutations distinguées
G.Tafelmacher
Davos, et nous alors ?
Quelle est la légitimité des décideurs globaux présents
à Davos ?
La Crise
Nous ne pouvons pas faire confiance aux industriels pour trouver des solutions
à la crise car ils ne cherchent et pensent que dans le cadre de leurs
théories. Mais, nous pouvons, par contre, faire confiance aux industriels
pour foutre en l'air cette planète de telle sorte que cela apparaisse
comme une conséquence de nos envies de consommateurs car ils se sont persuadés
et nous ont convaincus que c'est nous qui voulons la "prospérité"
et que tout cette dégradation provient de nos envies de "satisfaire nos besoins".
Cela montre à quel point nous avons été conditionnés
pour que nous acceptions cet état comme étant la modernité
incontournable et la nouvelle norme. Davos est là pour concrétiser
et affermir cet état et surtout pour le justifier, le déculpabiliser
et le rendre accessible au plus grand nombre, c'est le principe même du
fonctionnement de cette société de consommation.
Nul ne peut prétendre diriger le monde, il ne peut être conduit
que par l'ensemble de ses concitoyens, de ses habitants. Ce n'est pas à
quelques élites autoproclamées de poser des règles de jeu
unilatéralement en leur faveur et les gens en général ne
les ont pas appelés pour agir en son nom. Même s'il peut
prouver avoir été mandaté par une divinité supérieure
incontestée, nul ne peut formuler des théories qui affecteront
tous les peuples du monde. Non, la prospérité ne peut reposer
sur les élucubrations de quelques têtes gonflées se réunissant
dans des forteresses glacières, gardées par des cerbères
armés. Et après cela, les leaders globaux osent s'étonner
des manifs anti-davos et leurs réactions de camp retranché démontrent
leurs incapacités de penser le monde autrement ! S'il fallait 1000 kilomètres
de fils barbelés et 1000 gendarmes anti-émeute armés pour
rassurer ces gens, c'est que leur système est basé sur des fausses
prémisses et si la mentalité sécuritaire prime, c'est
que le problème est psychologique. Il ne faut donc pas s'étonner
de la réaction anti-davos, elle est parfaitement "normale"
par rapport à la concentration de pouvoir que représente ce forum
des princes et consorts et l'escalade ourdie par les forces de l'ordre néolibérale
démontre bien où est le rapport de force.
Et ce n'est pas parce qu'ils ont permis à un ou deux invités
prétextes du tiers monde de "discourir" que ce bastringue serait
"légitime" ou "populaire". Ce n'est pas parce
que les thèmes abordés traitaient des inégalités
de la croissance que ce forum aidera à «résoudre»
les problèmes qu'il a contribué à créer. Il
ne peut avoir de démocratie dans un système pareil.
nomenclature économique internationaliste
Étonnant n'est-ce pas? La nomenclature économique internationaliste
met sur pied des structures qui sont programmées pour faire péter
les conditions de vie des petits gens et ils profitent de cet état pour
promulguer des directives liberticides, fatales aux organisations citoyennes
et au peuple lui-même. C'est le vrai visage de la démocratie dans
un état d'économique libérale, la «société
politique de marché» et si vous vous avisez de protester contre
cet état fait, une police suréquipée vous attend à
la sortie pour réprimer les actes des manifestants désespères
au pied du mur, sacrifiés sur l'autel de la rentabilité, démolis
par ces patrons qui licencient, liquident, après avoir saigner à
blanc leurs ouvriers, polluer la nature de toutes de sortes de façon
toutes aussi autodestructrices les unes que les autres, modifier le visage des
villes par leurs constructions bétonnées rentables, faire passer
le monde par leur presse-citron dont la pelure n'est même pas récupéré
pour le compostage. Et la violence des manifs est tout simplement l'image miroir
de cette autre violence, 1000 fois plus fort mais invisible, de la part des
patrons de cette société. Leur violence sert surtout à
consolider et augmenter leur pouvoir et richesses et il leur est vraiment malvenu
de fustiger les opposants pour leur "violence" qui n'est, qu'en somme,
que le juste retour des choses. On ne peut pas accuser ainsi les manifestants
d'actes de contestation sans, en contrepartie, mettre en avant les causes de
ces manifs, c'est à dire, les violences faites aux travailleurs et travailleuses
de tous les pays du monde sur leurs places de travail précarisées
. . .
Il est incroyable de penser que, d'une part, nous vivons une société
basée sur la compétititivité concurrentielle où
ce ne sont que les plus forts et les plus dégourdis qui tirent leur épingle
du jeu de violence qu'est la compétition économique et qui "gagnent"
(on se demande comment ?) ce qui est considéré comme la réussite
dans ce type d'environnement et, d'autre part, nous créons des lois qui
répriment toutes manifestations d'angoisse vis à vis des conséquences
sociales de ces phénomènes et qui criminalisent toutes les contestations
sociales, les énervements, les actes de contre-pouvoir et les sentiments
d'insécurité des personnes lambda.
La nomenclature économique internationaliste met sur pied des structures
qui sont programmées pour péjorer les conditions de vie des petits
gens et ils profitent de cet état pour promulguer des directives liberticides,
fatales aux organisations citoyennes et au peuple lui-même. Et tout cela
dans mon ex-pays, le vôtre à présent! Parlons-en de la démocratie
dans un état d'économique libérale, soit t'es bon et tu
gagnes ou t'es faible et moche et tu perds. Si tu gagnes, t'es des nôtres
et tu auras ta villa; si tu perds, tire-toi (une balle) et disparais. Et surtout,
si vous vous avisez de protester contre cet état de fait, une police
suréquipée (à nos frais!!!) vous attend à la sortie
. . .
texte préparé par Georges Tafelmacher
MIAA, OSL, Gauche en Mouvement,
Lausanne
Pully, le 22 septembre 2003
à M.Jacques Pernet
Candidat Vd au Conseil National
av. Verdeil 12
1005 Lausanne
|
Concerne : votre campagne électorale et les «newsletters» que vous nous envoyez
Cher Monsieur,
J'admire votre courage de vouloir perpétuer une idéologie et un dogme absolu malgré les exemples désastreux que nous ont montré les régimes de l'Est et leurs pratiques des idéologies. Il en faut beaucoup lorsqu'un adepte de la pensée-unique économique s'empêtre dans les miasmes des proclamations affirmatoires quasi-totalitaires surtout s'il n'a pas manqué de dénoncer la soi-disante "idéologie" des altermondialistes. Je me suis toujours dit que la "réalité" allait vous rattraper et s'occuper de votre cas. Et effectivement, pas plus tard que hier soir, j'ai relu un commentaire qui résume d'une manière très pertinente la folie de la proposition "croissance" et de notre mode de vie basée sur la consommation de biens matériels.
Voici brièvement résumé (car je présume que vous ne m'avez pas attendu pour le lire) un commentaire lu dans le "24Heures" (même si d'aucuns le trouve trop à gauche alors que pour moi, il penche carrément à droite!!), émanant d'un spécialiste du développement à l'ONU (même si d'aucuns la trouve trop tiers-mondiste alors que pour moi, elle n'en fait pas assez!) :
«...Majid Rahnema, onusien et l'ancien diplomate dresse un rude constat de l'état du monde : il démontre comment, en s'axant uniquement sur la croissance, le système économique désormais global condamne à la misère matérielle et morale la plus grande part de la population de la planète. Celle qui a toujours vécu avec le strict nécessaire, c'est-à-dire dans une pauvreté, ou plutôt une sobriété, acceptée comme normale, aujourd'hui considérée comme une malédiction car le développement à l'occidentale détruit la "gabbina" traditionnellement recherchée par les siens. Donc une philosophie de la vie qui recherche la satisfaction des besoins vitaux dans un système de subsistance et d'entraide. Alors que l'homo oeconomicus mondialisé cherche individuellement l'accumulation et la satisfaction de nouveaux besoins créés en permanence. L'Occident, qui cherchait à transformer la rareté en abondance, en est ainsi arrivé à créer des besoins artificiels pour maintenir la croissance, avec pour conséquence de transformer l'abondance potentielle en pénuries réelles.
Le drame de cette extension planétaire du système "économiciste", c'est que tout, absolument tout, est réduit à une valeur marchande. Les populations qui ont vécu le modèle traditionnel, plus ou moins autarcique, le rejettent aujourd'hui en quête d'une abondance qui ne peut être partagée, mais au contraire ne peut être atteinte que par une minorité en repoussant la majorité dans la misère. Une misère moderne, glauque et sans espoir, faite de frustrations : la télévision et les tentations multiples plongent les populations paupérisées dans un permanent supplice de Tantale.
M. Rahnema, en décortiquant les composantes du modèle libéral mondialisé, en vient à remettre en cause même le développement dit durable. Car les experts des problèmes des pauvres ne remettent pas en question leur propre mode de pensée et incluent par conséquent les pauvres dans le système économique dominant: les pauvres deviennent donc aussi producteurs de misère. C'est logique, tant qu'on diagnostique la pauvreté comme un effet du sous-développement, donc comme une maladie à guérir par des doses toujours plus élevées de développement basé sur la croissance.
Or ce dernier, même bien intentionné, même "durable", repose sur l'idée d'une croissance sans fin : c'est dans l'augmentation constante de la production qu'on va trouver les ressources qui apporteront l'abondance à tous.
Mais la croissance sans fin est en train d'épuiser les ressources de la planète, de la polluer de manière irréversible, d'en modifier le climat, de menacer jusqu'aux sources de la vie, l'eau et l'air. Et cela alors qu'un demi-siècle d'aide au développement (une forme de recolonisation!) ne comble pas le fossé entre pays riches et pauvres, au contraire. L'écart des revenus entre la Suisse et le Mozambique est de 400 à 1 en l'an 2000 au lieu d'environ de 5 à 1 en 1800 ! Aujourd'hui, nous sommes six milliards de Terriens; quatre milliards survivent avec moins de deux dollars par jour, dont un milliard sont mal nourris ou directement menacés de famine. Mais les denrées actuellement produites suffiraient à nourrir neuf milliards de personnes, soit une fois et demie la population du globe!»
«La Terre fournit assez pour satisfaire les besoins de chacun, mais pas assez pour satisfaire les convoitises de chacun», observait Gandhi.
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La croissance ne peut être un moteur, elle n'est qu'un des symptômes d'un dysfonctionnement grave.
CAR enfin, ce n'est pas la croissance qui nous sauvera :
C'est de relations constructives désintéressées entre tous les êtres humains, qu'il faut!!
C'est d'empathie, de valorisation non-pécuniaire du travail humain, de recherche de modes de fonctionnement loin des rapports de forces et l'exercice du pouvoir, qu'il nous faut.
C'est de solidarité, d'amour et de compréhension entre les gens et les peuples qu'il nous faut et non de compétitivité, d'exclusivité, de guerre pour conquérir SA place que sous-entend la croissance.
Et puis, puisque vous êtes adepte de la croissance, quelles seront vos recommandations lorsque la "croissance" de la race humaine arrivera à ses dix ou vingt milliards d'individus . . . . ? ? ?
Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais n'oubliez JAMAIS que vous et vos coreligionnaires ne représentez même pas le sixième de la population mondiale et que votre mode de vie non seulement met sur la paille 5 milliards d'être humains mais SURTOUT, il est IMPENSABLE que NOUS PUISSIONS TOUS vivre comme vous!!!
Veuillez agréer, Monsieur, les considérations respectueuses d'un petit artisan luttant pour sa survie dans un monde pourri par une croissance sélectionnée et élitiste . . .
Georges Tafelmacher
objecteur, pacifiste, antimilitariste
- P U L L Y -
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La nouvelle extrême-droite
Réponse de Georges Tafelmacher
à la lettre de Christian Bauchau, Pully
exemple de discours de droite "politico-économique"
Il y a maintenant des personnes perverses voire criminelles qui ont l'art de manier la provocation sulfureuse contre l'extrême gauche, source d'excellentes profits. Dans ce registre, leurs diatribes contre les antimondialistes, les marginaux, excentriques, branchés en tous genres constituent une sorte de patois international de l'extrême droite que chacun est invité tôt ou tard à dénoncer.
On devient même extrémiste de droite professionnel, ce qui est quelque peu contradictoire puisqu'on banalise ainsi un état qui devrait être exceptionnel. Peu importe : dans une société où chacun se croit ou se veut unique, il s'agit d'un mécanisme très utilisé voire une très fructueuse autopromotion. On tire une gloire ou une aura particulières à casser du gauchiste, à exclure les bannis, à frapper les exclus, voire à piétiner les martyrs, bien entendu devant les caméras de la TV ou, au pire, devant un buisson de micros radiophoniques, tout cela sans péril aucun sinon d'avoir un peu les pieds meurtris. Il y a tant de notables de la politique, de l'économie, de l'industrie, des lettres, du journalisme qui jouent à briser les bannis, les renégats, les révoltés que le politiquement correct, à présent, c'est de prétendre que ces situation incorrectes sont "normales". On peut ainsi gagner sur tous les tableaux, donner un coup de pied dans les séants honnis sans crainte de représailles, et de jouir par ailleurs d'une situation établie et de tous les avantages de la notoriété.
L'image du redresseur de tords est investie d'un gros profit symbolique. Il fustige les défavorisés du luxe, les pauvres du tiers-monde, les exclus qui sont légions et ne parle que d'abondance, de croissance, d'expansion économique au nom d'un développement rendant l'affreuse misère des masses d'ici et d'ailleurs encore plus insupportable. C'est une nouvelle vague de "bien-pensants peinards" qui fleurisse et qui prospère, bien pépères, sur cette excommunication, telles des mauvaises herbes sur une terre riche.
La vraie combine, à présent, c'est de vieillir en réactionnaire de droite, de faire carrière dans l'intransigeance, la fermeté et la tolérance zéro, de se muer, l'âge venant, en comédien de l'indignation permanente, imposture où réussissent tant de roublards et de petits malins rompus aux coups de gueule et aux colères feintes et, bien sûr, récompensés par de sonnantes et trébuchantes sinécures. Ne nous y laissons pas prendre mais, comme les révolutionnaires de Mai'68 qui craignaient que leur révolution soit récupérée, nous craignons maintenant que la dernière provocation a la mode, soit la chasse au terroriste et au contestataire antimondialiste, devienne une réalité incontournable.
Georges Tafelmacher
Pully
En attendant l'extinction de la "bêtise" !!!
réponse à une "OPINION" de Claude Monnier parue dans le 24 Heures du 02 Août 2005
Le "long terme" c'est l'aune à laquelle mesurer la justesse et l'intelligence de ce que nous faisons ici et maintenant.
Même si nous n'avons aucune certitude quant à ce qui pourrait arriver dans mille ans, le fait de savoir qu'il y a probabilité d'avènement d'événements catastrophiques qui risqueraient d'assombrir l'avenir, devrait nous amener à une prise de conscience et à un changement salutaire de comportement. Cette conscience est finalement ce qui nous distingue du monde "ici et maintenant" de l'immédiateté des animaux.
Le problème est que la théorie du "ici et maintenant" risque d'être interprétée comme une invitation à ne pas assumer nos responsabilités quant à nos gestes autodestructifs présents et à ne pas rendre des comptes quant aux conséquences de nos actions inconsidérées et très égoïstes lorsque les faits seront avérés. Répandre du plutonium sur la surface du globe peut paraître "juste et intelligent" "ici et maintenant" mais si dans le "long terme" il y a probabilité de non seulement de milliards de cancers et de la possible chute de la croissance démographique mais surtout d'un abâtardissement de la race humaine et même de toute vie complexe, alors nous serions des criminels si nous poursuivrions sur cette lancée.
Nous avons été obligés de vivre plus de 700 ans dans un monde que les européens de l'An Mille ont jugé idéal et la révolution de 1789 y a mis fin. Mais si c'était pour être obligé de vivre aujourd'hui dans un monde que les capitaines d'industrie et financier de la "modernité conquérante" ont jugé "idéal" pour nous, alors, effectivement, ce sera l'enfer...
Georges Tafelmacher
- P U L L Y -
Une croissance démographique infinie, un bien ?
Lettre de lecteur parue dans le 24Heures du 08 septembre 2008
L'ÉTERNEL RETOUR
Il y a 70'000 ans, suite à un refroidissement climatique brutal, l'humanité entière est tombée à environ mille individus. Sélection naturelle et progrès fantastique pour notre race: seuls ceux qui étaient en même temps les plus intelligents et les plus robustes ont survécu. Il en sortit une espèce mieux adaptée, avec une boîte crânienne plus vaste, une plus grande inventivité et une meilleure santé.
Et maintenant, on veut nous faire croire que l'avenir de l'humanité, c'est d'être toujours plus nombreux. La France se vante d'être le pays occidental où les femmes sont le plus fécondes; des études sont faites en Suisse pour savoir s'il faut développer une politique plus nataliste; on s'afflige dans beaucoup de pays de la baisse de fécondité des couples. Il y a peu, un journal marocain regrettait que les mères du royaume alaouite n'aient plus que deux enfants en moyenne alors que trente ans avant, elles en avaient huit !
Faut-il être inconscient pour croire qu'une croissance constante de la population mondiale est une nécessité! A supposer qu'elle n'augmente que d'un pour cent par an (ce qui est inférieur à la croissance actuelle), nous serons 18 milliards en 2108, 49 milliards un siècle après, et 130 milliards en 2300 (avenir tout proche à l'échelle de l'humanité). Comment nourrir ces gens, les loger, éviter les conflits ?
Depuis longtemps, la Chine, dont les dirigeants sont tant décriés actuellement, a décidé d'interdire aux couples d'avoir plus d'un enfant: n'allons pas jusque-là, mais évitons de considérer comme un bien une croissance démographique infinie et de la promouvoir.
Claude Aubert
prof. à Lausanne
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un des aspects peu reluisante de la sélection naturelle
réponse de G.Tafelmacher le 12 septembre 2008
Monsieur,
J'ai lu attentivement votre lettre de lecteur concernant la consternante évolution de la race humaine et j'ai été pour le moins surpris par les implications secondaires de votre démonstration. Je me permets de vous adresser ce courrier dans l'espoir que vous pourriez dissiper certains malaises que votre lettre a soulevée même s'ils ne concernent pas directement le thème que vous avez développé, soit la croissance démographique infinie, mais un des aspects peu reluisante de la sélection naturelle.
En effet, lorsqu'on étudie de près l'état actuel de l'humanité, on peut constater que l'évolution a surtout favorisé les plus forts, les plus agressifs, les plus dominants, ceux qui ont une incommensurable croyance en eux-mêmes et qui se croient dotés de pouvoirs supérieurs. Leur intelligence plus grande a surtout servi pour asseoir leur puissance et magnifier leur gloire et leur grande inventivité a été utilisée pour le perfectionnement de la guerre. Avec sa boîte crânienne plus vaste, l'humanité n'a réussi qu'à dominer de la manière la plus brutale la Terre entière ! Ces quelques caractéristiques produites par cette sélection naturelle ont permis le développement de la guerre, de la conquête, de l'accaparement, de l'élitisme, de la création de richesses et on veut nous faire croire que l'avenir de l'humanité, c'est d'être toujours plus fort, toujours plus entreprenant, toujours plus grand, robuste, riche et intelligent ! Quel progrès en effet !
Faut-il être inconscient pour croire que cette évolution a pu être un progrès fantastique pour notre race ? Car maintenant qu'on veut nous faire croire que ce progrès est l'avenir de l'humanité, nous devons constater que cela a pour conséquence une croissance constante de l'économie mondiale qui est devenu dans notre modernité une nécessité ! À supposer qu'elle n'augmente que d'un pour cent par an (ce qui est inférieur à la croissance actuelle), la Terre sera couverte d'entreprises d'ici 2108, de voitures un siècle après, et de constructions de toutes sortes en 2300 (avenir tout proche à l'échelle de l'humanité). Comment encore croire à l'évolution lorsqu'on voit qu'il y a des gens qui ne peuvent plus se loger, qu'un cinquième de l'humanité souffre de pauvreté et qu'on ne peut plus éviter les conflits, les oppressions, les effets de manches ?
Mais votre raisonnement soulève des questions graves car, dès lors que l'on suit fidèlement votre argumentation, comment pouvez-vous expliquer que malgré l'anéantissement il y a 70'000 ans de tous ceux qui n'étaient ni très intelligents, ni très robustes, qui étaient encore dotés d'une boîte crânienne réduite et d'une santé défaillante, que malgré l'avènement d'une espèce en super forme «avec une boîte crânienne plus vaste», qu'il puisse toujours exister des pauvres, des démunis, des petits, des gens moyens, ordinaires et de santé faible ? Comment comprendre qu'une masse grouillante d'hommes transformés en consommateurs bêlants et quémandeurs ait pu se constituer alors que seuls les "plus intelligents et les plus robustes ont survécu" ? Comment se fait-il qu'il a fallu instaurer le contrôle des populations car considérées comme ignares, au point qu'elles ont du être impérativement éduquées et régies par des lois imposées alors que la sélection naturelle a produit «une espèce mieux adaptée, avec une plus grande inventivité et une meilleure santé.» ?
Il y a là une faille béante à investiguer rapidement et je serais très reconnaissant que vous puissez m'éclairer sur ce point ! En effet, il ne s'agit plus de juste chercher une limite à la croissance démographique mais de repenser entièrement dans quel sens pourrait continuer l'évolution humaine et de quels moyens il nous faudrait, avant que se produise un dénouement fatal, pour modifier cette évolution sans tomber dans le cirque infernal des interdictions, des lois liberticides, des mesures coercitives, des limitations de toutes sortes, des impératifs catégoriques, des régimes totalitaires et des guerres saintes contre nos mauvais penchants et intentions cachées !
Dans l'attente impatiente d'une réponse autorisée de votre part et dans l'espoir que votre éclairage de professeur puisse m'aider à mieux comprendre notre évolution, veuillez, Monsieur, agréer mes salutations distinguées.
Georges Tafelmacher
Pully
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éclairage de professeur...
lettre du 14 septembre 2008
Cher Monsieur,
Comme enseignant, j'ai beaucoup plus souvent cherché à soulever des réflexions nuancées, dialectiques, humanistes qu'à donner des réponses toutes faites, le dogmatique n'est pas mon fort.
Comme rédacteur de lettres de lecteur destinées à la publication, je me suis obligé d'être succinct, simplificateur et simpliste ce qui ne m'empêche pas de souhaiter provoquer des questionnements et des réflexions fondamentales et d'espérer que ces mises en cause me reviennent à la manière d'un boomerang pour ne pas m'endormir sur les certitudes que je n'ai pas !
Je constate que vous me posez des questions qu'une vie entière ne suffirait pas à résoudre. Je n'ai pas l'outrecuidance de répondre à des problématiques que l'humanité n'a pas encore réussi à solutionner. Si j'affirmais que c'était une chance pour notre espèce que les mieux adaptés aient survécu au goulet d'étranglement démographique de 70'000 avant J.C., c'est que la question était la survie de l'espèce. Pour l'humanité, cela a été une chance que certains aient eu les capacités de la faire survivre sinon elle aurait disparu. Par contre, est-ce une chance pour la planète Terre que le prédateur humain ait survécu, c'est une question que je ne risquerai pas à évoquer.
Ce sont les plus intelligents et les plus capables de subsister qui ont perpétué l'espèce et cela a amené, hélas, à perfectionner la guerre, à augmenter les déséquilibres sociaux, les injustices, tous les maux que nous voudrons voir disparaître. Mais les "progrès" de l'humanité ont aussi amené des évolutions positives, une plus grande sécurité dans l'alimentation, dans le logement, dans la protection contre les prédateurs et autres fléaux de la vie, une meilleure socialisation de groupes de plus en plus nombreux, l'écriture, l'humanisme, la sécurité sociale...
Sans cette survie et ce développement de l'intelligence et des capacités humaines, nous n'existerions pas maintenant et nous vivrions une existence de survie et, peut être, à quelques dizaines de milliers d'individus, nous traînerions une existence de faim, de dangers, de maladies, limitée à la seule survie, à la reproduction de l'espèce et à une espérance de vie de vingt-quatre ans au maximum !
C'est facile et réducteur de ne voir dans notre société que les évolutions mauvaises; ce serait myope de ne voir que du positif. Il faudrait pouvoir être nuancé et réfléchir avec profondeur. Mais qui en est capable actuellement, peut être n'avons-nous pas encore assez évolué !
Sans vouloir faire de la morale facile, c'est vrai que la sélection naturelle a fait de l'humain un prédateur du monde entier et elle ne se fait presque plus pour les humains: après les animaux, nous avons vaincu le froid, le chaud, la faim, la soif, les maladies, les distances... il ne reste plus que la sélection humaine la plus abominable, je le concède...
Qui suis-je pour apporter à ces immenses problématiques des solutions ? S'il y en avait, cela se saurait depuis longtemps. Je ne suis pas assez présompteux pour croire que je peux davantage que sensibiliser les gens et leur faire remarquer qu'il existe une voie que seuls préconisent quelques farfelus sans pouvoir réel : celle de la décroissance visant à revenir à des valeurs plus simples, moins de consommation, moins de production, de dépendances, de dégâts écologiques collatéraux.
Je ne voudrais pas terminer sans dire que votre réaction montre à quel point il est important d'amener des questionnements sur l'avenir de l'humanité qui passe également par des réflexions interpellatrices sur nos sociétés et nos modes de vie. Peut être que, en semant quelques graines de prises de conscience, pousseront dans un lointain avenir quelques petites améliorations dans nos sociétés et une petite germination de sagesse. Il n'est pas interdit de rêver...même si l'on est conscient qu'on nage dans l'utopie.
Claude Aubert,
Lausanne
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...poser les questions autrement et distinguer des éléments de réponses
et la discussion continue !
Monsieur le Professeur,
D'abord, je vous adresse une reconnaissance maximum pour votre réponse rapide, circonstanciée et totalement dépourvue de cette arrogance trop souvent attribuée aux "intellectuels" qui, par un élitisme affiché, condamnent au silence les petits gens comme votre serviteur en les faisant bien sentir la "médiocrité" de leurs situations, la petitesse de leur esprit et l'insignifiance de leurs propos. Pour une fois qu'une de mes lettres fut reçue avec un plaisir évident, je ne manquerai pas l'occasion de vous en remercier !
Je dois, néanmoins, avouer que les réponses aux questions que je vous ai posées ne sont pas aussi évidentes que ce que je pouvais espérer et je dois admettre que je ne peux pas attendre à ce que d'autres puissent formuler ce que je ne peux articuler moi-même !
Je vais donc tâcher de poser les questions autrement et voir si dans cette formulation, je puisse distinguer des éléments de réponses.
Si j'ai bien compris votre lettre, je peux supposer sans trop me tromper que nos vues sur l'évolution sont assez proches et correspondent aux sentiments que beaucoup de nos contemporains expriment quotidiennement dans leurs recherches de sens quant-à ce qui arrive de nos jours. Effectivement, entre les crashs boursiers, les ouragans déchaînés, les étés pourris, les coups de déprime, malaises divers et angoisses existentielles, nous sommes de plus en plus confrontés aux perplexités de l'existence et forts de nos prises de conscience, nous pouvons constater que ce monde de l'apparence, où la domination des plus forts et de la pensée-unique économique, constitue le sommet de la pyramide évolutionnaire.
Mes réflexions sur l'évolution m'amène aux conclusions suivantes : nous nous trompons sur la signification même de ce terme !
L'évolution n'est pas le point de départ des organismes, les lignées naissent par les mutations successives et conséquentes des gênes. L'évolution n'est que le perfectionnement des organismes pour s'adapter à l'environnement. En favorisant les caractéristiques les plus fortes, elle pousse les organismes à un développement extrême (c.f. les dinosaures), engendrant ainsi des monstres. L'évolution est donc extrémiste tendant toujours vers des solutions extrémistes et cela rend les organismes vulnérables aux changements brusques !
L'homme est la dernière production de cette combinaison mutation-évolution sous l'emprise de la logique de la survie du plus fort et du plus apte. L'évolution, en favorisant les comportements et attitudes qui permettent aux hommes dans un premier temps de survivre et dans un deuxième temps de dominer le monde et tous les autres races, d'imposer sa marque et devenir l'élite et d'accéder au temple des dieux, a crée une chimère. En effet, la race humaine qui, parce qu'elle croit maîtriser la connaissance et la science et pense dominer la Terre, est devenu carrément "dieu".
En ce sens, nous pouvons être d'accord ; effectivement l'évolution ayant favorisé les traits dominants et la force, mène à la guerre et à la domination des autres. Mais je ne peux, en tant que simple artisan, infléchir l'évolution car je n'ai aucun moyen pour agir sur ces données fondamentales et je doute que même un ingénieur en biogénétique pourrait le faire tant les conditions de l'évolution nous dépassent dans sa complexité et sa durée ! Je crois, pour le moment, que l'homme, tel le dinosaure, doit aller jusqu'au bout de son développement, jusqu'au terme de son karma matériel évolutif et il doit vivre cet état au plus profond de son énergie, au plus près de ses envies et pulsions. Ce qui en sortira, seul le futur le dira ! Pour le moment, nos sociétés n'ont pas vraiment évoluées depuis que l'homme est l'homme et nous répétons les mêmes problèmes et tourments depuis l'aube de l'humanité, les récentes découvertes de civilisations datant de plus de 4000 ans avant JC dans le désert saharien qui fut à cette époque florissant, montrent qu'il existait déjà des dominants, des riches qui soumettaient les populations à leurs pouvoirs et qui menaient des guerres monstrueuses pour y parvenir.
Comme vous pouvez le remarquer, je ne tiens pas à inscrire notre évolution dans un jugement positif-négatif car je crois que cela est pernicieux et fausse le débat sur notre devenir. Notre état est la conséquence de 1,6 milliards d'années d'évolution et de mutations successives et il serait pour le moins présomptueux de croire que nous pouvons "améliorer" notre race sans avoir pu au préalable prendre conscience de notre état et du pourquoi de nos actions et sans avoir pu sérieusement étoffer nos connaissances pour le moins fragmentaires sur comment marche l'évolution. Je ne pense pas que l'évolution soit en tant que telle "mauvaise", par contre je constate que certains hommes imbus d'une supériorité acquise par je ne sais quel facteur, utilisent les notions propres à l'évolution pour parfaire leur domination de la Terre et des autres, pour édifier des théories les permettant d'exercer un pouvoir et d'amasser des fortunes et pour favoriser des constructions pérennisant cette domination (religions, politiques, guerres, soit des pensées-unique !). S'il y a du "mauvais" et si l'on doit juger, c'est à ce niveau qu'il faut le faire et les prises de conscience doivent se faire pour que l'intelligence humaine soit également répartie pour que la race humaine, comme un tout, évolue vers des êtres sensibles, empathiques, constructivistes, où les talents des uns servent au bien-être de tous, où chacun deviendrait auteur de sa vie, acteur de sa communauté, frère et soeur en compréhension...
Mais cela est, comme vous pouvez l'imaginer, parfaitement utopique. Le problème principal de vouloir apporter des "petites améliorations" dans nos sociétés est que cette envie se traduit dans la majorité des cas par des tentatives totalitaires du type "nouvel homme", et finit souvent par des régimes où l'essence de l'homme est niée pour lui substituer une domination exécrable indigne de nos capacités mais si utile pour l'assise du pouvoir. Je pense qu'un minimum d'utopie est quand même nécessaire pour qu'une autre lignée puisse naître et il faut donner le maximum de chance à tous ces gens qui refusent l'ordre établi, qui luttent contre les dominations, qui cherchent d'autres perspectives, d'autres valeurs, d'autres moyens de vivre. Le système néolibéral actuellement en vigueur étant le paroxysme de cette évolution des plus forts doit laisser la place aux hommes de bonnes volontés qui à un niveau plus proche, investissent dans les puissances créatrices de l'être humain et formulent d'autres relations entre les hommes que celles des rapports de force, de la quérulence, de la guerre, de la croissance, de l'industrialisation, de la consommation et de l'argent. Comme vous pouvez le constater, il y a loin de la coupe aux lèvres car les forces qui font avancer la race humaine sont pour le moment très destructrices et tendent vers l'empire du "Mal" !
Moi non plus je n'ai pas la prétention de pouvoir "changer la vie" (pour prendre exemple sur ces politiciens en campagne qui en font un fond de commerce !) mais je crois que chacun peut à son niveau et avec ses capacités (mêmes restreintes !) mener des réflexions qui peuvent lui apporter des prises de conscience qui finissent par changer SA vie et lui permettent de se sentir plus en phase avec une évolution "spirituelle" proposée il y a 2000 ans et à laquelle personne n'y pense sauf pour asseoir son pouvoir terrestre et à "inquisitionner" les hommes et les enfermer dans des carcans néfastes !
Si l'évolution aurait un "but", c'est celui de créer l'individu conscient, agissant constructivement, tendant vers la transcendance spirituelle !!
Hermann Hess dans ses livres "Steppenwolf" et surtout "Siddhartha", malgré ses quelques défauts, m'a permis d'entrevoir les possibles humains et de parvenir à une conception de l'homme qui dépasse le factuel matérialiste, s'éloigne du parvenu économiste et qui contre le néolibéralisme destructeur de l'individu commun et de la société des hommes...
Je serai très content de savoir que mes modestes tentatives d'écriture et de pensée sur le sort humain puissent servir à des discussions avec certains de vos proches et je serai vraiment ravi si vous pensez pouvoir utiliser ces quelques mots pour interroger vos élèves sur le sens de la vie dans le cadre de réflexions philosophiques aux seins de vos classes !
En vous remerciant de l'intérêt que vous avez montré à mon égard et pour mes interrogations certes mal formulées, je vous prie d'accepter, cher Monsieur le Professeur, mes salutations les plus distinguées.
Georges Tafelmacher
1009 - PULLY
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Parutitons dans le 24 Heures...
Lettres de lecteurs
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...et dans le magazine "Coopération"...
l'éditorial de Jean-Christophe Aeschlimann du 9 septembre 2008
«Les pauvres sur la Terre»
La nouvelle vaut qu’on s’en réjouisse: une étude de la Banque mondiale nous apprend que le nombre des pauvres sur la terre, depuis vingt-cinq ans, a décru dans une proportion frappante, sur tous les continents, tombant de 52 à 26%. Mesurés au chiffre moyen, extrêmement bas, de 1,25 dollar de revenu par tête et par jour, les pauvres, ou plutôt les miséreux, dans le monde, seraient passés, en un quart de siècle, de 1,9 milliard à 1,4 milliard. L’Asie de l’Est enregistre l’amélioration la plus spectaculaire: alors qu’elle comptait près de 80% de pauvres en 1981, cette proportion aurait chuté, aujourd’hui, à quelque 18%, soit une sortie hors de la très grande pauvreté pour quelque 600 millions de personnes. Amélioration aussi en Asie du Sud, en Amérique latine, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient.
Seule, exception, hélas: l’Afrique subsaharienne, où la part des très pauvres est demeurée constante (50%), le nombre des déshérités ayant même crû de 180 millions (à 380 millions). Si le premier objectif du millénaire de l’ONU semble atteignable d’ici à 2015 (réduire de moitié le taux de pauvreté de 1990), l’illusion n’est pas de mise: la misère, aujourd’hui, intolérable, existe bel et bien (2,5 milliards de personnes avec moins de 2 dollars par jour). L’immensité du chantier demeure, mais l’espoir, peut être, est permis. Saisissons-le.
© le magazine "Coopération" coop.ch
...et ma réponse telle qu'elle a apparu
réponse au rédacteur en chef en entier
Monsieur,
Dans le magazine "Coopération Online" du 9 septembre 2008 sous la signature jean-christophe.aeschlimann@coop.ch, j'ai lu votre éditorial «Les pauvres sur la Terre» qui dit en substance :
«La nouvelle vaut qu’on s’en réjouisse: une étude de la Banque mondiale nous apprend que le nombre des pauvres sur la terre, depuis vingt-cinq ans, a décru dans une proportion frappante, sur tous les continents, tombant de 52 à 26%.»
Cette éditorial n'a pas manqué de me surprendre car je venais de lire une critique "politiquement très incorrecte" sur la façon dont la Banque Mondiale manipule les statistiques pour leur faire dire que le système néolibéral réduit la pauvreté et pour aboutir à la conclusion fallacieuse que l’espoir serait permis !
Il me semble pour le moins surprenant que vous puissiez prendre à votre compte cette nouvelle émanant de la Banque Mondiale qui loin d’être neutre, cherche à nous convaincre que le système néolibéral "améliorerait" le sort des pauvres sur notre Terre. Il est pour le moins curieux que vous puissiez reproduire cette nouvelle sans vous interroger sur le message final que veut délivrer cette institution, ni sur les intentions cachées derrière une nouvelle de ce genre. Mais le plus grave est que vous vous permettez de supposer qu’un espoir serait "permis" et qu’il va dans le sens du système que préconise la Banque Mondiale.
Or, les statistiques nationales démontrent sans l’ombre d’un doute que le système génère une quantité appréciable de pauvres qui, même lorsqu’ils travaillent, ne peuvent plus nouer les fins de mois et deviennent de plus endettés au fur et à mesure que les programmes d’économie rabotent leurs maigres économies. Il est de plus en plus indélicat de fixer un seuil de pauvreté mondial car chaque pays aura son seuil de pauvreté et une personne en Suisse serait pauvre avec 30 dollars par jour alors qu’en Inde, elle serait pauvre déjà à dix dollars par jour. Le seuil d’un dollar vingt-cinq est totalement arbitraire et ne correspond à rien sauf au fin fond de l’Afrique où on serait pauvre même avec dix centimes par jour.
Je suis vraiment outré que dans un magazine de consommation, on cherche à faire croire que la pauvreté aurait tendance à disparaître rien que pour faire une démonstration visant à rendre la société de consommation "politiquement correcte" et acceptable. Mais n’est-ce pas là le but premier de cet éditorial - conforter le monde dans l’idée que le système est "bon" pour l’homme !
On se désespère de perpétuer un système qui a atteint ses limites et qui a démontré l'étendu de ses contradictions. Nous pouvons affirmer, après l'éclatement les uns après les autres de toutes les bulles économiques, que la consommation n'apporte pas le bonheur et ne peut en aucun cas se substituer aux réflexions personnelles et aux prises de conscience individuelles que chacun doit mener de sa naissance à sa mort. Par contre, en valorisant à l'extrême la consommation et en faisant que tous les gestes de vie deviennent d'autant d'actes de consommation, il y en quelques uns qui ont fait fortune, de la grande fortune, des immenses fortunes en dehors de toute réalité quotidienne !
Il est logique que vous défendiez ce système de consommation étant un grand acteur dans ce processus. Il est parfaitement normal que vous cherchiez par tous les moyens à convaincre les gens de continuer à croire en ce système car sans le consentement des gens à être des consommateurs, tout le château de cartes construite depuis la fin de la deuxième guerre mondiale s'écroulerait. Comme nous n'avons pas pu construire une vie alternative assez forte pour faire face au rapport de force de l'économie de consommation, la société restera sans ressources lorsque le système économique sera en butte à ses contradictions quasi existentielles et devra avouer son échec et son incapacité de répondre aux véritables besoin des gens, soit le droit à une existence autonome, coopérative, participative, qui sont ces mêmes valeurs avec lesquelles vous cherchez à vous imposer sur le marché. Au lieu de nous bassiner avec le politiquement correcte dispensé par des organes comme le votre, vous ferez mieux d'apporter aux gens les éléments qui les permettent enfin de trouver en eux-mêmes et avec son entourage de quoi construire leur vie propre.
L'espoir n'est pas que la pauvreté diminue mais que ce système qui génère autant de misère puisse être remplacer par une réflexion menant à la libération des gens des réflexes conditionnés par tant de pubs incitatives, tant de morale dichotomique, par tant d'arguments justificatifs enrobés de phrases d'un politiquement trop correcte ! La pauvreté ne disparaîtra pas par la volonté d'une instance supérieur et dès que chacun pourra vivre selon ses moyens, énergies et environnement et trouver dans son quotidien les vrais trésors et les vraies motivations de la vie et, par conséquent, son épanouissement, alors il n'y aura plus de pauvres sur la Terre !
Ce n'est pas à la Banque Mondiale de résoudre les problèmes des populations, c'est aux populations de résoudre ses problèmes dans un quotidien reconstruit, à son échelle, dans ses cadres, en utilisant les moyens qu'elles ont à disposition. C'est aux individus qui constituent cette population d'être les éléments de ce devenir possible.
En vous remerciant de l'intérêt que vous portez à mon message, acceptez mes salutations distinguées...
Georges Tafelmacher
1009 - PULLY
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la critique "politiquement très incorrecte" susmentionnée...
«400 MILLIONS DE PAUVRES DE PLUS»
STATISTIQUES - Damien Millet et Eric Toussaint mettent en avant le manque de fiabilité des statistiques publiées par la Banque mondiale et ses multiples conséquences. «Avec les énormes erreurs de la Banque mondiale dans ses calculs sur la pauvreté, c'est tout l'édifice des politiques internationales actuelles contre la pauvreté qui s'écroule.»
La Banque mondiale vient de reconnaître des erreurs importantes dans ses calculs concernant la situation mondiale de la pauvreté. En effet, alors que «les estimations de la pauvreté établies par la Banque mondiale s'améliorent grâce à des données plus fiables sur le coût de la vie», le résultat constitue à lui seul une violente remise en cause des statistiques produites par cette institution qui traverse une très grave crise de légitimité depuis plusieurs années: d'un seul coup, la Banque mondiale vient de découvrir que «400 millions de personnes de plus que l'on ne pensait précédemment vivent dans la pauvreté». C'est plus de la moitié de la population de l'Afrique subsaharienne !
Cela reflète surtout le manque de fiabilité des statistiques publiées par la Banque mondiale, statistiques qui servent surtout à cautionner les politiques néolibérales imposées à travers le monde par ses propres experts. Selon son communiqué, «1,4 milliard de personnes vivant dans le monde en développement (1 sur 4) subsistait avec moins de 1,25 dollar par jour en 2005», alors que les estimations précédentes tournaient autour de 7 milliards de personnes. Pour autant, la Banque mondiale ne manque pas de se réjouir car ce qui compte pour elle, ce n'est pas le nombre de pauvres, mais la proportion de personnes pauvres. Pourquoi? Parce qu'avec la démographie mondiale galopante, ce chiffre permet plus facilement de faire illusion : si par exemple le nombre de personnes pauvres stagne, la proportion de pauvres baisse mécaniquement au fil des ans.
Voilà pourquoi l'objectif dit "du millénaire" est de réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieure à un dollar par jour. Mais avec les énormes erreurs de la Banque mondiale dans ses calculs sur la pauvreté, c'est tout l'édifice des politiques internationales actuelles contre la pauvreté qui s'écroule. Les politiques d'ajustement structurel (réduction des budgets sociaux, recouvrement des coûts dans les secteurs de la santé et d e l'éducation, agriculture tournée vers l'exportation et réduction des cultures vivrières, abandon de la souveraineté alimentaire, etc.), imposées par le FMI et la Banque mondiale depuis le début des années 1980, ont détérioré les conditions de vie de centaines de millions de personnes dans le monde.
Les critiques envers la Banque mondiale n'ont pas manqué à ce propos, puisque Thomas Pogge, professeur à l'université de Columbia, écrivait récemment: «Les méthodes de calcul de la Banque mondiale sont extrêmement douteuses. Il y a des raisons de penser qu'avec une méthode plus plausible, on observerait une tendance plus négative et une pauvreté beaucoup plus étendue. Tant que la méthode actuelle de la Banque mondiale et les données qui se basent sur elle conserveront leur monopole dans les organisations internationales et dans la recherche universitaire sur la pauvreté, on ne pourra pas prétendre prendre ce problème réellement au sérieux.»
La Banque mondiale a fait preuve de son échec, tant sur le plan statistique que sur le plan politique. Plus que jamais, l'objectif visé doit être triple: l'abandon de la logique de l'ajustement structurel, l'abolition de la Banque mondiale et son remplacement dans le cadre d'une nouvelle architecture institutionnelle internationale.
DAMIEN MILLET
ERIC TOUSSAINT
Un engrenage sans fin
Philippe Simonnot - Les 20 erreurs économiques du XXe siècle
Préambule
- La guerre n'est pas rentable, elle serait donc impossible ...
- La guerre est coûteuse, mais elle perdure quand même ...
- Les vaincus qui paient des dommages de guerre = nouvelle rapine ...
Dérives - Le XXe siècle aura été celui de la démence meurtrière et de l'horreur de masse. Dans cette nouvelle série, nous nous proposons de montrer comment les erreurs économiques sont à l'origine des maux de ce siècle.
Le siècle que nous venons de quitter a été particulièrement atroce. Jamais les hommes n'avaient poussé si loin l'art de se réduire en esclavage et de massacrer. Comme si les progrès de la science et de la technique qui émerveillaient tant nos arrière-grands-parents à la fin du XIXe siècle avaient pour raison ultime la démence meurtrière, l'horreur de masse. La fin de la Seconde Guerre mondiale n'a sonné les cloches de la prospérité que pour la partie la plus riche de la planète. Des dictatures sanglantes persistent ici et là, et quotidiennement la télévision nous offre, entre la poire et le fromage, le spectacle épouvantable de la misère et de la faim. Question : y a-t-il eu des erreurs, et lesquelles ?
«Des mouches aux mains des hommes, voilà ce que nous sommes», fait dire Shakespeare à l'un des personnages du Roi Lear. On peut, certes, lever les poings vers les cieux et accuser la fatalité ou la divinité. Mais c'est un geste vain. Après tout, on a les dieux et les chefs que l'on mérite. Nous n'accuserons donc pas les égoïsmes des nations. Nous ne referons pas pour la millième fois le procès de la ligne Maginot, ni de l'accord de Munich, ni de la guerre froide. Nous ne chercherons la faute ni chez les politiques, ni chez les diplomates, ni chez les stratèges, galonnés ou non, qui ont occupé le devant de la scène dans cette immense tragédie. Délibérément, nous nous intéresserons à ce qui se passe derrière le décor, à toute cette machinerie de coulisse qui a fait la vie quotidienne des hommes et des femmes du XXe siècle. Et, sur ce plan, nous n'aurons pas de difficulté à distinguer une bonne vingtaine d'erreurs !
Il ne s'agit pas, bien sûr, des fautes d'appréciation que chacun d'entre nous commet quotidiennement, mais d'erreurs collectives, ratifiées par l'opinion, assumées par des leaders responsables. Toutes ont eu des conséquences dramatiques. Erreurs de prévision, erreurs de diagnostic, erreurs de jugement, erreurs de raisonnement, elles ont au moins un point en commun : elles auraient pu être évitées ! «L'erreur n'est pas une pure négation, c'est-à-dire n'est pas le simple défaut ou le manquement d'une perfection qui n'est point due, mais c'est une privation de quelque connaissance que je devrais avoir» (Descartes, Méditations métaphysiques, IV, 4). Relisons bien ce que nous dit le philosophe. La perfection n'est pas de ce monde - comment pourrait-elle l'être ! Mais le monde irait peut-être un peu mieux si nous ne nous privions pas de la connaissance que nous devrions avoir, souvent par lâcheté, démagogie ou simplement parce que nous ne voulons pas regarder la réalité en face.
Funestes enchaînements
«Errare humanum est, perseverare diabolicum», dit le proverbe. L'erreur est humaine, mais il faut bien que le diable se mêle de sa reproduction indéfinie. Ce qui frappe dans l'histoire du XXe siècle, c'est l'enchaînement des erreurs économiques. On commence par nier que la guerre soit économiquement possible, puis on révise cette erreur en affirmant que, si jamais elle se déclenche, la guerre ne pourra durer que quelques mois, toujours pour des raisons économiques. Et ainsi de suite. Et tout cela se termine par des millions de morts, de chômeurs, d'affamés. Comme si chaque erreur était non pas redressée par une autre erreur en sens contraire, ainsi que le veut le tâtonnement classique de l'expérimentation, mais aggravée par la suivante dans une dérive effroyable dont, au seuil du nouveau millénaire, nous ne verrions toujours pas la fin. Cette recherche est fondée sur une hypothèse et sur un postulat. L'hypothèse est que l'erreur économique explique en grande partie l'Histoire. Le postulat, optimiste, est que toute erreur peut être corrigée autrement que par l'erreur.
Philippe Simonnot - le 12/01/01
références :
L'erreur économique
Pourquoi ils se trompent
Commentaire critique
Critique du critique !
Un "modern" monde informatisé ???
Le tout-informa-TIC nouveau "TOC"
de la part d'un "promoteur" de l'économie !!
LE COMMERCE GLOBAL
LE GATT ==> OMC
Mess. Jacques Delors et Jean-Pascal Delamuraz croient aux vertus de l'économie de marché...
Ces messieurs, animés par la compétitivité, croient pouvoir résoudre la CRISE. Par leur prêche, ils tentent de justifier l'injustifiable. Tout leur discours évoque la guerre : se battre, lutter à armes égales, conquérir des parts de marché, être les meilleurs, dominer la concurrence, vaincre sur les marchés, c'est l'apologie de la guerre commerciale que se livrent les nations en temps de paix.
Le GATT (OMC) est le mode d'emploi de cette guerre commerciale dont le traité, l'accord final est imposé sous la pression de l'urgence pour être accepté par tous. Tout cela repose sur une vision de société basée sur le pouvoir, la domination et le matérialisme impérial; et sur une vision de l'homme basée sur la rationalité égoïste, l'appât du gain, l'accumulation de richesse, la satisfaction des besoins et des plaisirs. Pour dominer la nature humaine, mal perçue selon les interprétations moralistes, il faut la soumettre à des pressions extérieures urgentes, elle ne pourra que mieux travailler soumie à l'impérative accumulation de richesse.
Pour sortir de la crise, il est demandé aux gens de croire à la réalité de cette vie d'économie libérale et de s'y adapter. On doit accepter le rôle de consommateur et se conformer aux directives positives et éclairées des leaders de la société de consommation.
Les accords de l'OMC sont un arsenal de règles commerciales basées sur le libre-échangisme et la compétitivité. Il faut donc, pour survivre, jouer dans la course à la concurrence et nous battre pour la gagner car le monde appartient à ceux qui soutiennent le défi de l'adaptation. Sacrifié sur l'autel du réalisme, nous devons nous plier aux exigences du progrès technologie, c'est un passage obligé. Seuls l'industrie, le commerce et les investissements créent le bien-être économique et absorbent le chômage, ce que les ancêtres des banquiers et des industriels de Bâle, Genève et Zurich ont découvert au 19ième siècle. Nous vivons le paroxysme, l'apogée de la domination capitaliste et productiviste, basé sur les théories périmées du siècle de la révolution industrielle.
GPT
Juste pour rire
et juste pour finir avec cette page !
PDG de TF1, Le Lay admet avoir été «caricatural»
POLÉMIQUE : Le PDG de TF1 Patrick Le Lay reconnaît dans un entretien à paraître mercredi dans Télérama avoir utilisé une formule «un peu caricaturale et étroite» en affirmant que le métier de sa chaîne était de vendre «du temps de cerveau humain disponible». «J'ai l'habitude de forcer le trait pour faire comprendre les concepts», explique le président de TF1 sans renier sa déclaration sur le fond. «Nous vendons à nos annonceurs une audience de masse», corrige-t-il désormais. «Pour nos clients, le temps d'antenne ne représente rien d'autre que des contacts clients, de l'attention humaine», explique le PDG pour qui l'objectif de TF1 est donc «de plaire à un maximum de gens pour réaliser un maximum d'audience».
Dans un entretien publié au printemps ("Les dirigeants face au changement" - Les Éditions du huitième jour), Patrick Le Lay affirmait que, «à la base, le métier de TF1, (c'était) d'aider CocaCola, par exemple, à vendre son produit, avait-il déclaré ajoutant : «pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-àdire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.» Patrick Le Lay, qui ne renie pas avoir tenu ces propos, estime que «ce n'était pas une interview officielle», reconnaissant qu'il a «dû parler deux heures à bâtons rompus et tenir ces propos pendant la conversation».
AP
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Citations de Carl Sagan
«La publicité pousse les gens à ne pas se fier à leur jugement ; elle leur apprend à être stupides.»
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